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Sarkozy

L'exemplarité qui va avec la fonction doit aller de pair avec le traitement.

L'annonce de mesures pour réduire le train de vie de l'Etat par Nicolas Sarkozy provoque de nombreuses réactions, mardi 29 juin, dans la classe politique.

Dominique de Villepin, fondateur de République solidaire, a estimé, mardi, sur France Inter, que les annonces du président de la République sont un "rappel à l'ordre salutaire". Mais "est-ce que nous sommes au-delà du symbole ? Je n'en suis pas sûr", a-t-il nuancé.  Car "nous sommes dans des mesures d'économies qui se chiffreront en dizaines de milliers d'euros peut-être en centaines de milliers d'euros. Si on compare par exemple à l'avion que vient de commander le président de la République, nous parlons- à de 180 millions d'euros !"  Le chef de l'Etat devrait disposer à l'automne d'un nouvel Airbus A330 spécialement aménagé. "Le président de la République aurait pu considérer que, dans cette période, il passait son tour et que l'un des grands chefs d'Etat des pays émergents [aurait été] ravi d'acheter cet avion. Nous aurions fait l'économie de 180 millions d'euros", a ajouté M. de Villepin.

"Ce n'est pas mes huit collaborateurs en moins, si ça doit être le cas, qui résorberont la dette, c'est clair", a commenté Christine Lagarde, sur RMC-BFM TV. La ministre de l'économie a toutefois réfuté qu'il s'agisse "d'économies de bouts de chandelle", comme le lui suggérait le journaliste qui l'interrogeait. "En revanche, c'est le symbole qu'on doit être extrêmement attentif à la dépense publique", a poursuivi la ministre, dont le cabinet compte 28 personnes. "Je ne suis pas sûre que ce soit sur des collaborateurs officiels qui bossent comme des brutes qu'on fasse la meilleure économie, mais s'il faut le faire, je le ferai, bien sûr", a-t-elle ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a pour sa part parlé de "décisions de bon aloi dans la mesure où ce sont des habitudes qui concernent les élus mais également la haute administration qui sont à revoir". "Il y a, quelle que soit la collectivité, un parallélisme entre ce qui se passe dans l'administration dirigeante des collectivités et les élus", a-t-il poursuivi. "Il va de soi que l'occupant d'un logement de fonction doit en acquitter l'impôt local et que les fournitures personnelles ne sauraient être payées autrement que par les intéressés", a-t-il ajouté. Mais "les indemnités de fonction d'élus et de membres de l'exécutif sont en France comparables à ce qu'elles sont dans les pays démocratiques. Il y a exigence à ce que ces indemnités mettent les élus à l'abri de toute forme de pression extérieure".

Jérome Cahuzac, président PS de la commission des finances de l'Assemblée nationale, reconnaît dans Le Parisien/Aujourd'hui en France qu'en supprimant la garden-party de l'Elysée, Nicolas Sarkozy "montre qu'il participe à cet effort" de réduction du train de vie de l'Etat. Mais "revenir sur l'augmentation de 170 % de son salaire (...) aurait été plus convaincant". "Nicolas Sarkozy avait promis une "République irréprochable". Raté, hélas", ajoute le président de la commission des finances.

Marine Le Pen, la vice-présidente du FN, s'en est pris, sur RTL, aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. "Ce sont des mesures poudre aux yeux. Il serre la vis de tout le monde sauf la sienne. Il aurait pu commencer par les frais de l'Elysée qui ont explosé". "Et puis, puisqu'il s'agit de symbole, il aurait pu également revenir sur l'augmentation de 172 % qu'il s'est accordée et qui a été un des premiers gestes de sa gouvernance", a fait valoir Marine Le Pen. En octobre 2007, l'Assemblée nationale avait porté le traitement du chef de l'Etat d'environ 7 000 euros à plus de 19 000 euros nets par mois, afin d'y inclure les "fonds spéciaux" utilisés par la présidence de la République jusqu'en 2002. Mme Le Pen évoque "l'impunité" des ministres, qualifiés de "jouisseurs intéressés uniquement par la satisfaction du désir immédiat, par l'amélioration de leur situation personnelle où on mélange les genres de manière systématique".

Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, critique aussi, sur i-Télé, les annonce du président. "Si c'est la énième annonce et que c'est une pratique inverse, ça ne sert à rien". "J'attends", car "des annonces de Nicolas Sarkozy, il y en a eu tellement que les Français n'y croient plus beaucoup. Maintenant, ce qu'ils attendent, ce sont des actes", a ajouté le député de l'Essonne. Pour lui, "les parlementaires, les ministres et les dirigeants d'entreprises publiques qui souvent ont multiplié par trois ou quatre leurs salaires, auraient pu faire un geste, peut-être symbolique mais fort" en acceptant une baisse de salaire.

Source :
Le Monde

Informations complémentaires :

France-Info (audio) : Nicolas Sarkozy s’attaque à la réduction du train de vie de l’Etat
Le Parisien :
Train de vie de l'Etat : Sarkozy ne fait pas taire les critiques
AFP :
Sarkozy met son gouvernement à la diète, sans faire taire les critiques



 

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