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Une bonne nouvelle pour commencer la journée, les choses évoluent, et les stations coûtent cher, parce que ce n'est pas démocratisé. Là où je m'inscris en faux aussi, c'est sur le fait qu'il faudrait des énergies fossiles pour créer de l'hydrogène. C'est FAUX, comme ils le disent, on peut en créer en l'extrayant de l'eau avec un peu d'électricité par pyrolyse, mais cela coûte plus cher. Ce n'est donc pas un problème technique, mais un problème de coût (de plus le graphène est très, très prometteur dans ce domaine). Et si nous prenons le virage des centrales à sel fondu au Thorium (qui est, je le rappelle, sûr) ce ne serait pas un problème. Mais les centrales au Thorium ne produisent pas de plutonium et donc ne peuvent pas servir à faire de bombes atomiques. C'est pour cela que la France n'a pas exploré cette voie depuis 50 ans... En 2019, à part les Américains (lol) qui a besoin de plus de bombes atomiques ? Emparez-vous de ces sujets et faites-les vivre au-delà de notre petit blog, c'est décisif pour notre avenir.

Hydrogene 23 02 2019
De gauche à droite, Didier Gambart (Toyota), Pierre-Étienne Franc (Air Liquide), Thierry Franck de Préaumont (Idex)
et Mathieu Gardies (Hype). © Toyota
 
Air Liquide, Idex, la STEP et Toyota annoncent la création d’HysetCo. Cette entité a pour but de démocratiser l’hydrogène en s’appuyant sur une flotte de taxis. Le but, zéro émission pour les taxis/VTC durant les Jeux olympiques de Paris en 2024.

On pourrait les surnommer les 4 Fantastiques. Pourtant, ils n'ont rien de super-héros. Leur seule mission, "zéro émission pour les taxis/VTC pour les Jeux olympiques de Paris en 2024". Ils, ce sont Air Liquide, Idex, la STEP et Toyota, c'est-à-dire un spécialiste des gaz industriels, un acteur de la transition énergétique, une société de taxis et un constructeur automobile.

Ce quatuor s'est associé pour former une joint-venture baptisée "HysetCo" afin de démontrer que l'hydrogène a toute sa place dans la mobilité de demain où la moindre émission de CO2 est traquée par les autorités sanitaires. Ils ont un bon argument en leur faveur, les véhicules roulant à l'hydrogène — appelés aussi voiture à pile à combustible — ne rejettent que de l'eau.

La mission d'HysetCo, combattre l'idée reçue qu'il n'y pas assez de véhicules à hydrogène "parce qu'il n'y a pas suffisamment de stations de recharge"… et inversement !

Quoi de mieux qu'une société de taxis comme Hype, filiale de la STEP (Société du taxi électrique parisien) pour être la vitrine technologique de ce carburant propre ? Lancée en 2015 en marge du sommet COP21, Hype a cette particularité de n'utiliser que des véhicules électriques alimentés par une pile à combustible (PAC), à savoir des Hyundai ix35 Fuel Cell et des Toyota Mirai. Actuellement, une centaine de véhicules circulent à Paris et en Île-de-France. L'objectif est d'atteindre une flotte de 600 véhicules d'ici la fin 2020.

Partenaire historique de Hype, Hyundai n'a pas souhaité intégrer la joint-venture. La raison ? Un volume de Nexo pas assez important au niveau mondial. Pour autant, le Nexo, successeur du ix35 Fuel Cell, devrait intégrer, au compte-goutte la flotte de Hype.

Des Jeux olympiques 2024 dans une atmosphère saine

Au-delà de ce déploiement de 600 taxis, HysetCo ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. La joint-venture souhaite créer un environnement viable économiquement en incitant d'autres sociétés de taxis / VTC à rouler à l'hydrogène afin que les Jeux Olympiques 2024 se déroulant à Paris soient synonymes de zéro émission.

Et c'est là que HysetCo intervient. En effet, la joint-venture va investir dans l'achat de quelque 500 Toyota Mirai et de licences qui seront revenues à Hype. Comme le précise notre confrère Laurent Meillaud pour le site web H2 Today, HysetCo sera doté d'un budget de 100 millions d'euros qui servira à l'achat des voitures. Concrètement, les chauffeurs se verront "proposer un leasing sur une durée de 3 ans et pour un kilométrage de 250.000 km. Le loyer serait de 800 à 1000 € par mois". 

Ces 100 millions ne seront pas de trop pour acquérir des véhicules dont le prix oscille entre 65.000 € et 70.000 €, sachant que la durée d'une pile est estimée à 4100 heures, soit un peu plus de 150.000 km. Toyota s'est donc engagé à réduire le coût de sa Mirai et à augmenter les cadences afin que l'Europe puisse être servie correctement, au même titre que le Japon et les États-Unis. D'ailleurs, une nouvelle Mirai devrait faire son apparition pour les JO de Tokyo en 2020 avec plus de place et plus d'autonomie. Rappelons que Toyota est l'un des sponsors officiels des Jeux olympiques.

En octobre 2017, nous avions déjà évoqué le prix des véhicules à hydrogène. À l'époque, l'agence européenne FCH-JU (Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking), soutien financier des centres européens de recherche sur la filière hydrogène, avait effectué des projections sur le tarif de la voiture à hydrogène dans les années à venir : de 70.000 € à 50.000 € en 2020, et 30.000 € en 2023. À l'inverse, la durée de vie de la PAC devait passer à 6000 heures en 2020, puis 7000 en 2023.

Article Recommandé : La voiture à hydrogène, un serpent de mer

Des stations qui valent leur pesant d'or

Actuellement, la France compte près d'une vingtaine de stations à hydrogène dont une moitié appartient au secteur privé. En Île-de-France, il n'existe que quatre stations. D'ailleurs, on cherche toujours la centaine de bornes promises par le gouvernement français pour 2018…

HysetCo devrait intervenir et financer une dizaine de stations sachant que la construction d'une station à 700 bars coûte en moyenne un million d'euros. La station de Paris-Orly qui compte une seule pompe située avant l'entrée de l'aéroport a coûté 2 millions d'euros. Elle permet de délivrer jusqu'à 200kg/jour (1kg permet de rouler pendant 100km).

En revanche, lors de l'inauguration, le prix affiché à la pompe était de 15€/kg. À l'époque, les responsables d'Air Liquide nous avaient expliqué qu'il s'agissait d'un prix de référence appelé à retomber aux alentours de 9 ou 10€. Pour information, l'hydrogène n'est pas taxé à hauteur du diesel et de l'essence.

Hydrogène, pas si vert que ça à fabriquer

L'hydrogène n'existe pas à l'état pur, mais on le retrouve presque partout (dans l'eau, le charbon, les hydrocarbures…). Ne reste qu'à l'extraire. Et c'est là que le bât blesse : la synthèse de l'hydrogène exige actuellement plus de 90% d'énergies fossiles, donc un taux d'émission de CO2 important.

Origine Hydrogene Web
Principales origines de l'hydrogène produit dans le monde. © infographie IFP EN

Il existe trois façons d'extraire de l'hydrogène. L'électrolyse de l'eau, avec si possible de l'électricité provenant de panneaux solaires ou par l'éolien. C'est plus coûteux que d'extraire de l'hydrogène à partir de gaz naturel.

Deuxième possibilité, la technique de gazéification des végétaux brûle du bois et des déchets végétaux afin de dégager du biogaz. Cette méthode émet peu de CO2. Enfin, le vaporeformage, technique la plus courante (et la plus polluante), nécessite l'emploi de gaz naturel. En présence de cette vapeur d'eau et de chaleur, les atomes carbonés (C) du méthane (CH4) se dissocient. Après deux réactions successives, ils se reforment séparément pour produire d'un côté du dihydrogène (H2) et, de l'autre, du dioxyde de carbone (CO2). (Source : Planete-energies.com)

L'obstacle, une voiture électrique plus performante et moins chère

Le défi de HysetCo est de taille tant l'évangélisation semble une tâche ardue. Pourtant, rouler avec un véhicule à hydrogène combine plusieurs avantages non négligeables : une bonne autonomie (de l'ordre de 500 à 600km), un temps de remplissage compris entre 3 et 5 minutes, et surtout un faible impact sur l'environnement. En effet, on ne rejette que de la vapeur d'eau.

Avec un prix du baril de pétrole à la hausse (aux alentours de 65$) et une taxation de l'ordre de 57% pour le diesel et 65% pour le super sans-plomb 95, la voiture à hydrogène ne devrait qu'être avantagée. Mais elle doit faire face à une nouvelle génération de voitures électrifiées (hybride, plug-in et 100% électriques) plus performantes et dont les prix commencent sérieusement à baisser aidés en cela par les différentes aides gouvernementales. Ces mêmes aides peuvent aussi servir à acquérir un véhicule essence et diesel, neuf ou d'occasion, pour peu qu'il possède une vignette Crit'air 1 ou 2 et qu'il émette moins de 130g de
CO2/km.

Comme le soulignait déjà en 2015, René Trégouët, sénateur honoraire, dans son article "La Révolution de l'hydrogène est en marche", pour que la voiture à hydrogène demeure attractive face à l'arrivée d'une nouvelle génération de voitures électriques, moins chères et dotées d'une meilleure autonomie, il faudra qu'elle "bénéficie de ruptures technologiques majeures et qu'elle [soit] en outre activement soutenue par les pouvoirs publics, notamment grâce à des dispositifs fiscaux spécifiques très incitatifs". Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui…
 

 

Erick Fontaine  

 

Source : Lesnumeriques.com

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