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Je vous passe cet article de 60 millions de consommateurs, car nous sommes tous concernés. La Banque postale me prélève entre 30 et 60€ par mois de frais bancaires, c'est une réelle charge. Vous pouvez toutefois contacter votre banque en cas de grosses difficultés, j'ai réussi le mois dernier à avoir une remise de 30€, mais ce comportement abusif des banques est inadmissible.

Frais Bancaires 01 08 2018
iStock/andriano_cz

Des associations réclament un plafonnement global des frais liés aux incidents. Les banques agissent auprès des autorités pour y échapper.

Le chiffre est passé inaperçu le 12 juin dernier, il est pourtant frappant. 3,6 millions de consommateurs se trouvaient dans une situation de fragilité financière fin 2017, selon le rapport annuel de l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB, qui dépend de la Banque de France). Par rapport à fin 2016, la hausse est vertigineuse : + 50%, soit 1,2 million de personnes de plus !

Souvent fichés à la Banque de France ou en situation de surendettement, ces 3,6 millions de clients des banques ont subi et continuent d’endurer chaque mois une cascade de frais prélevés sur leurs comptes bancaires déjà dans le rouge, aggravant leur situation.

Intense bataille d’influence

Les débats sur le projet de loi Pacte vont être le lieu d’une intense bataille d’influence entre les associations de consommateurs, qui demandent un plafonnement général des frais pour incidents pour tous les clients en difficulté, et les banques, qui veulent le limiter aux personnes les plus fragilisées socialement.

Agios, lettres d’information, dépassements de découvert, commissions d’intervention, rejets de chèque ou de prélèvement : 60 Millions de consommateurs et l’Union nationale des associations familiales (Unaf) avaient établi en novembre dernier que ces frais liés aux incidents de paiement coûtaient chaque année 34€ à chaque Français et 296€ en moyenne à ceux qui étaient en difficulté persistante (lire notre article Frais bancaires : pourquoi les banques abusent de leurs clients en difficulté).

Cet ordre de grandeur est confirmé par le rapport annuel de l’OIB, qui évalue la facture à 320€.

4,9 milliards de bénéfices

Nous avions également révélé qu’un foyer sur cinq, au sein de ces consommateurs en difficulté, était prélevé de plus de 500€ par an. Une machine à facturer infernale mise en place dans tous les établissements, sauf les banques en ligne, quasiment en pilotage automatique pour le plus grand bénéfice des établissements bancaires.

Ces frais pour incidents génèrent en effet chaque année un chiffre d’affaires de 6,5 milliards et des bénéfices de 4,9 milliards, selon notre étude de novembre. Des chiffres a minima, qui n’ont pas été démentis ni même contestés par les banques.

Émoi dans l’opinion publique

Notre enquête sur les frais bancaires abusifs avait suscité un grand émoi dans l’opinion publique en novembre 2017. Le ministre de l’économie et le gouverneur de la Banque de France s’étaient emparés immédiatement du sujet pour exiger des banques qu’elles modèrent leurs pratiques à l’égard des plus fragiles.

Dans un premier temps, il leur a été demandé de diffuser davantage l’offre client fragile (OCF), un forfait de services de base de quelques euros par mois destiné aux personnes fragiles, inscrites dans un fichier de la Banque de France. Sous la pression, le nombre de bénéficiaires de ce « forfait social bancaire » a augmenté de 100.000, pour atteindre 351.000 personnes. « Pour autant, l’offre reste insuffisamment déployée, puisque à peine 10% de personnes éligibles l’utilisaient à fin 2017 », constate l’OIB.

Un plafonnement pour tous

Ce résultat n’est pas à la mesure du problème, selon l’Union nationale des associations familiales. Dans un communiqué du 3 juillet cosigné avec l’UFC-Que choisir, Famille Rurales et la fédération CGT banque et assurances, l’Unaf demande non seulement un plafonnement des frais liés aux incidents pour tous les clients, mais également une politique de prévention des incidents bancaires, avec une éducation financière auprès des plus jeunes notamment.

Les parlementaires devront trancher lors des débats sur la loi Pacte. D’un côté, protéger les 25% de Français qui dépassent quasiment en permanence leur autorisation de découvert et qui se font ponctionner à tire-larigot par leur banque. De l’autre, plafonner uniquement les frais qui s’abattent sur les 350.000 personnes qui, après avoir été essorées par leur banque, se sont fait inscrire dans un fichier de la Banque de France et bénéficient du forfait social bancaire… C’est bien sûr ce que demandent les banques.

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Si la décision revient aux députés et aux sénateurs, le ministre de l’économie Bruno Lemaire a été interpellé pour prendre position au nom du gouvernement. « Nous attendons qu’il prenne des mesures ambitieuses, permettant de mieux protéger les personnes en situation de fragilité financière, et de défendre le pouvoir d’achat de l’ensemble des consommateurs, en particulier des classes moyennes et modestes », demandent les trois associations de consommateurs et le syndicat.

 

Source : 60millions-mag.com

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