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On avait vu les raisons de ce désastre récemment, mais des fois il faut mettre des chiffres sur les mots...

Peugeot 28 11 2014

45.000 postes ont disparu chez PSA sous l’effet des plans sociaux successifs. Faute de recrutement, les constructeurs affichent des effectifs vieillissants

Le tour de vis se poursuit chez PSA. Comme attendu , la direction a présenté hier ses projections d’emploi pour 2015. Dans le cadre du contrat social négocié avec ses syndicats, la direction table sur 1500 congés seniors – le salarié peut partir deux ans avant sa retraite, reste inscrit dans les effectifs, mais ne touche que 70 % de son salaire –, ainsi que sur 1400 mobilités internes, 550 mobilités externes sécurisées (le salarié peut réintégrer le groupe s’il le souhaite). Des mouvements destinés à faire des économies, qui seront compensées par 550 recrutements en CDI, ainsi que l’embauche de 2000 jeunes en alternance.

Derrière cette réorganisation, c’est le bilan social dressé par PSA qui est particulièrement marquant. Il reflète, tout comme chez Renault, la saignée qu’ont connu les deux constructeurs sur les dix dernières années. « Maintenant, on a une vision claire et très précise des effectifs », indique Christian Lafaye, délégué Force ouvrière. Selon les documents transmis aux syndicats, Peugeot Citroën Automobile (PCA), qui regroupe les usines et les centres d’ingénierie de l’Hexagone, ne compte plus que 58.100 salariés à fin septembre. Ce qui devrait situer les effectifs 2014 de la division automobile (PCA, réseaux de distribution...) entre 65.000 et 67.000 salariés, bien loin des 100.000 salariés employés il y a dix ans encore, en 2004. Au global, les effectifs du groupe (en intégrant Faurecia, PSA Finances...) s’élèveront à moins de 83.000 salariés, soit une chute de 45.000 postes en dix ans, à la fois du fait des restructurations (plan de départ en 2011, fermeture d’Aulnay...), mais aussi de diverses cessions (Citer, Gefco...).

Surcapacités industrielles sur un marché européen en crise, perte de compétitivité globale des sites français, localisation de la production à l’international... Les sites français ont pâti d’une série de facteurs connus, qui sont les mêmes du côté de Renault. Si le constructeur au Losange avait débuté ses restructurations plus tôt que PSA, il a tout de même réduit de 36 % ses effectifs français, soit 27.633 postes en moins sur la même décennie. Et le groupe est encore en pleine suppression de 8200 postes, prévus dans le cadre de l’accord de compétitivité signé en 2013. Un processus qui s’étale jusqu’en 2016.

Progression à l’international

Au global, ce sont donc plus de 70.000 postes que les constructeurs ont supprimé sur dix ans. Si dans le même temps, les effectifs à l’international ont progressé (57 % des effectifs groupe PSA sont à l’international, contre 40 % il y a dix ans, tandis que le ratio est passé de 42 à 60 % chez Renault), le bilan de la décennie est impressionnant. Chez PSA, un seul site emploie désormais plus de 10.000 salariés (Sochaux, avec 10.300), tandis que chez Renault, c’est Douai, avec 4.200 salariés, qui s’impose comme le site le plus fourni. L’ingénierie et la R&D ont également apporté leur tribut à cette dégringolade (2000 suppressions d’emplois chez Renault actées en 2013).

A-t-on touché le fond ? Dans le cadre des accords de compétitivité, Renault et PSA se sont engagés à ne pas fermer d’usines d’ici à 2016. PSA garantit un volume de 1 million de véhicules produits en 2017, et compte maintenir 75 % des effectifs d’ingénierie et de R&D sur le territoire. Reste que 29 % des 58.000 salariés occupent un métier à risque. D’où la nécessité de redéployer les compétences. Autant de chantiers sociaux complexes à mener alors même qu’il faut veiller à maintenir l’équilibre des âges. « Pendant toutes ces années de restructurations, les constructeurs n’ont pas recruté, d’où des effectifs vieillissants. Or, dans l’automobile, la moyenne d’âge a un impact élevé sur la compétitivité », indique Bernard Jullien, du centre de recherches Gerpisa. En 2013, 34 % des salariés de PCA étaient âgés de plus de 50 ans, tandis que le chiffre se monte à 30,2 % pour les effectifs de Renault en France.

 

Source(s) : Lesechos.fr via Businessbourse.com

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