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« Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent... » Charles Pasqua

Heures Supp 08 09 2017
Édouard Philippe, lors de son discours de politique générale, le 4 juillet à l'Assemblée nationale.
Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Le gouvernement a repoussé cette promesse du candidat Macron pour boucler un budget extrêmement serré.

Le discours de politique générale d'Édouard Philippe avait déjà donné le ton. Début juillet, le Premier ministre n'avait pas cité, parmi les réformes à venir, l'exonération des heures supplémentaires. C'est désormais officiel : cette promesse présidentielle ne figurera pas au projet de loi de finances pour 2018, a-t-on appris à Bercy. Dans son programme de campagne, Emmanuel Macron préconisait pourtant un rétablissement dès 2018 de l'exonération des cotisations sociales (patronales et salariales) sur les heures sup.

Le candidat d'En marche! se démarquait ainsi de la formule plus radicale de Nicolas Sarkozy, qui, pour étayer son «travailler plus pour gagner plus», avait mis en place en 2007 une exonération des charges complétée par une défiscalisation des revenus issus de ces heures effectuées au-delà des 35 heures. Cette mesure très populaire avait été annulée par François Hollande dès 2012 (sauf pour les exonérations de cotisations patronales dans les entreprises de moins de 20 salariés) ; le pouvoir socialiste avait estimé qu'elle n'incitait pas les entreprises à recruter. L'idée est toutefois revenue lors de la primaire PS de 2017, défendue par un Manuel Valls prônant une suppression des cotisations salariales et une défiscalisation.

Selon une étude du ministère du Travail, en 2013, dernière date disponible, 46 % des salariés (48 % de ceux à temps complet et 35 % de ceux à temps partiel) ont fait des heures supplémentaires. Les exonérations fiscales et de charges sociales sont donc des leviers efficaces d'augmentation du pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes, mais aussi des dispositifs très onéreux. La version d'Emmanuel Macron coûterait environ 3 milliards d'euros en année pleine, contre un peu plus de 4,5 milliards pour celle de Nicolas Sarkozy.

Un objectif très ambitieux

Alors qu'il affiche toujours un objectif de déficit réduit à 2,7 % du PIB en 2018, le gouvernement a donc préféré reporter cette promesse. Elle n'est pas pour autant, pour l'heure, enterrée. Les deux locataires de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, espèrent bien pouvoir la défendre lors d'un prochain budget.

Ce report illustre les difficultés rencontrées par le gouvernement pour boucler son budget 2018. L'exécutif s'est avancé sur des économies de 20 milliards d'euros pour l'ensemble de la sphère publique, soit une progression en volume nulle sur un an. Un objectif très ambitieux, d'autant que sont programmées pour l'année prochaine des réformes aussi coûteuses que la première vague de réduction de la taxe d'habitation ou encore la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Pour résoudre cette équation, le gouvernement s'est également résolu, selon Les Échos, à n'augmenter la prime d'activité qu'en plusieurs paliers. La première hausse n'interviendrait qu'en septembre ou octobre 2018. Emmanuel Macron s'était engagé à relever de 50 % cette prime qui regroupe deux anciens dispositifs, la prime pour l'emploi et le RSA activité.

 

Source : Le Figaro.fr

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