5 1 1 1 1 1 Rating 5.00 (4 Votes)

Je vous avais expliqué mon expérience malheureuse avec ce type de médicament, comme aux Etats-Unis, ces médicaments prescrits souvent sans réelle formation des médecins, présentent un véritable danger.

Tramadol Boite 22 02 2019

Un rapport fait le point sur les médicaments antidouleurs ayant des effets comparables à l’opium. Il détaille les prescriptions mais aussi les mésusages, et constate un nombre croissant de décès.

Les Français sont de plus en plus nombreux à prendre des médicaments antidouleur opioïdes, dont les effets sont comparables à ceux de l’opium. En 2015, près de dix millions de personnes ont reçu une prescription pour l’un de ces médicaments fortement addictogènes. Sur le podium des prescriptions se trouve le tramadol, suivi par la codéine et l’opium. Dans un rapport publié mercredi, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait pour la première fois un bilan de leur consommation en France. Un état des lieux très attendu à l’heure où ces substances sont à l’origine d’une crise sanitaire sans précédent en Amérique du Nord. Chaque jour, 115 Américains meurent d’un surdosage aux opioïdes.

De plus en plus d’intoxications

«La France n’est pas dans une situation comparable à celle des États-Unis, rassure d’emblée le Pr Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand et directeur de l’Observatoire français des médicaments antalgiques. En revanche, l’augmentation rapide du nombre d’intoxications, d’hospitalisations et de décès montre que nous devons rester vigilants.» En dix ans, le nombre annuel d’intoxications par des antalgiques opioïdes a doublé. Au total, 2762 accidents de ce type ont été signalés entre 2005 et 2016. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 167% depuis 2000, concernant en 2017 près de 2600 personnes. Quant au nombre de décès, il a connu un bond de 146% entre 2000 et 2015. Désormais, quatre personnes meurent chaque semaine d’une surdose d’antidouleur opioïde. Parmi les médicaments les plus impliqués, on retrouve le tramadol (37 décès en 2016) suivi par la morphine (22 décès), la codéine (16 décès) et l’oxycodone (8 décès). «Les dommages sont faibles par rapport à l’Amérique du Nord, constate le Pr Authier. Mais il faut avoir en tête que ces chiffres sous-estiment la réalité.» Un point de vue partagé par Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments en neurologie, antalgie et stupéfiants à l’ANSM, qui a supervisé le rapport : «Nous n’avons pas de données exhaustives, mais ce qui est intéressant, c’est de suivre leur évolution.»

Contrairement aux autres antalgiques (paracétamol, aspirine…), les opioïdes peuvent entraîner une forte dépendance. Et une surdose peut provoquer la mort par arrêt respiratoire. Ils sont classés en deux catégories : les opioïdes faibles (tramadol, codéine, opium, par exemple) et les opioïdes forts (morphine, oxycodone, fentanyl), qui sont des stupéfiants. Qu’ils soient faibles ou forts, ils exposent tous aux mêmes risques. «Lorsque ces médicaments sont pris de façon chronique pendant plusieurs semaines, une dépendance physique peut s’installer», explique le Pr Authier. Après avoir développé une tolérance, le patient est contraint d’augmenter les doses pour ressentir les mêmes effets. «Nous voyons des patients qui peuvent prendre jusqu’à 50 ou 60 comprimés par jour, là où il ne faudrait pas excéder 6 ou 8 comprimés», confie le médecin.

En majorité des femmes

Quel est le profil des patients ? Selon le rapport de l’ANSM, il s’agit le plus souvent de personnes souffrant de douleurs aiguës, chroniques, de maux de dos ou de douleurs liées à l’arthrose. L’âge moyen tourne autour de 52 ans pour les opioïdes faibles et 64 ans pour les opioïdes forts. Les patients sont en majorité des femmes. «Nos patients présentent systématiquement des facteurs de vulnérabilité», constate Nicolas Authier. Troubles anxieux, de l’humeur, traumatismes psychologiques ou antécédent d’addiction les incitent au mésusage de ces médicaments. «Ils s’aperçoivent assez vite que le médicament n’agit pas seulement sur leurs douleurs, mais aussi sur leurs émotions. Ils sont alors en quête de cet effet anxiolytique

Ceux qui tombent dans le piège de l’addiction se heurtent toutefois à un mur, car il n’est pas facile de se procurer ces médicaments en France. Depuis juillet 2017 - date depuis laquelle la codéine n’est plus en vente libre -, tous les antalgiques opioïdes ne sont disponibles que sur prescription médicale. Quant aux opioïdes forts, ils ne sont délivrés que sur ordonnances sécurisées, traçables grâce à un numéro de lot et valables seulement 28 jours. Alors pour se procurer leur dose, les «accros» sont prêts à tout : tournée des cabinets médicaux et des pharmacies, falsifications d’ordonnances ou commande sur Internet. «L’un de mes patients avait besoin de 18 comprimés de tramadol par jour alors qu’il ne faut pas dépasser 4, raconte le Pr Authier. Après des années de nomadisme médical et pharmaceutique, il a fini par se procurer des boîtes de 100 comprimés sur Internet.»

«Ce rapport montre que la douleur est mieux prise en charge en France, mais cette amélioration s’accompagne d’un certain nombre de problèmes qu’il faut surveiller, conclut Nathalie Richard. Désormais, il faut mettre l’accent sur l’identification des patients à risque ainsi que sur l’information des professionnels de santé. Beaucoup de médecins ne savent pas que le tramadol est un opioïde

 

Source : Le Figaro.fr via Moutons Enragés.fr

 

Information complémentaire :
 

 

 

Vous êtes ici : Accueil Arrow Actualités françaises Arrow Un fléau : Quatre personnes meurent chaque semaine en France à cause des antidouleurs