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Bettencourt Mme

La tentation fut, semble-t-il, trop grande de mettre cet argent à l'abri à l'arrivée de la gauche

Plus précisément, c'est André Bettencourt, époux (décédé) de Liliane et ministre sous De Gaulle et Pompidou, qui avait eu la riche idée d'ouvrir des comptes en suisse, à une époque où les familles bourgeoises craignaient l’arrivée de la gauche au pouvoir. Une fraude pratiquée par bien d'autres élus et ministres.

N'importe quel citoyen pourrait à juste titre se demander, à propos de l’affaire Bettencourt : comment se fait-il qu’on découvre cet argent seulement aujourd’hui ? Car ce n’est que grâce aux écoutes sauvages pratiquées par le majordome de Liliane Bettencourt, et révélées par le site Mediapart, qu’on connaît l’existence de deux comptes en Suisse, l’un de 13 millions d’euros, l’autre de 65 millions, ouverts à Vevey.
Marianne2 a la réponse: ces comptes « oubliés » datent d’une quarantaine d’années. Ils avaient été ouverts, selon nos informations, par le mari de Liliane Bettencourt, André, au tournant des années 1968-1970. A ce moment, André Bettencourt était… ministre. Pilier des Républicains indépendants, le parti de Giscard d’Estaing,
après avoir été pétainiste en 1940, puis proche de Pierre Mendès-France au milieu des années 50, André Bettencourt participa à tous les gouvernements de 1966 à 1973, sous Charles de Gaulle puis Georges Pompidou. Il côtoyait les Chaban-Delmas, Couve de Murville, Marcellin, Chirac. C’est à cette période donc, qu’il constitua une cagnotte en Suisse. Vraisemblablement en passant ou en faisant passer des valises de  billets, chose courante à l’époque.  On imagine un ministre de Mon Général, qui détestait l’argent, passant la frontière en se planquant des douaniers… Ensuite, André Bettencourt fut député puis sénateur de la Seine-Maritime jusqu’en 1986. A ce titre, il vota tous les budgets de la droite permettant de lever l’impôt sur ses concitoyens, alors que son petit magot était à l’abri.
On sait que la plupart des comptes frauduleux hors des frontières sont constitués par des ménages « aisés » lors des périodes de tensions politiques, particulièrement lorsque la gauche est sur le point d’arriver aux affaires, lorsque la guerre menace ou encore en cas de dévaluation et de renforcement du contrôle des changes. Il y eut donc une vague d’évasion fiscale en 1936, une autre en 1938, une autre encore en 1947, puis 1968, 1974, 1978, 1981, 1983… La trouille est un moteur puissant. Autre « bonne » raison de planquer son argent :  la constitution de caisses noires.
Une partie de celle de l’UIMM avait ainsi été exfiltrée.
Revenons à nos Bettencourt et à leur magot. Les contrôles fiscaux réguliers ne pouvaient rien déceler. Obligatoires tous les trois ans pour ces comptes « à fort potentiel », ils se limitent à un examen « sur dossier ». Et comme des fiscalistes aguerris répondent aux questions adressées au contribuable Bettencourt, les braves agents des impôts étaient forcément bredouilles.
Pour l’heure impossible de connaître les raisons qui ont poussé André Bettencourt à se constituer ce pactole : il est décédé le 19 novembre 2007. Or c’est lui qui gérait les affaires financières de son couple, dit son entourage. Liliane Bettencourt, apprenant récemment l’existence de ces millions de l’autre côté de la frontière se serait écriée : « mais pourquoi ne les a-t-on pas ramenés plus tôt? ». Si cette version est vraie, elle permettra au cabinet d’avocat fiscaliste Wilhelm et associés, chargé de piloter la régularisation des comptes avec Bercy, de plaider le cas de sa cliente. Depuis l’ouverture de la « cellule de régularisation », la direction des services fiscaux traite en effet  différemment les comptes. S’ils sont anciens, issus d’un héritage, et si les titulaires actuels ne les ont pas utilisés, le rappel d’impôts se fait avec peu de pénalités. Le milliard d’euros récupéré récemment par le ministère du Budget représente entre 15 à 20% des avoirs détenus à l’étranger déclarés au fisc à la fin de 2009. Voici donc ce que risque madame Bettencourt : payer un impôt de 15 millions d’euros, correspondant grosso modo au rappel de l’ISF dû depuis 10 ans. A moins qu’il soit démontré qu’elle s’est servi de l’argent. Par exemple, pour payer le loyer ou l’entretien de l’île d’Arros, aux Seychelles. Encore un cas, cette île, dont le propriétaire réel, au travers
d’une fondation basée en Suisse, est encore indéterminé : est-ce François-Marie Bannier (son avocat, contacté n’a pas répondu), Liliane Bettencourt, ou … personne? L’enjeu vaudrait, dit-on,  environ un milliard. Mais Liliane Bettencourt a les moyens de faire face à une forte amende, puisqu’elle touche environ 175 millions d’euros de dividendes de L’Oréal chaque année. Ouf !


Source : Marianne2.fr

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