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Jean Marie Messier

Jean Marie Messier, ce personnage attachant, qui critiquait ouvertement la France et les Français lorsqu'il était en plein American Dream... Je parie qu'il ne sera même pas inquiété...

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Patron emblématique des années 1990 en France, Jean-Marie Messier est jugé à partir de mercredi pour la gestion de Vivendi Universal, éphémère géant mondial des médias et télécommunications étranglé par de lourdes pertes en 2002.

L'ancien PDG âgé de 53 ans, contraint à la démission en juillet 2002 après la découverte de la déconfiture financière de sa société, comparaît à Paris pour "diffusion d'information fausse ou trompeuse, manipulation de cours et abus de bien sociaux".

Il encourt jusqu'à cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende. Quatre autres ex-dirigeants du groupe et deux autres personnes seront jugés jusqu'au 25 juin devant le tribunal correctionnel.

Il s'agit de Guillaume Hannezo, 49 ans, ancien directeur général adjoint et directeur financier de VU, Eric Licoys, 71 ans, ex-directeur général délégué, Hubert Dupont-Lhotelain, 56 ans, ancien trésorier du groupe, son ex-adjoint François Blondet, 44 ans, et Philippe Guez, 49 ans, ancien président de la société Deutsche Equities SA.

Edgar Bronfman Jr, 55 ans, homme d'affaires canadien, actuel directeur général de Warner Music et vice-président du conseil d'administration de Vivendi au moment des faits, comparaîtra pour délit d'initié.

Il lui est reproché des ventes de titres massives en janvier 2002 lui ayant rapporté près de 13 millions de dollars. Il aurait bénéficié d'un information privilégiée sur les ventes par Vivendi de ses propres titres.

Les prévenus, qui nient tout délit, ont été renvoyés devant le tribunal par le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy contre l'avis du parquet, qui avait requis un non-lieu général.

Le procès devrait donc se dérouler sans accusation, même si en théorie le parquet peut changer d'avis à l'audience. Vivendi sera partie civile contre ses anciens dirigeants, ainsi que l'Association des petits porteurs actifs (Appac), qui demande 10 millions d'euros de réparations pour 200 petits actionnaires.

"MIEUX QUE BIEN"

La situation est confuse car un autre procès sur les mêmes faits s'est déjà tenu aux Etats-Unis, à la suite d'une procédure en nom collectif ("class action") d'actionnaires minoritaires.

Elle a abouti le 29 janvier dernier à la déclaration de culpabilité de Vivendi pour informations trompeuses, mais à la relaxe de Jean-Marie Messier et de Guillaume Hannezo.

Vivendi a fait appel et la procédure se poursuit. L'affaire américaine a déjà coûté 250 millions d'euros à la société, disent ses dirigeants actuels. Pourraient s'y ajouter 550 millions d'euros en cas de condamnation définitive.

En France, dans un cadre administratif, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a sanctionné Vivendi et Jean-Marie Messier de la même amende de 500.000 euros. L'autorité américaine de régulation des marchés a aussi frappé en 2008 Vivendi d'une amende de 48 millions de dollars.

Le tribunal de Paris examinera des communications à la presse ou aux actionnaires de 2000 à 2002 sur la dette et le trésorerie, dans lesquelles les dirigeants sont soupçonnés d'avoir menti. C'était l'époque où Jean-Marie Messier assurait que le groupe, étranglé par les dettes, allait "mieux que bien".

Est aussi visé le rachat massif sur le marché financier de 21 753 titres de VU entre le 17 septembre et le 2 octobre 2001, opéré selon l'instruction par le groupe lui-même par l'intermédiaire de Deutsche Equities, dans le but supposé de faire monter artificiellement la valeur du titre.

Jean-Marie Messier se voit enfin reprocher un protocole de départ signé le 1er juillet 2002 qui devait lui garantir un "parachute doré" de 18,6 millions d'euros, une prime de 1,95 million d'euros, ainsi que la mise à disposition de personnel après son départ pour lui et son épouse.

Il a finalement dû renoncer à ces avantages. Jean-Marie Messier s'est toujours dit innocent. Il dirige aujourd'hui une société de conseil.

Il avait fait un retour remarqué dans les médias français au début de cette année. Une partie de la classe politique s'était alors indignée de le voir publier un livre sur la crise financière", "Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête", prétendant critiquer les dérives du capitalisme.

Avec Leila Abboud, édité par Sophie Louet


Source : Reuters

20 Minutes.fr : Messier, la folie des grandeurs en procès
Boursier.com : Le procès de Jean-Marie Messier débute à Paris
Challenges : Après les USA, Messier devant la justice française

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