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L'exécutif annonce ce vendredi une baisse d'impôts sur les "classes moyennes", un geste fiscal qui n'efface pas 4 ans de hausses massives.

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 Hollande Impots 09 09 2016 

« Je ne ferai de baisse d'impôts pour l'année prochaine que si nous avons la certitude d'avoir une croissance supérieure encore à celle de cette année. » François Hollande l'avait dit et répété, toute réduction de la fiscalité sur les ménages devait être financée par l'accélération de l'activité l'année prochaine. Las ! Même si l'hypothèse ne se vérifie pas, le président ne peut se permettre de reculer après avoir évoqué de nombreuses fois une réduction pour les ménages dans le budget 2017. Malgré une prévision de croissance qui devrait être fixée à 1,5 %, soit le même niveau qu'en 2016, l'exécutif doit détailler vendredi un geste « ciblé sur les classes moyennes ». D'après Les Échos, le geste à l'attention des ménages devrait prendre la forme d'une baisse forfaitaire de l'impôt sur le revenu, ciblée sur les classes moyennes. Une option confirmée à demi-mot mardi par le Premier ministre Manuel Valls.

Mais avec l'impératif de repasser sous les 3 % de déficit fin 2017, son montant ne devrait pas dépasser un milliard d'euros, deux fois moins que prévu. D'autant que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll a également annoncé une nouvelle mesure en faveur des entreprises.

Déjà 33,5 milliards de prélèvements en plus sur les ménages...

L'effort sera donc très limité au regard des augmentations d'impôts qui ont pesé sur les particuliers depuis le début du quinquennat. De 2012 à 2016, ce sont pas moins de 33,5 milliards d'euros de nouveaux prélèvements qui leur ont été ponctionnés, a calculé l'Observatoire des conjonctures économiques (OFCE), dans un bilan économique provisoire du quinquennat de François Hollande publié lundi. Une part non négligeable, 12,5 milliards, vient, certes, de mesures votées sous Nicolas Sarkozy, mais sur lesquelles l'actuelle majorité n'est pas revenue une fois au pouvoir. Résultat, l'impôt sur le revenu a augmenté en moyenne de 452 euros par ménage rien qu'en 2012 avant une nouvelle ponction totale (fiscale et sociale) de 330 euros l'année suivante !

Depuis le début de son quinquennat, le chef de l'État, qui avait promis de renégocier le pacte budgétaire européen, a clairement décidé de privilégier la réduction du déficit. D'abord quasi exclusivement via des hausses d'impôts, comme le recommandait une étude du Fonds monétaire international (FMI) de 2012.

... qui ont plombé la croissance

Les deux premières années du quinquennat ont été les plus dures. Ce sont pas moins de 52 milliards de nouveaux impôts qui se sont abattus sur les Français, dont 16 milliards sur les entreprises et 32 sur les ménages, « approximativement à hauteur de leur poids respectif dans les prélèvements », écrit l'OFCE.

Pour l'Observatoire, cet ajustement brutal est une des causes majeures de la faible croissance qui a plombé l'économie française, et donc les chiffres du chômage, malgré les deux délais de deux ans obtenus par François Hollande en 2013 puis en 2015 pour revenir sous la barre des 3 %. « La consolidation budgétaire en France et en Europe a eu un impact négatif marqué, de 0,8 point par an en moyenne entre 2012 et 2017, ont calculé ces économistes classés plutôt à gauche. La simultanéité des politiques d'austérité en Europe a amplifié leur impact récessif en déprimant la demande intérieure, mais aussi la demande extérieure. » François Hollande aurait-il eu de meilleurs résultats s'il avait, au contraire, choisi de baisser les dépenses publiques pour réduire le déficit ? La question reste très débattue.

Un tournant pro-entreprises

Ce n'est en tout cas qu'à partir de 2014 que l'hôte de l'Élysée a pu relâcher – un peu – la pression sur la réduction des déficits. François Hollande s'est alors engagé sur la voie de la maîtrise de la dépense publique tout en privilégiant le redressement de la santé financière des entreprises via le crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE) puis le pacte de responsabilité. Au terme du quinquennat, celles-ci devraient supporter 18,5 milliards de prélèvements obligatoires en moins par rapport à 2011. Mais les ménages, eux, ont dû financer en partie cet effort, notamment via notamment la hausse des taux de TVA. Malgré les baisses d'impôts sur le revenu décidées pour 2014, 2015 et 2016, la fiscalité totale prélevée sur les ménages a donc continué à progresser au cours de ces trois années, ce qui a contribué à peser sur l'activité en plombant le pouvoir d'achat et la demande.

La politique menée par François Hollande doit-elle pour autant être tout entière jetée à la poubelle ? Même l'OFCE, qui analyse plutôt les mauvais résultats de son quinquennat comme le résultat de « la mauvaise gestion de la crise (européenne), et de la sous-estimation manifeste de l'impact des politiques d'austérité sur la croissance », reconnaît que la politique de l'offre engagée, qui a d'abord freiné la reprise, devrait payer dans les années qui viennent. « Les politiques de compétitivité et de soutien aux entreprises ont des effets faibles à court terme et importants à long terme (5 ans), tandis que les politiques de hausse d'impôts ont des effets importants à court terme, pour décroître progressivement. Cette différence de temporalité explique que les résultats positifs ne soient obtenus qu'en fin de mandat. »

Trop tard pour François Hollande ? Ce n'est en tout cas pas en baissant au compte-gouttes les impôts sur les ménages que le chef de l'État peut espérer être réélu. En 2001, Laurent Fabius avait confirmé la poursuite des baisses d'impôts sur le revenu l'année suivante malgré le ralentissement de la croissance. On sait ce qu'il est advenu de son Premier ministre, Lionel Jospin, le 21 avril.

 

Source : Le Point.fr

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