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Alain Duhamel

Alain Duhamel, personnage ambigu, qui, dans ce cas de figure, ne s'illustre pas pour ses propos...

L’éditorialiste panique et se lance dans des comparaisons douteuses.
Lors d’une émission radiophonique précédant le référendum sur Maastricht
1, en 1992, je me rappelle d’un petit échange entre Philippe Séguin, l’invité, et Alain Duhamel qui faisait partie des journalistes qui l’interrogeaient. De mémoire, cela donnait peu ou prou ceci :


Séguin
 : Si je comprends bien, vous me qualifiez de passéiste ?

Duhamel : Non, je ne dirais pas cela. Je dirais… anachronique.

Séguin : c’est pire.

Philippe Séguin savait lui ce qu’était le péché d’anachronisme. Regarder le passé avec les lunettes d’aujourd’hui lui faisait horreur et c’est à cette aune qu’il faut comprendre sa colère devant certains accès d’auto-flagellation et de repentance notamment les années 97-98 lorsqu’il était président du RPR.

Alain Duhamel qui aime passer pour un homme pondéré et qui le demeure le plus souvent, perd tout sang-froid lorsque la construction européenne sauce Jean Monnet est attaquée. Lorsqu’il qualifie quelqu’un de souverainiste, soyez sûr qu’il ne s’agit pas d’un compliment. Contrairement à BHL, il ne les avait jamais “pétainisés” ni “nazifiés”. Il préférait les classer dans la catégorie “doux rêveurs irresponsables”. Cela partait d’un bon sentiment même si on n’est pas convaincu qu’il s’agisse véritablement d’un mieux, se souvenant de la fameuse réplique de Pierre, dans le Père Noël est une ordure :“Je n’aime pas dire du mal, mais effectivement elle est gentille”.

Vendredi, pourtant, Alain Duhamel a basculé dans la méthode BHL. Lisez bien le script de son édito. Cela se passe dès le début :

Les souverainistes qui se situent à la droite de la droite, comme Nicolas Dupont-Aignan, ou à la gauche de la gauche, comme Jean-Luc Mélanchon, surfent, évidemment sur la crise de l’euro. Pour eux, c’est la divine surprise.

La divine surprise. Cela ne vous rappelle rien ? Il s’agit de la formule qu’employa Charles Maurras lors de la défaite de juin 1940. Alors que certains de ses fidèles n’acceptèrent point cette défaite et rejoignirent Londres, le chef de l’Action française eût cette phrase qui sonne encore aujourd’hui comme une satisfaction de voir le Maréchal Pétain aux affaires pour mettre en œuvre la révolution nationale2.

Duhamel est bien trop cultivé pour avoir fait référence à cette “divine surprise” par hasard. Il a bel et bien renvoyé Dupont-Aignan et Mélenchon à Maurras et à la révolution nationale de Philippe Pétain. C’est non seulement scandaleux pour ces deux personnalités républicaines et tous ceux qui le soutiennent mais c’est aussi faire preuve d’un anachronisme coupable.

Que Alain Duhamel se méfie de l’anachronisme. Car après tout, nous pourrions être tenté d’en user aussi. Par exemple, nous pourrions nous laisser aller à écrire que les personnages, qui saluent actuellement l’Allemagne de nous forcer à la rigueur et l’austérité pour notre bien et malgré nous, nous rappellent furieusement ce personnage du téléfilm “Au bon beurre”, adapté du roman de Jean Dutourd : la scène se passait sous l’occupation et le personnage en question disait la chose suivante à son interlocuteur :“L’Allemagne est une grande sœur pour la France ; quand la France fait une bêtise, la grande sœur lui tape sur les doigts pour la remettre dans le droit chemin”. Charmant, non ?

Mais non, nous ne nous laisserons pas aller, pour notre part à de telles comparaisons. Nous ne nous laisserons pas aller à l’outrance. Car ce manque de sang-froid, de la part d’Alain Duhamel, cache une panique bien réelle , malgré le reste de l’édito qui veut rassurer ceux qui craignent la fin de l’Euro. Qu’on se le dise, dans les états-majors du Parti de Gauche et de Debout la République : Duhamel ne vous considère plus comme du menu fretin mais bel et bien comme des adversaires. Et cela, finalement, c’est plutôt une bonne nouvelle.

par David Desgouilles pour son blog “Antidote”


Source : Agoravox

 

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