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Par contre, les banques, elles ne jouent pas le jeu et n'appliquent pas les taux négatifs aux emprunteurs... Du reste, vous vous voyez être prélevé tous les mois, parce que vous laissez de l'argent sur votre compte en banque ? (Pour ceux qui ne finissent pas tous les mois à -300€ comme moi, bien sûr...)

Le gouverneur de la Banque de France propose d'atténuer les effets indésirables des taux négatifs de la Banque centrale européenne qui pèsent sur les banques.

Si les banques françaises ont une critique vis-à-vis de la Banque centrale européenne (BCE), c'est bien sa politique de taux négatifs. « Le poison des taux négatifs est très puissant », déclarait début février aux « Echos » le patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa, voyant là un désavantage compétitif par rapport aux banques américaines.

Cette semaine, Rémy Weber lui a emboîté le pas. « Tous les soirs nous replaçons 15 milliards d'euros de liquidités [à la BCE], a rappelé le président du directoire de La Banque Postale. Je commence donc chaque journée de mauvaise humeur, car il nous faut travailler pour rattraper ce qu'on a perdu pendant la nuit. »

Depuis mi-2014, le taux auquel la BCE rémunère les liquidités déposées au jour le jour par les établissements financiers de la zone euro est en territoire négatif. Actuellement, ce taux est de -0,40%. Une façon pour l'institution de faire circuler l'argent et qui, accessoirement, rapporte beaucoup aux banques centrales nationales.

Taxe sur les banques

L'effet sur le système financier est double. Certes, ces taux négatifs agissent comme une taxe sur les banques, mais ils participent d'une politique monétaire particulièrement accommodante qui soutient l'économie de la zone euro et aide indirectement les banques. Face à une rentabilité en berne, certaines espèrent toutefois un changement.

Elles ne sont pas seules. « Si nous devions recourir aux taux négatifs pour une période plus longue qu'attendu, nous devrions analyser de manière pragmatique comment atténuer leurs potentiels effets indésirables sur la transmission par les banques de notre politique monétaire », a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau à l'hebdomadaire portugais « Expresso ». Autrement dit, si les banques se portent mal, elles auront des difficultés à financer l'économie.

Le gouverneur de la Banque de France, qui évoque « la rentabilité des intermédiaires financiers », espère que le sujet sera débattu lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, jeudi prochain, à Francfort. Il peut a priori compter sur le soutien du gouverneur de la Banque d'Autriche, Ewald Nowotny, qui s'était lui aussi prononcé dans ce sens en décembre.

Resserrement monétaire

Mais revenir sur les taux négatifs serait considéré de facto comme une hausse des taux. Or, alors que la conjoncture de la zone euro montre des signes de faiblesse sur fond de Brexit et de tensions commerciales, un resserrement monétaire n'est pas du tout la priorité de la BCE.

Le combat des banques n'est pas perdu pour autant. De fait, les gouverneurs pourraient s'inspirer de l'exemple de la Suisse, où la banque centrale a introduit un système de taux négatifs à plusieurs détentes (« tiered »). Un certain montant de dépôts des banques est ainsi exempté des taux négatifs et bénéficie d'un taux zéro.

La BCE et la Banque de France ont refusé de commenter.

Thibaut Madelin avec Sharon Wajsbrot
@ThibautMadelin
Source : Lesechos.fr

Informations complémentaires :

Taux Negatifs 01 03 2019  

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