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Comprenez que si je fais la promotion du revenu de base ce n'est pas par démagogie, mais parce que dans les années qui viennent,

l'informatique, les robots, les nanos, bref toutes les avancées technologiques permettront de fabriquer des choses ou de traiter des informations de façon automatisée, à moindre coût.

Alors de deux choses l'une :

1 / Soit nous les laissons faire et nous serons transformés en machines pour tenter de les égaler...

2 / Soit nous prenons les devants pour assurer un revenu universel, et continuer à consommer (et donc à produire)

Comprenez que ces choix se poseront à nous assez rapidement, aussi pensez-y avant d'être pris au piège...

NB, et comme le dit Spartou, il faut se méfier qu'ils ne fusionnent pas toutes les aides pour ensuite pouvoir les baisser globalement... Il serait plus intelligent de mettre en place une légère taxe sur toutes les transactions financières comme prévoyait les suisses de le faire.

Amicalement,

f.

Le rapport Sirugue remis en avril propose la fusion des minima sociaux dans une allocation unique. Si la Finlande est sur le point d'expérimenter le revenu universel, ce projet soulève en France de nombreuses questions.

Le député (PS) Christophe Sirugue a remis en avril 2016 au Premier ministre un rapport dans lequel il propose la fusion des 10 minima sociaux en une couverture sociale unique. Plus conforme à l’idée du revenu universel, le concept se développe aussi à l’étranger. En Suisse, le dernier référendum du 5 juin, a vu le non l’emporter à la surprise générale.

Plus avancée encore, la Finlande mettra en place une expérimentation d’un revenu universel de base dès 2017. Il s’agissait d’une des promesses de campagne du Premier ministre Juha Sipilä. Le concept consiste à verser tous les mois une somme sans prendre en compte la situation de la personne bénéficiaire, c’est à dire sans aucune condition. Cette somme serait cumulable avec d’autres revenus, comme les salaires.

Le rapport de janvier 2016 du Conseil national du numérique, remis à la ministre du Travail Myriam El Kohmri prône lui aussi le passage au revenu universel en constatant la très grande précarité que vont bientôt rencontrer certains entrepreneurs autonomes, mais aussi les classes moyennes avec l’automatisation totale ou partielle des « fonctions support » via les robots et l’intelligence artificielle.

Réduire la pauvreté

D’une certaine façon, le revenu universel est la solution au nouvel environnement économique. Et l'idée n'est pas nouvelle. La réflexion sur le revenu universel est ancienne, et est concomitante au développement de l’Etat providence. Elle correspond à l’utopie selon laquelle les agents économiques n’auront un jour plus besoin de travailler. C’est dans ce cadre d’ailleurs que le courant socialiste s’est emparé de l’idée puisque le travail est associé à l’idée d’aliénation de l’individu.

La question du revenu universel émerge du fait d’un double phénomène. D’une part, le chômage dans un contexte ou la richesse des ménages se fait principalement par la force de travail contre salaire est plus que problématique. D’autre part, il apparaît que le travail n’est plus en lui-même une assurance inconditionnelle pour éviter la pauvreté, du fait de l’apparition du phénomène des travailleurs pauvres, à savoir des travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté (l’Observatoire des inégalités estime le nombre de travailleurs pauvres à 1 million en France en 2015), ou des phénomènes d’automatisation des tâches qui vont rapidement frapper principalement les fonctions support des classes moyennes, entraînant chômage technique ou baisse de salaires. Enfin, il faut citer aussi les entrepreneurs qui peuvent subir d’importants aléas en termes de revenus.

C’est donc en priorité l’objectif de réduction de la pauvreté qui va permettre de développer le concept. Dans son ouvrage Capitalism and Freedom (1962), Milton Friedman propose la mise en place d’un impôt négatif. Il y suggère qu'une somme fixe soit versée à tous les citoyens pour réduire la pauvreté. Pour le financer, il propose une simplification drastique du système fiscal, avec la fin de l'impôt sur le revenu au profit d'un impôt universel.

Objectifs nombreux

Le revenu universel est perçu comme un moyen de s’adapter au nouveau contexte économique. Le revenu universel répond à plusieurs objectifs :

- l’objectif premier est d’assurer à chacun des membres de la société des ressources vitales et ainsi réduire substantiellement la pauvreté.

- le revenu universel vise à diversifier les activités des individus en laissant la possibilité à chacun de travailler ou non. Dans ce cadre, les partisans du revenu universel s’appuient aussi sur l’idée que la création de valeur peut ne pas passer par le travail salarié mais par d’autres modes comme le bénévolat. Ainsi, Samuel Bendahan considère que « le revenu universel est une incitation à l’initiative personnelle »

- le revenu universel doit permettre d’anticiper les mutations du marché du travail. Pour ses partisans, le progrès technique conduirait inévitablement à la perte d’emplois du fait de l’automatisation de certaines fonctions et du développement des robots.

- le revenu universel doit aussi répondre à un objectif de clarification des prestations de l’Etat ; c’est d’ailleurs le sens du Rapport Sirugue. Le revenu universel viendrait alors se substituer aux autres prestations.

Une mesure au stade projet

Pourtant, la mise en place du revenu universel, dont les effets sont incertains reste encore au stade du projet en France. Il n’y a pas encore de consensus sur les modalités de la mise en pratique du revenu universel. Quel serait le profil des bénéficiaires ? Certains proposent une condition d’âge, d’autres une modulation du montant au cours de la vie. La Finlande a fait le choix du revenu universel sans distinction d’âge.

A quel montant le revenu universel devrait-il s’élever ? La question du montant est capitale dans le sens où elle conditionne l’objectif même du revenu universel. S’agit-il d’un « simple » revenu d’existence ou d’un véritable complément de revenu ?

Comment financer le revenu universel ? La solution proposée par le Rapport Sirugue est la fusion des minima sociaux ; le revenu universel serait ainsi financé par la suppression des autres allocations.

Quelles seraient les conséquences sur le marché du travail ? D’un côté, certains prônent alors la suppression du Smic, ce qui permettrait aux entreprises de payer moins leurs salariés. De l’autre côté, il serait envisageable de maintenir le Smic, le revenu universel viendrait alors augmenter le pouvoir d’achat en s’ajoutant au salaire minimum.

Bénéfices incertains

Nous pouvons légitimement nous demander si le revenu universel n’encouragerait pas « l’assistanat ». De plus, selon les modalités dans lesquelles il est mis en oeuvre (principalement les questions liées au montant), le revenu universel est plus ou moins équitable car il pourrait permettre à des personnes de ne pas travailler et donc de ne pas participer au financement du système.

Nous pouvons aussi nous demander si l’introduction d’un tel revenu n’est pas prématurée au vu de la situation du marché du travail. En effet, le revenu universel doit être une solution à l’automatisation de plus en plus importante du travail. Or, il reste encore beaucoup de professions qui dépendent du capital humain notamment dans le domaine des services.

L’automatisation n’est peut-être pas encore arrivée à un state tel, que le capital humain soit devenu superflu. Le revenu universel est donc un formidable projet qui va permettre de valoriser autrement l’humain que par l’argent, mais les difficultés qu’il soulève risque de le rendre, un peu comme la taxe Tobin, impossible à déployer.

 

Pascal de Lima est économiste

 

Source(s) : Les Echos.fr via Contributeur anonyme

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : NextAge 06...
 
Revenu De Base 28 07 2016

 

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