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« Protectionnisme » n'est pas un gros mot

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Ce matin, après la protestation d’hier concernant les lois SOPA et PIPA, nous ne perdrons pas de temps sur les stratégies politiques stériles de notre gouvernement. Sachant, qu’à mon avis, les vraies mesures seront définies unilatéralement le 29 janvier. Mais alors que la Chine totalise plus de 3.600.000.000.000 US$ d’exportations en 2011, il est de bon ton, comme l’indiquait Nicolas Dupont Aignan, de se pencher sur la question de nos importations. Il serait peut-être judicieux de prendre des mesures coercitives, mais plus sélectives, et qui n’impacteraient pas tous les produits à la vente, tout en favorisant, de facto, les produits français fabriqués à plus de 80 % en France (comme dans le cas des lingeries Lejaby injustement délocalisées en Tunisie pour une question de rendement unitaire de 13 € vs 8 €…)

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(Dessin de Louison)

Le débat autour du protectionnisme « reste difficile », et sert souvent de réceptacle à des arguments parfois exagérés, souligne Laurent Pinsolle, soutien de Nicolas Dupont-Aignan. Reprenant des articles précédemment parus dans Marianne2, le blogueur relativise le débat, car si l'Union européenne est la zone la plus ouverte au monde, le protectionnisme demeure, dans un contexte mondialisé, une outil de développement économique pour nombre de pays.

Après le papier de Philippe Cohen et Philippe Murer sur les 10 erreurs du professeur Delhommais, Marianne 2 vient de publier un papier de l’Hérétique dénonçant l'autarcie ou le protectionnisme selon Marine Le Pen, signe que le débat reste difficile.

Le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie

Pour L’Hérétique, les choses sont simples : « Enlevez la facture pétrolière, et la France devient tout de suite excédentaire (…) Si on s’amuse à faire joujou avec nos taxes, les autres en feront autant ».
En fait, pour lui, « il n’y a pas de bon protectionnisme » et « celui que Marine Le Pen a choisi est le pire, parce qu’il nous conduit à l’autarcie. L’autarcie, on a vu ce que cela donnait avec Ceausescu ou encore la Corée du Nord », avant d’évoquer l’Allemagne nazie !
 
Je ne peux guère être suspecté de complaisance avec la présidente du Front National, mais comment ne pas constater l’outrance de ce raisonnement ? Nous avons droit à toutes les caricatures habituellement véhiculées par les défenseurs les moins nuancés de l’anarchie commerciale la plus sauvage. On ne pourrait rien faire sous peine de rétorsion. Et il nous sert la comparaison habituelle mais totalement ridicule avec la Corée du Nord et l’Allemagne nazie.

Nous sommes tous des protectionnistes

Il faut rappeler ici que presque tous les pays du monde ont des pratiques protectionnistes, le continent européen étant le plus ouvert du monde. Nous sommes dans un débat sur des nuances de gris mais certains le caricaturent en noir et blanc. L’Allemagne utilise les normes DIN pour protéger ses industriels. Les Etats-Unis ont refusé les pneus chinois que l’Europe a acceptés. Le modèle de développement asiatique a une forte composante protectionniste.
 
Au Japon, en Corée du Sud ou en Chine, plus de 95% des véhicules vendus sont fabriqués localement. Aujourd’hui, l’Amérique Latine utilise le protectionnisme pour son développement économique. Le Brésil a imposé une taxe de 30% sur les véhicules produits en dehors du Mercosur pour limiter les importations, quand, après avoir déjà accepté les voitures japonaises, nous laissons entrer tous les véhicules que la Corée veut nous vendre, sans la moindre réciproque.
 
Mieux, l’Argentine et le Brésil ont démontré que l’on peut même relocaliser des industries que plus personne ne pensaient relocalisables. Buenos Aires impose à RIM de fabriquer ses Blackberry en Patagonie et a relocalisé 25% de l’industrie du jouet. Brasilia pousse le fournisseur d’Apple à fabriquer l’IPad localement. Bref, même la fabrication des téléphones portables, des tablettes ou de jouets peut être relocalisée si nous le souhaitons. C’est une question de volonté politique.

Le protectionnisme est parfaitement possible

En outre, quand l’Hérétique avance que notre balance commerciale serait excédentaire en enlevant la facture pétrolière, il exagère, comme l’indique cette note du ministère du Budget. Et même si elle joue un rôle important dans la dégradation de notre commerce extérieur, il ne faut pas oublier qu’il y a dix ans, nous avions un excédent commercial. Plus globalement, la situation de notre commerce s’est détériorée de manière considérable, dans quasiment tous les domaines.
 
Nos excédents agricoles ont beaucoup baissé et notre déficit industriel a plus que doublé depuis 2006. Bref, le pétrole n’explique pas tout. Quand aux représailles, l’absence de réactions aux mesures protectionnistes de l’Argentine ou de la Corée du Sud invalide cette thèse. Et le déficit de 75 milliards de cette année nous met justement à l’abri de représailles, car des pays avec qui nous sommes en déficit auraient plus à perdre à déclencher une guerre commerciale…
 
Il serait temps que nous puissions débattre sereinement du protectionnisme, qui est défendu par de grands intellectuels, Maurice Allais, Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir ou l’association de Philippe Murer. L’évocation de Marine Le Pen ou de la Corée du Nord est un moyen d’éviter tout débat.

Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.

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Source : Marianne2.fr

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