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A mettre en lien avec ce que disait le professeur Belpomme sur les pesticides, les ondes, etc. (Informations complémentaires)

Handicap 12 04 2019

Enquête : La hausse serait la conséquence d’un meilleur dépistage et de la reconnaissance, comme handicap, des troubles de l’attention et des apprentissages.

C’est un chiffre glissé au détour du rapport annuel de l’Observatoire national de la petite enfance (Onape), dont on se sait trop s’il doit inquiéter ou, à l’inverse, rassurer. Le nombre d’enfants bénéficiaires de l’Allocation d’éducation d’un enfant handicapé (Aeeh) a considérablement augmenté ces dernières années. La hausse est de 136% depuis 2002 pour les moins de 20 ans, dont + 73% pour les enfants de moins de 6 ans. Ce constat signifie-t-il que davantage d’enfants sont malades ou que l’accès aux soins s’améliore ?

« Niveau de recours »

Compte tenu de la sensibilité du sujet, les autorités sanitaires restent très prudentes et invoquent « une multiplicité d’explications ». « Les chiffres avancés mesurent le niveau de recours aux aides existantes et non pas le nombre réel d’enfants en situation de handicap », avance ainsi Jean-Michel Lamiaux, à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Virginie Magnant, directrice de cabinet de la secrétaire d’État Sophie Cluzel rappelle de son côté que l’on estime que le nombre d’enfants qui naissent chaque année porteurs d’un handicap est stable, sauf pour les troubles du spectre autistique qui augmentent.

Globalement pourtant, le ministère voit plutôt dans la hausse des aides allouées un motif de satisfaction. « Cela signifie que le diagnostic s’améliore et que les familles acceptent mieux le handicap. C’est pourquoi elles se tournent plus facilement vers les maisons départementales des personnes handicapées que par le passé, afin de demander de l’aide », poursuit Virginie Magnant.

L’Onape avance néanmoins un autre facteur d’explication : la montée de la prise en charge des troubles de l’attention (TDAH), troubles de l’apprentissage (DYS) et troubles du spectre autistique (TSA) dont les associations se félicitent. Nathalie Groh, présidente de la Fédération française des DYS, rappelle ainsi qu’« il a fallu attendre le plan Ringard-Veber de 2001 pour que l’existence de ces troubles soit officialisée. Jusque-là, quand un enfant présentait des difficultés d’apprentissage de la lecture ou de l’orthographe, on se disait que c’était la faute de la famille ou de l’enfant. » Une loi de 2005 a posé le principe d’une prise en charge au titre du handicap.

Variations du développement

Reste à savoir si la reconnaissance de ces troubles et la création d’une « case » n’ont pas créé un appel d’air pour des enfants dont l’école ne sait plus trop que faire. S’appuyant sur les travaux du sociologue Wilfried Lignier, l’Onape souligne ainsi que la hausse du nombre d’enfants allocataires de l’Aeeh « peut s’expliquer par l’évolution des représentations de certains comportements qui ’’posent problème’’ aux professionnels de la petite enfance et qui indiquerait en creux l’existence d’écarts entre les manières d’être de certains enfants au sein de l’école maternelle et un ensemble d’attentes sociales explicites et implicites à leur sujet. » En clair, là où un enfant était jugé remuant il y a vingt ans, il est désormais reconnu comme malade.

Certains médecins s’inquiètent aussi de cette évolution. Ainsi, la psychothérapeute Emmanuelle Piquet n’hésite pas à parler de « surdiagnostic » : « Je ne dis pas que les troubles de l’attention et des apprentissages n’existent pas. Bien évidemment, ils existent. Cependant, je m’interroge sur la tendance que l’institution peut avoir, quand elle n’arrive pas à gérer certains enfants, à créer de nouveaux troubles, dont les derniers en date sont les ’’multi-dys’’. »

Le professeur Bernard Golse appelle aussi à mieux peser les mots. La classification internationale des maladies s’est considérablement rétrécie au fil du temps, déplore le pédopsychiatre. « La pédopsychiatrie ne reconnaît plus que quelques grandes catégories de maladies, alors qu’en fait, 90% des cas que nous traitons correspondent à de simples variations du développement, assure-t-il. La différence s’est donc creusée entre ce que le grand public imagine être un handicap, c’est-à-dire quelque chose de lourd, et ce que la médecine considère comme tel et qui peut en fait être très léger. Il faut le dire et le répéter : tout enfant remuant n’est pas hyperactif, tout enfant réservé n’est pas autiste au sens où le grand public l’entend, même si ce sont désormais les seules grandes catégories officiellement reconnues et dans lesquelles on fait rentrer l’enfant. »

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L’allocation d’éducation des enfants handicapés

* L’allocation d’éducation des enfants handicapés (Aeeh) est une aide versée aux familles qui élèvent un enfant de moins de 20 ans dont le taux d’invalidité est reconnu supérieur à 50%.

* Son montant varie selon les besoins de l’enfant, évalués par les Maison départementales des personnes handicapées (MDPH) et elle est ensuite versée par la Cnaf. Elle se compose d’une allocation de base et de divers compléments.

* En décembre 2017, 34.700 enfants de moins de 6 ans en étaient bénéficiaires, soit 12% de l’ensemble des bénéficiaires. Il peut s’agir d’enfants atteints de polyhandicap, de troubles du neuro-développement, mais aussi porteurs de handicaps légers mais invalidants, comme une dysorthographie par exemple.

Source(s) : La Croix.fr via Contributeur anonyme

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