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Adama 02 08 2016

Le procureur a tout fait pour ne pas dire les faits, pire il a parlé pour les cacher, et n’a pas utilisé le mot « asphyxie » alors que le médecin légiste en faisait état dès son premier rapport. Telle est la vérité telle qu’elle est apparue en dépit de la dissimulation volontaire et scandaleuse des faits, des deux autopsies des 21 et 26 juillet, par le Procureur de la république de Pontoise.

Voilà le récit du Monde :

« A trois dessus pour le maîtriser »

Le 19 juillet à 17 h 15, à Beaumont-sur-Oise, des gendarmes ont d’abord interpellé le frère et la compagne du frère d’Adama Traoré dans le cadre d’une enquête sur une extorsion de fonds. Présent lors de la scène, Adama Traoré a pris la fuite. Un appel radio est alors passé, sollicitant des renforts pour le retrouver.

Grâce à un signalement, trois gendarmes le localisent. Ils pénètrent alors dans l’appartement où Adama Traoré se cache. Un sous-officier présent explique que le jeune homme « résiste à son interpellation ». « Nous contrôlons avec le poids de notre corps l’homme afin de l’immobiliser », dit-il aussi. Un autre gendarme présent corrobore cette déclaration : « Il a commencé à se débattre et je lui ai fait une petite torsion de sa cheville gauche. Il a commencé à nous dire qu’il avait du mal à respirer. On se trouvait à trois dessus pour le maîtriser. » Ce même gendarme précise : « J’étais sur ses jambes. Mes deux autres collègues contrôlaient chacun un bras. » Cette technique correspond à un plaquage ventral.

Dans un rapport paru en mars, l’ONG française de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) appelle à son interdiction car elle « entrave fortement les mouvements respiratoires et peut provoquer une asphyxie », un risque accentué par l’agitation dont peut faire preuve la personne interpellée lorsqu’elle suffoque et que les personnes renforcent la pression exercée sur elle. D’après l’ACAT, plusieurs morts ont été provoquées ces dernières années par cette technique.

Et l’enquête de la journaliste du Monde (Julia Pascual) ajoute :

« Tel que le rapporte le sous-officier présent ce jour-là, Adama Traoré a bien signalé « avoir des difficultés à respirer ». Mais, au lieu d’appeler les secours, les trois gendarmes embarquent le jeune homme dans leur voiture et le conduisent à la gendarmerie, toute proche, pour « lui signifier sa garde à vue ». En y arrivant, Adama Traoré « s’assoupit et a comme une perte de connaissance », déclare un des gendarmes. « Quand on l’a sorti du véhicule, il était inconscient », confirme son collègue, qui explique aussi que, craignant qu’il simule, ils l’ont laissé menotté. Les secours sont dépêchés sur place, en vain. Le décès est déclaré peu après 19 heures.

Un examen plus poussé du cœur, dit « anatomopathologique », fait le 26 juillet, a permis de déceler un « ensemble lésionnel compatible avec une cardiomyopathie hypertrophique » chez Adama Traoré, c’est-à-dire une maladie du cœur pouvant être « potentiellement la cause directe de la mort ». A ce stade, rien ne permet cependant d’en être certain. Cette maladie a pu provoquer un arrêt cardiaque puis l’asphyxie d’Adama. Mais elle peut aussi y être totalement étrangère.

Elle peut encore expliquer une fragilité chez Adama Traoré, qui ne se serait pas révélée fatale si les gendarmes n’avaient pas plaqué le jeune homme au sol. Sa famille veut aujourd’hui obtenir des réponses. Dans un éditorial du 29 juillet consacré à cette affaire, le quotidien The New York Times met en garde : « Black lives matter in France, too ».

« Adama Traoré a-t-il manqué d’oxygène parce qu’il souffrait d’une pathologie cardiaque ? A-t-il manqué d’oxygène parce que trois gendarmes l’ont plaqué au sol, en usant d’une technique dangereuse ? Est-ce la conjonction de sa probable maladie et de son immobilisation qui a précipité sa mort ? »

Il faut arrêter de manipuler la vérité, de mentir et dissimuler, la maladie est « probable », l’« asphyxie » est certaine.

Et il faut permettre à la famille d’organiser la mobilisation et de porter plainte, pas la faire taire, ni elle, ni les manifestations, « nassées », encore, l’autre soir, Gare du Nord.

Comme le dit Philippe Marliére : « Adama Traoré, Zyed Benna, Bouna Traore, Wissam El-Yamni, Lamine Dieng, Hakim Ajimi, Amadou Koumé, Ali Ziri : la liste continue de s’allonger. C’est curieux, quand la police ‘interpelle’ les minorités ethniques en France, cela se termine souvent en ‘bavures’… c’est surtout le refus d’accepter que ces jeunes sont morts du fait de leur origine ethnique. Le logiciel républicain français ne permet pas à une certaine gauche une telle lecture.

Jean-Christophe Greletty réagit :  « Absolument. La différence, c’est qu’aux USA beaucoup ont compris qu’ils étaient victimes d’une chasse à l’homme, style far-west raciste. Et que dans quelques cas, rares mais réels, les flics criminels sont en prison. En France, on impute ces morts à pas de chance mais pas à une volonté. Et l’impunité judiciaire et étatique est totale. Enfin, les élites en France restent majoritairement blanches et anti populaires. Aussi ces morts leur sont largement indifférentes. Celles et ceux qui veulent défendre les discriminés des quartiers sont taxés de communautarisme. »

 

 

Source : Filoche.net

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