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Les grands travaux de Fukushima

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Bon, on va positiver, et dire qu'au moins ça avance... Pour le reste, il faut rester réaliste et tenter de modéliser mentalement. Mais avec 3 coriums dans la nature et 1400 tonnes de combustible en phase critique, je crois que les dégâts potentiels dépassent, hélas, mon imagination. Force est de constater que Zardoz avait vraisemblablement vu juste...

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

Travaux pour éviter une contamination de l’air

Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

projet1.jpgEvidemment, une simple bâche posĂ©e sur un ex-rĂ©acteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphĂ©rique. Aujourd’hui, pour l’unitĂ© 1 uniquement, cette couverture sert plutĂ´t Ă  stopper l’arrivĂ©e d’eau extĂ©rieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout Ă  cacher le rĂ©acteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidĂ©o de son explosion le 12 mars 2011 a Ă©tĂ© historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nuclĂ©aire exploser Ă  la tĂ©lĂ©vision. 25 ans de travail acharnĂ© de dĂ©sinformation et de formatage des cerveaux anĂ©antis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unitĂ© 3 a Ă©tĂ© pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et confirmĂ© Ă  jamais l’image du nuclĂ©aire sans danger. C’est pourquoi la vidĂ©o de l’explosion de l’unitĂ© 4 a Ă©tĂ© interdite de diffusion, verrouillĂ©e, censurĂ©e.

La couverture du bâtiment réacteur n° 1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

Travaux pour éviter une contamination de la nappe phréatique

Par le choix du refroidissement Ă  l’eau de rĂ©acteurs percĂ©s, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des DanaĂŻdes : les hommes sont dĂ©sormais condamnĂ©s Ă  pomper et traiter de l’eau radioactive durant des dĂ©cennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extĂ©rieure, Tepco a prĂ©vu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phrĂ©atique.

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Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

L’ancienne centrale Ă©lectrique dĂ©volue Ă  Tokyo est dĂ©sormais appelĂ©e Ă  devenir une usine de retraitement des eaux usĂ©es Ă©ternelles de l’industrie nuclĂ©aire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durĂ©e indĂ©terminĂ©e (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminĂ©e, le terme de « liquidateur Â», donnĂ© Ă  l’origine aux gens qui se sont sacrifiĂ©s pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

Travaux pour éviter une contamination de l’océan Pacifique

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

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Travaux pour Ă©viter un nouvel incendie de la piscine 4

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unitĂ© 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au rĂ©servoir de dĂ©sactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est Ă©vaporĂ©e petit Ă  petit jusqu’à laisser Ă  l’air le haut des barres de combustible. C’est lĂ  que l’incendie a pu se dĂ©clarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, rĂ©pandant leurs produits de fission directement dans l'atmosphère. L’incendie s’est arrĂŞtĂ© vers midi. Mais un autre incendie a Ă©tĂ© signalĂ© le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

En voici le projet fourni par Tepco :

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(Pour en savoir plus sur ce projet, voir l’article de Trifouillax.)

Autres travaux à prévoir et coûts pharamineux

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut rĂ©aliser en prioritĂ©. Toutefois il est Ă©vident que le combustible des unitĂ©s 1 et 3 devra ĂŞtre Ă©galement transfĂ©rĂ©, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des dĂ©cennies. Mais entretemps, il faudra rĂ©soudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient dĂ©jĂ  plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplĂ©mentaire ?

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

Enfin, combien cela va-t-il coĂ»ter ?

Est-ce que le prix des consĂ©quences des catastrophes nuclĂ©aires sera maintenant compris dans le coĂ»t du kW ?

Et qui va payer au final ?

On a dĂ©jĂ  des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de dĂ©marrer. CoĂ»t total prĂ©vu pour un seul rĂ©acteur : 1,54 milliard d'euros.

Source : fukushima.over-blog.fr

Décidément c'est nul internet, je vais me laver le cerveau avec la télé,

Bonne soirée,

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