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Je peux témoigner de cet état de fait. La transmission de l'autorité parentale, est loin d'être effective au sein de l'enseigement, il faudrait plus de rigueur... On ne peut même pas punir un élève en lui faisant ramasser les papier dans la cour...

Enseignant Et Parents
Des élèves de 5e du collège privé de l'Assomption à Bondy. Selon l'étude, les parents ne veulent plus des
«vieilles méthodes traditionnelles», ils ne sont que 17 % à demander plus de sanctions. Ils réclament surtout
davantage de dialogue (48 %).
Crédits photo : Le Figaro


Selon une étude de l'Apel (Association parents d'élèves de l'enseignement libre), l'autorité des profs est mise à mal. 

Le lien de confiance entre les parents, les élèves et les enseignants est «rompu», selon les conclusions d'un sondage réalisé par le CSA pour le compte de l'Association des parents de l'enseignement catholique (Apel) et La Croix, auprès d'un millier de parents et d'élèves.

Le symptôme le plus évident, c'est celui de ces parents interrogés qui estiment à 65 % que les enseignants n'ont pas suffisamment d'autorité sur leurs enfants. Les pères, les plus âgés, les moins diplômés et les personnes vivant en Ile-de-France sont particulièrement sévères sur ce point. Pire, la moitié des élèves déclarent que l'autorité de leurs enseignants n'est pas ou pas du tout reconnue par leurs parents ! «Ce chiffre est significatif d'un hiatus entre parents et enseignants sur la question de la transmission et de l'autorité», selon Julien Goarant, responsable d'études du département politique et opinion du CSA.

L'autorité des enseignants est de plus en plus contestée, y compris au sein de l'enseignement catholique, confirme Patrick Lalangue, proviseur du collège et lycée l'Assomption à Bondy (Seine-Saint-Denis) : «Hier, lorsqu'un enfant était puni par son professeur, il avait droit à une deuxième punition à la maison. Aujourd'hui, c'est l'enseignant qui risque un procès, le parent d'élève vient avec un avocat.»

Les notes sont souvent remises en cause, tout autant que les appréciations du conseil de classe, les redoublements, les applications du règlement intérieur ou l'interdiction du téléphone portable, énumère-t-il. Pourtant, et ce n'est pas le moindre des paradoxes étudiés dans ce sondage, les parents comme les jeunes portent quasiment tous un regard positif sur la notion d'autorité. Quelque 86 % de ces mêmes parents estiment aussi que cette dernière est bien exercée dans leur propre famille. Les difficultés qu'ils constatent ou imaginent seraient donc le problème des «autres parents» et celui des enseignants. «Le manque d'autorité est toujours reproché chez les autres, les désordres constatés sont toujours externalisés», note le CSA. Sur le mode du «c'est pas moi, c'est les autres», les parents sont «tous d'accord pour qu'on confisque le téléphone portable dans l'enceinte scolaire… mais pour les autres enfants, pas le leur, pour lequel ils trouvent toujours une excuse. C'est symptomatique», soupire Patrick Lalangue.

Mieux se connaître

Ce n'est pas tant en raison de leur pédagogie ou de leur formation que les enseignants ont du mal à affirmer leur autorité mais avant tout parce que les classes «sont trop chargées», selon 41 % des parents et des jeunes. Vient ensuite le fait que trop d'élèves sont «mal élevés». Parents et jeunes expliquent le manque d'autorité des «autres parents» donc pour des raisons essentiellement sociales : l'éclatement des familles. Le fait de ne pas savoir dire non est aussi mis en avant. Les jeunes pointent «la peur pour les parents de perdre l'amour de leurs enfants».

Les remèdes plébiscités par les parents dans ce sondage n'encouragent pas «les bonnes vieilles méthodes traditionnelles». Ils ne sont que 17 % à demander davantage de sanctions. Ils réclament avant tout le dialogue (48 %) et «le rappel des grands principes comme le bien, le mal et le respect». Selon Béatrice Barraud, présidente de l'Apel, «il n'existe pas de prêt-à-porter éducatif», mais «des outils à imaginer pour faire davantage travailler parents et enseignants ensemble». L'Apel souhaite la création d'un «module relation école-familles» dans la formation des maîtres, qui permettrait aux uns et aux autres de mieux se connaître.

L'éclatement des familles mis en cause

Les situations familiales et les contraintes du quotidien sont les principales raisons pour lesquelles les parents se disent démunis pour exercer leur autorité. L'éclatement des familles et ses conséquences, divorce, monoparentalité, recomposition, arrive en tête dans le sondage de l'Apel (enseignement catholique) pour expliquer un déficit d'autorité dans les familles, tant du côté des parents (37 %) que des jeunes (44 %).

Ces situations douloureuses s'accompagnent souvent de situations économiques compliquées. Les parents ont par ailleurs «peur de perdre l'amour de leurs enfants» en exerçant leur autorité, selon 29 % des jeunes. Un sentiment sans doute plus exacerbé dans une situation de divorce… Les parents disent aussi avoir moins de temps à accorder à leur enfant, observe le CSA, qui s'interroge sur ces familles «qui semblent souffrir d'un manque d'accompagnement». Une question «cruciale», alors que près d'un couple sur deux connaît le divorce.

Parent d'élève et responsable de l'Apel dans le Val-d'Oise, Irène Lépine observe que les parents ne parlent pas toujours d'une même voix : «Souvent, la mère exerce l'autorité parentale pendant la semaine. Le père joue avec l'enfant le week-end et casse cette autorité.» «Lorsqu'on multiplie les interlocuteurs, l'expression de l'autorité devient délicate», confirme le chef d'établissement Patrick Lalangue.

LIRE AUSSI :

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Informations complémentaires :

La Croix.com : Entre parents et enseignants, un délicat partage de l'autorité
L'Express.fr :
Manquons-nous d'autorité sur nos ados?
Europe 1 :
L’autorité des profs en question




 

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