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Quelle honte, mais au moins l'abcès est crevé, ces comportements sont doublement impardonnables, non seulement pour les actes odieux commis, mais aussi par le comportement de l'Église face à ces victimes avérées, c'est totalement abject.

Et gage que même si ces prêtres ont échappé à la justice des hommes, ils n'échapperont pas à la justice du Père.... (Et croyez-moi la facture risque d'être salé...)

Eglise Pedophile 06 10 2021
Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission d’investigation sur les abus sexuels dans l’Église,
face aux médias ce mardi 5 octobre. THOMAS COEX/AFP

DÉCRYPTAGE - Les chiffres révélés mardi par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église donnent le vertige. Ils révèlent un mal qualifié par Jean-Marc Sauvé, son président, de «systémique».

Que faire maintenant ? Effondrés, les responsables de l’épiscopat français sont rentrés à pied vers leur siège de l’avenue de Breteuil, à Paris, ce mardi, après le monumental uppercut reçu quand Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission d’investigation sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) leur a remis le rapport sur les abus sexuels du clergé. Éprouvés comme jamais et désormais chargés comme d’une croix de ce lourd rapport de 485 pages et 2000 pages d’annexes et ses 45 recommandations.

Certaines existent déjà, d’autres sont à inventer, d’autres encore à évaluer. Les évêques se savent attendus au tournant. Le 8 novembre, à Lourdes, ils ont à nouveau rendez-vous avec l’opinion publique, choquée comme eux par l’ampleur des chiffres. Ils y concluront leur assemblée plénière par l’adoption d’une nouvelle batterie de mesures contre les abus sexuels.

Mardi, ils ont été sonnés par le réquisitoire sans appel de François Devaux, fondateur de La Parole libérée, association des victimes du père Preynat à Lyon, qui avait introduit la séance : «Vous êtes une honte pour notre humanité, vous avez piétiné l’obligation de droit divin naturel, l’obligation de la protection de la vie et de la dignité de la personne humaine alors que c’est l’essence même de l’institution», car «les victimes qui ont osé se révolter ont été sanctionnées». Il y a donc eu «trahison de la confiance, de la morale, de l’enfant, de l’innocence, de l’Évangile. Il y a eu lâcheté, faiblesse, dissimulation, stratégie, silence, hypocrisie, mensonge, ruse, compromis abject».

« L’Église catholique a très longtemps entendu d’abord se protéger en tant qu’institution et elle a manifesté une indifférence complète et même cruelle à l’égard des personnes ayant subi des agressions. »

Jean-Marc Sauvé

Plus posé, Jean-Marc Sauvé a résumé d’une phrase le scandale dans le scandale, celui de la gestion de la hiérarchie épiscopale de ces prêtres pédophiles: «L’Église catholique a très longtemps entendu d’abord se protéger en tant qu’institution et elle a manifesté une indifférence complète et même cruelle à l’égard des personnes ayant subi des agressions

Que pouvait-on répondre devant cet «effroyable tableau», a reconnu Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président des évêques ? Il a une nouvelle fois «demandé pardon» aux victimes au nom de l’Église. Il a salué «le courage et la force intérieure» de celles qui ont osé se lever contre l’Église pour qu’advienne cette révélation «rude», «sévère», «proprement insupportable» des abus commis par des clercs sur de jeunes enfants, et couverts par la hiérarchie. Il s’est donc engagé de façon solennelle et devant Dieu pour que cesse ce cauchemar: «Nous recevons la lumière du rapport de la Ciase comme une exigence de Dieu».

Mais par où commencer ? Le rapport commandé et financé par l’Église propose 45 recommandations. Elles partent dans de multiples directions.

 

Eglise 1

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Mesures de neutralisation

Premier volet, la «reconnaissance» de la réalité. Non pas des statistiques désormais intégrées, mais la reconnaissance officielle de la «responsabilité systémique» de l’Église, qui est longtemps restée aveugle sur «les victimes». Pour ces dernières, le rapport demande un statut, une sorte de «mémorial» ainsi qu’une compensation financière gérée par un organisme indépendant. Tout cela est déjà en cours et devrait advenir, même si le rapport demande, sur l’aspect financier, «d’écarter les pistes d’un appel aux dons des fidèles» car il considère que la responsabilité incombe au clergé et non aux fidèles.

Second volet déjà bien avancé depuis les années 2000: «la gestion» de ce phénomène. Le rapport recommande des «cellules d’écoute des victimes», un «service» dédié à la Conférence des évêques, un «tribunal interdiocésain» indépendant pour juger rapidement les prêtres loin de leur diocèse. Il préconise également un «rapport annuel», des protocoles de sécurité et de «bonnes pratiques», un «accompagnement» des victimes, une «formation» accrue des évêques, des prêtres et des séminaristes sur ces sujets ainsi que des «entretiens annuels» entre eux. Sont aussi suggérées des mesures de neutralisation suivies et contrôlées des prêtres prédateurs pour éviter qu’ils soient discrètement accueillis dans d’autres diocèses ou à l’étranger ; une généralisation des «protocoles entre parquets et diocèses, incluant un engagement des diocèses à transmettre les signalements». Le rapport propose ensuite de renforcer la vigilance sur les «nouvelles communautés» et leur «charisme», qui ne mélangerait pas «for interne et for externe» des fidèles, et enfin de former les jeunes à «la conscience critique». Beaucoup de diocèses ont déjà pris des mesures en ce sens. Certains sont à la traîne. Le mouvement est lancé.

Les recommandations qui dépassent l’Église de France et relèvent de Rome seront en revanche plus difficiles à appliquer. En premier lieu, celle qui touche le «secret de la confession» revient à plusieurs reprises dans le rapport. On ferait «obligation» au confesseur de «signaler aux autorités judiciaires» les «violences sexuelles sur mineurs ou personnes vulnérables». Ce secret est absolu dans l’Église. Le confesseur a le devoir de conduire la personne en cause, un meurtrier par exemple, à se signaler elle-même à la justice. Même difficulté quant à la recommandation «d’ordonner prêtre des hommes mariés». Elle est du ressort romain et le pape François a écarté pour l’heure cette perspective. Difficultés enfin sur «le renforcement de la présence des laïcs et des femmes dans les sphères décisionnelles de l’Église catholiques». C’est une réalité dans la majorité des diocèses français. Cela se met en place à Rome. Mais l’Église n’est pas prête à renoncer au partage du pouvoir de l’évêque, qui est théologiquement considéré comme le «père» des fidèles du diocèse.

 

Source : Lefigaro.fr

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