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En ce jour de cérémonie de panthéonisation, ces responsables de Nouvelle Donne s'interrogent sur ce qu'il reste du CNR et de son programme qui fut "l'un des programmes politiques français les plus marquants et ambitieux de l'histoire". "Nos institutions, notre économie, nos vies sont dirigées par une seule et même caste financière, politique et économique, regrettent-ils. Nous devons faire mieux ! Nous devons porter des objectifs communs ambitieux pour construire un avenir différent dans lequel nous pourrons garantir à chacun et chacune, quels que soient son milieu d'origine, sa couleur de peau ou son âge le droit d'accéder à des jours heureux."

Jours Heureux 28 05 2015
Devant la Comédie-Française à la libération de Paris - LIDO/SIPA

En pleine France occupée, il y a aujourd'hui très exactement soixante-douze ans, le Conseil national de la Résistance se réunissait pour la première fois. Bravant le danger et leurs divergences idéologiques, des Résistants issus d'horizons politiques variés, se sont retrouvés au péril de leur vie pour concrétiser leur idéal. Ils ont rédigé ce qui deviendra l'un des programmes politiques français les plus marquants et ambitieux de l'histoire : Les Jours heureux.

Ce programme, adopté unanimement par l'ensemble des formations politiques représentées au sein du Conseil national de la Résistance, a changé durablement le référentiel politique en plaçant les citoyens au cœur des enjeux de la réflexion et de l’action publique.

Ainsi, le CNR a permis des avancées économiques et sociales considérables :

- La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l'Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères.
- L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.
- La participation des travailleurs à la direction de l’économie.
- Le droit au travail et le droit au repos.
- Un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine.
- Un plan complet de sécurité sociale.
- Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.
- La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée.

Soixante-douze ans plus tard, que reste-t-il du travail des Résistants ?

La guerre militarisée a fait place à une guerre idéologique qui ne dit pas son nom, mais qui, toutes proportions gardées, fait aussi de nombreuses victimes. Aujourd'hui, la bataille pour les droits humains, pour la planète, pour le droit au bonheur, pour le vivre ensemble et pour la démocratie fait rage. Après avoir été mis en œuvre avec brio, cela fait quarante ans que le programme du CNR est méthodiquement déconstruit.

Nos institutions, notre économie, nos vies sont dirigées par une seule et même caste financière, politique et économique.

Nous devons faire mieux ! Nous devons porter des objectifs communs ambitieux pour construire un avenir différent dans lequel nous pourrons garantir à chacun et chacune, quels que soient son milieu d'origine, sa couleur de peau ou son âge le droit d'accéder à des jours heureux. Nous y croyons et c'est ce qui nous donne la volonté, la force pour expliquer inlassablement que ce que nous vivons n'est pas une fatalité.

Il y a une alternative.

En compagnie de Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-De Gaulle, Jean Zay entre au Panthéon aujourd'hui. Celui qui fut appelé par ses biographes, le ministre de l'intelligence française, du temps où la gauche réfléchissait intensément à la France de l'après-guerre, exerça la fonction de ministre de l'Education nationale de 1936 à 1939.  Durant cette période, il nous a montré de façon éclatante qu'il était possible, lorsque seul l'intérêt général guide la politique, de réaliser de nombreuses grandes réformes dans un temps limité. Assassiné avant d'avoir vu se concrétiser tout son travail, il représente à nos yeux le courage et ce que la politique a de plus beau.

Aujourd'hui en France des projets alternatifs se développent. Puisque les partis politiques traditionnels au pouvoir ne sont plus en phase avec la société, la société se détourne d'eux, les contourne et comblent les manques en créant des contre-pouvoirs thématiques et/ou très localisés.

Le temps de fédérer ces multiples forces n'est-il pas arrivé ?

Les dirigeants actuels n’ont de cesse de nous faire croire que seuls les techniciens et les professionnels de la politique peuvent se voir confier les affaires. Opposons-leur une participation active à la définition et à l’application des politiques publiques. Parce que les futurs élus du peuple se trouvent parmi nous, parmi les femmes et les hommes engagés qui nous entourent, reprenons la main sur ce monde politique obsolète ! Ne laissons plus la parole à ceux qui la monopolisent depuis plus de quarante ans, en cumulant tous les mandats. La société d'aujourd'hui ne ressemble en rien à celle qui est débattue au Parlement.

Nous devons construire ensemble la société de demain, dans laquelle nous partagerons les richesses, stopperons l'indécence et le monopole de la finance. Jean Zay avait confiance dans l'intelligence de chaque citoyen de ce pays. Nous aussi ! Rassemblons nos forces, entrons en Résistance citoyenne face aux monopoles toxiques des bien-pensants. Le travail démarre ici, ensemble et maintenant.

 

* Isabelle Attard est députée Nouvelle Donne, Joseph Boussion porte-parole de Nouvelle Donne et Emmanuel Chaumery ancien secrétaire national de Nouvelle Donne.

 

 

Source : Marianne.net

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