5 1 1 1 1 1 Rating 5.00 (5 Votes)
Si Trump a refusé de la voir c'est que le NOM mise sur FILLON CQFD
 
Contributeur anonyme
 
Marine Le Pen CNPF 14 01 2017
Une image diffusée avec l'aimable autorisation de Samuel Levine, montre Marine Le Pen le 12 janvier 2017 prenant un
café au Trump Ice Cream Parlor, l'un des cafés situés au rez-de-chaussée de la Trump Tower, QG de Donald Trump à
New York. Photo Samuel LEVINE. AFP

En «déplacement privé» aux Etats-Unis, la présidente du FN est accompagnée de Pierre Ceyrac, ancien député FN et ex-représentant en France de la secte Moon.

Officiellement, il s’agit d’un «déplacement privé» : à trois mois de l’élection présidentielle, c’est pour «respirer un peu», selon les mots de son directeur de campagne David Rachline, que Marine Le Pen séjournerait depuis mercredi à New York. Discrétion maximum : ni la candidate, ni son parti n’ont pour l’heure communiqué officiellement sur le programme du voyage.

Un voyage qui sent pourtant la politique à plein nez. Jeudi, Marine Le Pen s’affichait ainsi attablée dans un café du rez-de-chaussée de la Trump Tower, quartier général de Donald Trump jusqu’à l’entrée du milliardaire à la Maison-Blanche. Avec elle, son compagnon Louis Aliot ; l’homme d’affaires Italien Guido Lombardi, qui joue depuis plusieurs années les intermédiaires entre les droites radicales américaines et européennes ; et un quatrième larron, au profil plus surprenant encore : Pierre Ceyrac (avec la cravate rouge sur la photo ci-dessous). 

Le Pen Moon Twitter 14 01 2017

De Moon au FN

Agé de 70 ans, l’homme n’est pas étranger au Front national. Il a même fait partie des 35 députés frontistes de la courte mandature 1986-1988. Élu dans le Nord, le natif de Douai se distingue à double titre. Il est neveu de François Ceyrac, un ancien président du Conseil national du patronat français — l’ancêtre du Medef. Surtout, il est à l’époque le représentant en France de «l’Eglise de l’Unification», plus connue sous le nom de «secte Moon». Dirigé depuis la Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon, messie autoproclamé et affairiste milliardaire, le mouvement revendique des dizaines de milliers de fidèles dans le monde. Il se caractérise en outre par son anticommunisme virulent, un point commun avec le Front national de Jean-Marie Le Pen.

En rejoignant ce dernier, Ceyrac espère ainsi accroître l’influence de son Eglise : «Personnellement, je n’étais attiré ni par Le Pen, ni par la politique, mais il fut décidé que je serais sacrifié pour la cause», racontera-t-il plus tard. Quant au Front national, outre une probable contribution financière (qu’il a toujours niée), il bénéficiera de l’extraordinaire carnet d’adresse international de la secte, mis à profit dans une série de voyages devant souligner la stature présidentielle de Jean-Marie Le Pen.

D’un Le Pen à l’autre

Ces déplacements connaîtront leur apothéose en 1987… aux Etats-Unis. Cette année-là, un soir de février, Jean-Marie Le Pen réussira ainsi à serrer la main du président Ronald Reagan, avant un banquet présidé par celui-ci. Une brève rencontre due aux réseaux américains de Pierre Ceyrac, et immortalisée par une photo dont les services de communication frontiste sauront faire bon usage. Mais Ceyrac ne durera pas au Front national : mortifié par l’affaire du «point de détail», il quittera le parti en 1994, «suite à l’accumulation des petites phrases de Le Pen». Avant de rompre également avec la secte Moon en 1997.  

Ceyrac semble pourtant ne pas avoir tout à fait coupé les ponts avec le Front national : selon l’historienne Valérie Igounet, spécialiste du FN, il aurait dès 2003 effectué un premier voyage aux Etats-Unis avec Marine Le Pen, déplacement dont aurait également fait partie Guido Lombardi.

Joint jeudi par Libération, Pierre Ceyrac confirme se trouver à nouveau sur le sol américain avec la présidente du Front. «Je me promenais sur la Cinquième avenue quand Marine Le Pen est arrivée près de moi», tente-t-il d’abord. Avant de reconnaître jouer les intermédiaires pour la candidate : «Je suis retiré de la politique, mais Marine est une amie. Nous avons pris part à des entretiens prévus de longue date : depuis son arrivée, elle a vu une trentaine de personnes», assure sans plus de détails l’ancien député. Qui confirme toutefois qu'«aucun rendez-vous n’est prévu avec Donald Trump». Organiser à trente ans d’écart deux rencontres entre un président du FN et celui des Etats-Unis : voilà qui aurait couronné cette longue et étonnante carrière aux côtés des Le Pen.

 

Dominique Albertini

 

Source : Libération.fr

Informations complémentaires :

 
Vous êtes ici : Accueil Arrow Actualités françaises Arrow A New York, l'étonnant compagnon de voyage de Marine Le Pen