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Taubira 14 10 2015
Christiane Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice. - Sipa

Les syndicats policiers appellent mercredi midi à un « rassemblement » devant le ministère de la Justice pour l’un des leurs grièvement blessé, un événement rarissime pour des forces de l’ordre « à bout », entre menace d’attentats et crise migratoire.

Les rassemblements de policiers sous les fenêtres de la Justice sont rarissimes et souvent liés à des condamnations contestées. Aujourd’hui, la colère des forces de l’ordre s’exprime à la suite d’un événement qui a failli coûter la vie à un de leurs collègues : début octobre, en Seine-Saint-Denis, un détenu a grièvement blessé un policier lors d’une course-poursuite consécutive à un braquage. Le tireur était un détenu en cavale depuis qu’il n’était pas rentré d’une permission de sortie.

Les syndicats policiers appellent mercredi midi à un « rassemblement » devant le ministère de la Justice . Leurs responsables doivent s’exprimer sur place à 13 heures. Mais leurs doléances vont bien au-delà du simple drame en Seine-Saint-Denis. Alors qu’en janvier, les attentats de Paris en avaient fait des « héros », la mort de trois d’entre eux faisant prendre tout à coup conscience au plus grand nombre les risques de la profession et l’importance de leur mission, les policiers « sont devenus les oubliés de la République », tonne Jean-Claude Delage pour Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix. Nicolas Comte, pour Unité-police SGP, évoque un « état de fatigue préoccupant ».

« Absence de réponse pénale »

Plus largement, les policiers pointent une « explosion des violences » en même temps qu’un « manque de moyens », des « missions peu claires » et une « absence de réponses pénales ». Le policier blessé est l’illustration selon eux de ces dysfonctionnements judiciaires qui provoquent un « ras-le-bol, une perte du sens du métier », comme le rapporte Patrice Ribeiro de Synergie, deuxième syndicat d’officiers. A quoi bon s’investir dans sa mission si la Justice n’assure pas une réponse pénale à la hauteur ?

Tentant d’apaiser ses troupes, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a prévenu mardi qu’il n’y avait rien à « gagner » à « opposer » police et justice. « Il faut éviter les emportements et les amalgames et toutes propositions qui affaiblissent la relation entre la police et la justice », a-t-il insisté lors d’un discours devant les forces de l’ordre à l’Ecole militaire à Paris.

De son côté, la Garde des sceaux s’est dite prête à recevoir les représentants des forces de l’ordre. Devant les procureurs de France réunis à Paris, Mme Taubira a insisté mardi sur la nécessité de « prévenir tout risque de libération injustifiée » de détenus, selon un communiqué. Elle a aussi dit envisager de mieux encadrer les permissions de détenus.

Réactions à droite

A droite, les réactions n’ont pas manqué d’affluer. L’ancien Premier ministre François Fillon a dit comprendre la colère des policiers : « Elles [les forces de l’ordre] sont épuisées de voir leur travail freiné par la bureaucratie et le laxisme ambiant; indignées de voir des voyous échapper aux sanctions rapides et fermes des tribunaux. » Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes renchérit : « Le gouvernement n’a pas su gérer cet esprit du 11 janvier (...). Rajoutez à cela la défiance envers la politique pénale de Taubira. Elle a provoqué un désarmement pénal (...). Cette colère est légitime. » Le FN, en la personne de Nicolas Bay, secrétaire général, s’est aussi saisi de la polémique et a appelé au renforcement des forces de police : « Face à la hausse exponentielle d’actes de délinquance toujours plus sauvages, Mme Taubira a répondu par (...) le laxisme le plus criminel et le plus dévastateur pour la sécurité des Français ».

En manque de reconnaissance, les policiers risquent en tout cas d’être fortement sollicités au cours des prochains mois : une sécurité maximale est prévue pendant la conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP21) en décembre réunissant les représentants de 195 pays à Paris, et pendant l’Euro-2016 de football l’été prochain.

 

 

Source(s) : Les Echos avec Afp

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