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C'est pas grave, c'est les clients qui payent.... Et comme ils n'ont pas le choix...

Mutuelles 13 06 2018
Une carte Vitale et une ordonnance chez un médecin. Illustration. — DURAND FLORENCE/SIPA

Les tarifs se sont envolés. Les cotisations aux complémentaires santé ont « explosé » ces dix dernières années, a dénoncé ce mardi l’UFC-Que choisir, pointant notamment une « dérive des frais de gestion » et une concurrence affaiblie par le manque de « lisibilité des offres ».

Selon une enquête de l’association de consommateurs sur les « dérives » du secteur, présentée à la presse, les cotisations versées par les assurés sont passées de « 468 euros par personne et par an en moyenne en 2006 à 688 euros en 2017 », soit une inflation de 47 %, contre 14 % pour l’économie en général. En 2017, les complémentaires disposaient de 40,5 milliards d’euros de cotisations.

Vers une « grave dérive » des frais de gestion

En outre, les complémentaires « vont voir leur rôle se renforcer » ces prochaines années, avec la mise en place du « reste à charge zéro » (remboursement intégral de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives), qui « va se répercuter » sur les tarifs, a prévenu UFC-Que choisir. Les hausses de la fiscalité ne justifient « que moins du tiers de la progression », a assuré l’UFC, pointant une « grave dérive » des frais de gestion.

Ceux-ci ont représenté « 7,2 milliards d’euros » de dépenses en 2016, dont 2,8 milliards en frais d’acquisition de clients (publicité, communication) et ont augmenté de 30 % depuis 2010, soit « deux fois plus que celle des prestations remboursées aux assurés » (+15 %). Ils s’élèvent pour les contrats individuels à 21,5 % de la cotisation, les taux pouvant grimper à 42 % pour certains contrats, selon des calculs basés sur l’analyse de documents commerciaux et de 207 avis d’échéance.

« L’illisibilité » des garanties santé

En revanche, le taux de redistribution, c’est-à-dire la part des cotisations revenant aux assurés sous forme de prestations, « s’effondre », a regretté l’UFC, estimant que « seulement 66 % des cotisations en moyenne », et moins de 50 % pour certains contrats, reviennent aux assurés individuels, contre 76 % pour les contrats collectifs. « Ces dérives » s’expliquent notamment « par l’illisibilité » des garanties santé, qui « empêche largement la comparaison et atténue la concurrence », a expliqué l’UFC.

L’association demande donc aux pouvoirs publics « d’encadrer la comparabilité des offres » et de « publier enfin l’arrêté prévu par la loi Hamon de 2014, pour une liste standardisée d’exemples de remboursements en euros » dans les brochures. Elle souhaite enfin contraindre les complémentaires à publier leur « taux de redistribution » avant toute souscription, par exemple sur internet.

 

Source : 20 Minutes.fr

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