5.0 of 5 (4 Votes)
Temps de lecture : 4 min

Pour la première fois de manière aussi explicite, un président autonomiste a reconnu les dégâts causés par trente ans d’essais nucléaires, et la responsabilité des élus locaux.

Essais nucleaires polynesie 16 11 2018
Un essai nucléaire à Mururoa en 1971. | Archives AFP.

Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a reconnu devant l’assemblée locale, jeudi 15 novembre, avoir « menti » aux Polynésiens sur l’innocuité des essais nucléaires. « Je ne m’étonne pas qu’on me traite de menteur alors que pendant trente ans, nous avons menti à cette population, que les essais étaient propres : nous avons menti, j’ai fait partie de cette bande », a déclaré Edouard Fritch devant les élus de l’Assemblée de la Polynésie française.

Ce mea culpa a aussitôt été suivi d’une charge contre Gaston Flosse, son ancien mentor devenu son principal adversaire politique, inéligible mais présent dans le public au moment de son allocution : « Notre propre leader a vu une bombe péter : lorsqu’on voit une bombe atomique péter, je pense qu’on se rend compte que ça ne peut pas ne pas faire de mal », a poursuivi Edouard Fritch.

Lire aussi : En trente ans, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie

« On peut pardonner, mais on n’oubliera jamais »

Le débat portait sur la réforme du statut de la Polynésie française. La majorité d’Edouard Fritch est favorable au maintien d’une large autonomie au sein de la République française. Le Tavini, parti d’Oscar Temaru, souhaite l’indépendance, tandis que le Tahoeraa de Gaston Flosse préfère un statut intermédiaire de pays associé. La majorité des élus polynésiens souhaite que la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires figure dans le statut de la Polynésie française.

Le parti indépendantiste a estimé, dans un communiqué, que le peuple polynésien avait été « volontairement sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat, pour la seule grandeur de la France ». Pour la première fois de manière aussi explicite, un président autonomiste a reconnu les dégâts causés par trente ans d’essais nucléaires, et la responsabilité des élus locaux : « Avant, peut-être que j’ai vendu mon pays. Avant, peut-être, pendant de longues années. Mais pas aujourd’hui, croyez-moi : je me sens obligé de réparer ce qui a été fait dans ce pays, même si c’est l’Etat français qui l’a fait, mais j’ai besoin de l’Etat français pour réparer », a déclaré Edouard Fritch. « On peut pardonner, mais on n’oubliera jamais », a répondu Antony Géros, président du groupe Tavini à l’Assemblée et proche d’Oscar Temaru. Cent quatre-vingt-treize essais nucléaires ont été réalisés sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, dans l’archipel des Tuamotu, entre 1966 et 1996.

Lire aussi : Plainte contre la France pour crimes contre l’humanité auprès de la CPI

 

Source : Le Monde.fr

 

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

 

 

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s