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La pétition en ligne "Loi travail, non merci !" a rassemblé plus de 554.000 signatures en une semaine. Une mobilisation citoyenne d'une ampleur inédite sur la plate-forme Change.org. Selon Benjamin des Gachons, son directeur, ce record illustre une "forme d'énergie militante nouvelle, qui propulse l'indignation citoyenne dans les mains du législateur".

Update 20.02.2016 IMPORTANT : #LoiTravailNonMerci : Internet se mobilise contre El Khomri (Le Point.fr)

Update 28.05.2016 IMPORTANTL’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle... (Le Figaro.fr)

Petition 26 02 2016
Image d'illustration (Crédit : Youtube)   
 
"Foudroyant". C’est l’adjectif qu’emploie Benjamin des Gachons, le directeur de Change.org en France, pour décrire le succès de la pétition "Loi travail, non merci !", mise en ligne jeudi 18 février sur sa plate-forme.

Lancé par l’activiste féministe Caroline de Haas avec des militants associatifs et syndicalistes, ce réquisitoire contre la loi El Khomri cible en particulier douze mesures du projet de loi sur le travail, qui sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres. La pétition comptabilise déjà plus de 554.000 signatures à l'heure où nous publions cet article. Un record pour la plate-forme de pétitions en ligne, qui héberge actuellement 608.765 pétitions dans le monde.

"Nous en sommes à 73.000 signataires par jour, soit 3000 signatures de plus chaque heure, et nous assistons à une forme d’énergie citoyenne et militante nouvelle", affirme Benjamin des Gachons, qui observe "des pics après chaque passage de Caroline de Haas dans les médias". Parmi les signataires, des salariés, retraités et indépendants, mais aussi des patrons se revendiquant de droite comme de gauche. Dominique Sidoine, un retraité dont le post a été "aimé" par plus de 2200 personnes, écrit ne plus accepter "qu’un gouvernement de gauche mène une politique que la droite n’aurait même pas osé tenter".

Julien Rennesson, patron de 25 employés, trouve lui "inadmissible" une loi qui représente un retour en "arrière social fondamental [qui] servira uniquement les grosses entreprises". Avis approuvé par plus de 400 internautes. Une "mine de contenus" pour les syndicats, avec lesquels la jonction "se fait naturellement" , explique le directeur de Change.org France. "Cette mobilisation citoyenne rapide et verticale va au-delà de la simple indignation, puisqu'elle est également la base d'actions concrètes qui se font main dans la main avec les syndicats et peuvent ainsi permettre de se traduire en une forme d'organisation plus traditionnelle et horizontale", espère-t-il. En clair, en une mobilisation sociale d'ampleur, avec des journées de grève et des manifestations sociales à la clef. Mardi 23 février, une dizaine d'organisations syndicales se sont pour la première fois réunies en intersyndicale depuis 2013, afin de décider d'un projet de riposte commun.

Une riposte d'ores et déjà organisée sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, plus de 21.000 personnes veulent "exiger le retrait de la loi travail" en se rendant dans les rues le 9 mars suite à l'appel de trois internautes "citoyens et militants". Sur Youtube, une dizaine de youtubeurs français ont profité de l'engouement suscité par la pétition sur Change.org pour se rassembler dans une vidéo commune et lancer le hashtag #OnVautMieuxQueÇa.

Invitant les "gens à raconter leurs déboires au travail", le mot-dièse a été propulsé en 63
e position des trending topics (les sujets les plus discutés sur Twitter) mondiaux en moins de 24 heures. Quant à la vidéo des youtubeurs, elle a déjà été vue plus de 600.000 fois.

"Nos pétitions en ligne  sont l'épicentre de la mobilisation citoyenne", avance Benjamin des Gachons, convaincu que la plate-forme, avec ses outils de mises à jour, de commentaires ou encore la création annexe d'un site qui décortique les propositions du gouvernement, sont un terrain fertile pour obtenir le soutien de "plus d'élus".

Le gouvernement, de son côté, a décidé de répondre à cette mobilisation en reprenant ses modes de communication. Avec une adresse toute relative... Après une première tribune de Manuel Valls sur Facebook, l'exécutif a lancé jeudi 25 février un compte Twitter dédié à la loi. Son premier message ? "Bonjour Twitter, je suis le projet de #LoiTravail. On parle beaucoup de moi mais on me connaît mal. Et si on faisait connaissance ?"

L'initiative n'a pas tardé à être parodiée sur le réseau social, témoignant d'une mobilisation citoyenne croissante.

  Twitter Petition 26 02 2016

"Le web est accessible à tous les citoyens et va plus vite que tous les positionnements des syndicats : grâce à lui, la puissance de la protestation peut se retrouver directement dans les mains du législateur",  explique le directeur de Change.org France. Si ce n'est pas encore le cas pour la pétition contre le projet de loi El Khomri, cela l'a été pour les deux précédentes pétitions à succès de la plate-forme. Celle de la journaliste Élise Lucet, contre la directive européenne sur le secret des affaires, a rassemblé 507.000 signatures à ce jour et a permis "de nombreux amendements à la marge".

Quant à la pétition demandant la grâce de Jacqueline Sauvage, qui avait obtenu le soutien de 435.972 signataires, elle a "joué, assure Benjamin des Gachons, un rôle central dans la décision de François Hollande, qui a dit avoir entendu la mobilisation citoyenne lors d'un déplacement à l'étranger".

 

Source : WeDemain.fr

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