5.0 of 5 (1 Vote)
Temps de lecture : 8 min
accord_syrie.jpg
Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, le 26 septembre. | AP/Mary Altaffer

Depuis le début du conflit en mars 2011, le Conseil de sécurité n'est pas parvenu à se mettre d'accord. Le texte élaboré jeudi pourrait être voté dès vendredi soir.

Après des semaines d’intenses tractations, la Russie et les Etats-Unis sont parvenus jeudi à l’ONU à un accord sur un texte encadrant la destruction de l’arsenal chimique du régime syrien de Bachar al-Assad. Cette résolution, qui pourrait être adoptée dès vendredi soir, constitue une percée diplomatique majeure. Depuis le début du conflit syrien en mars 2011, le Conseil de sécurité n’a jamais réussi à se mettre d’accord sur un texte, Moscou et Pékin ayant opposé leur veto à trois reprises.

«Il s’agit d’une avancée très significative avec un Conseil de sécurité qui agit, de façon unie, pour imposer des obligations légales et contraignantes à la Syrie pour la première fois», a réagi Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU. Le projet de résolution, dont l’AFP a obtenu une copie, prévoit la possibilité pour le Conseil de prononcer des sanctions à l’encontre du régime Assad si le plan de désarmement chimique n’est pas respecté.

Cependant, le texte ne précise pas quelles sont les mesures envisagées et n’impose pas de sanctions automatiques. En cas de violation des engagements, il faudrait une deuxième résolution, ce qui laisse à Moscou, allié de Damas, un droit de regard et une possibilité de blocage.

Ce texte a été débattu jeudi soir lors d’une réunion des 15 membres du Conseil de sécurité. Le vote, à un niveau ministériel, est prévu vendredi a indiqué la mission de la France auprès de l’ONU sur son compte Twitter. «J’espère que ce message sera entendu et compris à Damas», a déclaré Mark Lyall Grant, ambassadeur britannique à l’ONU.

Avant un vote vendredi soir, il faudra obtenir un feu vert de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) au plan de démantèlement mis au point le 14 septembre à Genève par les Russes et les Américains. Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, ce texte «marque un pas en avant» et «reprend les exigences» formulées par la France.

De son côté, Al-Assad a réaffirmé dans un entretien à la chaîne vénézuélienne Télésur que son régime ne poserait «pas d’obstacles» au démantèlement de son arsenal chimique, soulignant que son pays se considérait «généralement comme engagé par toutes les conventions» qu’il signait. La Russie s’est dite prête à se joindre aux efforts internationaux pour surveiller les sites où seront détruites ces armes.

Sur le terrain, des experts de l’ONU ont commencé de nouvelles enquêtes sur des allégations d’utilisation d’armes chimiques, après celle du mois dernier qui avait conclu à l’utilisation de gaz sarin à une large échelle près de Damas, sans pointer du doigt les responsables. Washington, qui avait fait état de 1 500 morts, a accusé le régime d’être derrière cette attaque.

Six experts de l’ONU «ont commencé à travailler aujourd’hui», a indiqué à l’AFP un responsable de l’ONU, sans préciser où s’était rendue l’équipe, dirigée par Aake Sellström. Ce responsable a affirmé que les experts seraient en Syrie «pour quelques jours».

Situation sanitaire alarmante

L’attaque chimique du 21 août s’était produite dans la région de la Ghouta où, selon l’opposition, sont actuellement bloqués «1,7 million d’habitants, dont plus de la moitié sont des enfants». «Il n’y a ni électricité, ni eau et les produits alimentaires de base sont rares (...) Il s’agit d’une politique de punition collective menée par le régime», a dénoncé la Coalition de l’opposition dans un communiqué. La Ghouta est un des principaux bastions de la rébellion dans la région de Damas.

Les troupes du régime continuent de bombarder quotidiennement les bastions rebelles à travers le pays. Jeudi, après un mois relativement calme, les violents raids ont repris sur les quartiers du Vieux Homs (centre), assiégé depuis plus d’un an par l’armée, selon des militants.

A Raqa, des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, jihadistes), qui contrôle la majorité de cette ville du Nord, ont incendié jeudi des statues et des croix dans deux églises, et détruit la croix du clocher de l’une d’elles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Plusieurs lieux de culte chrétiens et musulmans ont été attaqués depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011, qui s’est transformée au fil des mois en guerre civile ayant fait plus de 110 000 morts et plus de deux millions de réfugiés. Selon le bureau de coordination humanitaire de l’ONU (OCHA), la situation sanitaire continue de se dégrader en Syrie, avec la destruction des hôpitaux, la raréfaction des médecins et le manque de médicaments.

Les ministres des cinq grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume uni, Chine, Russie) doivent se retrouver vendredi soir à New York avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et son médiateur en Syrie Lakhdar Brahimi. Ban espère annoncer à l’issue de cette réunion une date pour la future conférence de paix en Syrie, censée sortir le pays du conflit. Selon l’ONU, plus de deux millions de Syriens ont fui dans les pays limitrophes et environ six millions d’entre eux ont été déplacés à l’intérieur du pays.

 

Source : Liberation.fr

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s