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Hidalgo 06 09 2016
C'est là, Porte de la Chapelle, que le camp humanitaire voulu par Anne Hidalgo doit ouvrir ses portes en
octobre. Photo Cyril Zannettacci pour Libération

La maire de Paris dévoile ce mardi les contours du dispositif d'accueil censé offrir une alternative à la rue aux personnes migrantes qui errent dans la capitale. Un lieu à la hauteur des enjeux ?

Est-ce l’étage manquant à la fusée, ou, au contraire, celui qui ne fera que l’alourdir sans la rendre plus contrôlable ? Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, dévoile ce mardi matin les contours précis du centre d’accueil humanitaire qu’elle avait annoncé à la surprise générale à la fin du mois de mai. Le lieu, un ancien entrepôt de la SNCF situé à la Porte de la Chapelle, dans le nord de Paris, doit ouvrir ses portes au mois d’octobre. D’une capacité de 400 places, il est censé offrir une alternative à la rue aux centaines voire aux milliers de migrants réduits à l’errance dans la capitale.

La course contre-la-montre a duré trois mois. Une fois le terrain retenu, il a fallu le viabiliser, passer les tests de sécurité incendie, et imaginer une structure modulaire qui puisse être déplacée. Dans deux ans, la mairie de Paris a en effet prévu une opération d’urbanisme sur place, et le centre d’accueil des réfugiés devra donc trouver un nouveau point de chute. «Il fallait que ça soit pas cher et réversible, développe Julien Beller, l’architecte qui a piloté le projet. Notre idée, c’est de faire en sorte que les lieux vides de la ville puissent servir pendant un moment, dans les périodes intercalaires.»

Hidalgo Bis 06 09 2016

Le centre se composera de deux pôles. Le premier, dédié à l’accueil, sera situé sous la «bulle», une structure gonflable faite de trois dômes. A l’intérieur, des conteneurs maritimes réaménagés. C’est là que les travailleurs sociaux de l’association Emmaüs Solidarité, l’opérateur retenu, recevront de manière «inconditionnelle» les migrants à la recherche d’un abri, de 8 heures à 20 heures. «On veut que toutes les personnes arrivant à Paris puissent être accueillies dignement puis orientées dans les structures adéquates», souligne Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarité. Le centre de la Chapelle sera réservé aux hommes seuls, puisqu’une autre structure d’accueil, dédiée aux femmes et aux familles, doit ouvrir d’ici la fin de l’année dans le sud de Paris.

Eviter «l’orientation de rue»

Une fois cette pré-évaluation effectuée, les bénéficiaires pourront être hébergés durant une période de cinq à dix jours. «On va installer huit grands îlots à l’intérieur de l’entrepôt», décrit Julien Beller, qui raconte avoir voulu éviter les «grands dortoirs déshumanisés». Réservés à 50 personnes, ces îlots se composeront eux-mêmes de chambres de quatre lits, «dans des modules en bois préfabriqués et isolés». Chaque personne hébergée aura un lit, une armoire et une prise électrique. Un accès au wifi sera assuré dans les espaces communs, où trois repas quotidiens seront servis. Enfin, un espace santé et un magasin (pour la distribution de vêtements ou de kits d’hygiène) devraient aussi être mis en place.

Au total, une centaine de salariés, recrutés spécifiquement pour l’opération, travailleront sur le site. Ils remettront notamment aux personnes hébergées une carte nominative, avec une photo, qui leur permettra d’accéder au centre. Lequel devrait aussi fermer ses portes une partie de la nuit, alors qu’une société de surveillance devrait en assurer le gardiennage.

L’objectif, pour cette structure d’un type nouveau, est d’héberger dignement les personnes migrantes et d’éviter d’avoir à réaliser de «l’orientation de rue, de manière massive», relève Dominique Versini, adjointe à la solidarité d’Anne Hidalgo et ancienne directrice générale du Samu social de Paris. Car après une période de cinq à dix jours, les personnes hébergées sont censées quitter les lieux pour rejoindre les structures adaptées à leur situation administrative : centre d’accueil pour les demandeurs d’asile (pour ceux qui ont déjà entamé la procédure); centre d’accueil et d’orientation (pour ceux souhaitant solliciter la protection de la France), etc.

Assurer des départs «au fil de l’eau»

L’enjeu de fluidité est énorme. L’idée de la mairie de Paris est d’assurer des départs «au fil de l’eau» de la Chapelle. «C’est plus facile de trouver une cinquantaine de places d’hébergement tous les jours que 1 500 d’un coup», confie-t-on. Charge au ministère de l’Intérieur, qui va signer une convention avec la municipalité et Emmaüs, de fournir les débouchés partout en France. Place Beauvau, on annonce une «montée en puissance» des capacités d’hébergement. Et on souligne que le dispositif parisien sera cofinancé. Si les dépenses d’investissement (6,65 millions d’euros) seront prises en charge à 80% par la ville, celles de fonctionnement (8,6 millions d’euros par an) le seront majoritairement par l’Etat (à hauteur de 7,24 millions).

Reste un autre défi : comment éviter la surcharge du centre dès son ouverture ? Actuellement, au moins un millier de personnes migrantes vivent dans les rues de la capitale, notamment dans le quartier de Stalingrad. A elles seules, elles pourraient embouteiller les lieux en quelques heures. Sans oublier le fait que des habitants du bidonville de Calais pourraient aussi être tentés de «descendre» vers Paris pour bénéficier d’une prise en charge accélérée… «On a l’assurance de la part du ministère de l’Intérieur et de celui du Logement qu’ils vont ouvrir des places au mois de septembre», veut croire Aurélie El Hassak-Marzorati.

 

Source(s) : Libération.fr via Contributeur anonyme

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