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Dans "Le grand manipulateur, les réseaux secrets de Macron", enquête publiée ce 24 avril, le journaliste Marc Endeweld lève le voile, au milieu d’une foule d’autres informations, sur un personnage méconnu et sulfureux de la macronie, Ludovic Chaker, aujourd’hui toujours chargé de mission à la présidence de la République.

Espion 25 04 2019

Il a échappé à la vigilance des sénateurs, personne n’a même prononcé son nom lors des auditions au Palais du Luxembourg. Mais dans son livre consacré aux réseaux d’Emmanuel Macron, notre ancien collaborateur Marc Endeweld, aujourd’hui journaliste freelance, accorde une place importante à celui qu’il appelle même « l’espion du président ». Ludovic Chaker, 38 ans est un autre « chargé de mission à l’Elysée». Pendant la campagne, il a été le premier salarié d’En Marche, introduit par le conseiller Ismaël Emelien qu’il a rencontré lors d’un déplacement au Caire. Et c’est lui qui propose à toute la bande d’utiliser l’application cryptée Telegram alors peu connue et qui est toujours le moyen de communication préféré de la macronie. C’est également lui qui conseille l’embauche comme garde du corps d’un certain Alexandre Benalla

Disparition du coffre-fort de Benalla

A l’Elysée en juillet 2018, l’un de ses dossiers prioritaires sera justement l’affaire Benalla. En étudiant les fadettes des conseillers du palais, les policiers ont découvert que dans la nuit du 18 au 19 juillet 2018, après la publication de l’article du Monde qui déclenche l’affaire, Alexandre Benalla a certes échangé avec Ismaël Emelien, conseiller aujourd’hui parti de l’Elysée, mais également avec le chargé de mission. Dès le lendemain, c’est lui, Ludovic Chaker « qui va mettre à l’abri des journalistes (mais aussi des enquêteurs dans les jours qui suivent) la compagne de Benalla et leur bébé dans un appartement de l’avenue Foch appartenant à Pascale Jeannin-Perez, une proche d’Alexandre Djouhri. », lit-on. Marc Endeweld signale également que Ludovic Chaker aurait également joué un rôle dans la disparition du coffre-fort de Benalla. Volet sur lequel la justice a décidé de ne pas enquêter...

Ludovic Chaker était et est toujours attaché à Bernard Rogel, le chef d’état-major particulier du président de la République, lui-même chargé de faire le lien entre le chef de l’Etat et le chef d’Etat major des armées. Ludovic Chaker est donc « au cœur du cœur du régalien », comme l’explique à l’auteur du livre un haut fonctionnaire de la Défense. Nommer un chargé de mission à cet endroit est, rappelle Marc Endeweld « inédit sous la Ve République ». D’autant que Chaker n’est que militaire réserviste. Selon le mécanisme décrit à Marc Endeweld par un poids lourd du renseignement, Chaker ferait partie « d’un cabinet noir de 6 personnes, dans la continuité de la campagne. »

Profil à la Malotru

Dans les documents internes de la campagne, il se décrit comme un ancien militaire du 44e régiment d’infanterie. Un secret de polichinelle pour les initiés du renseignement : ce régiment permet, lit-on, de rattacher les militaires travaillant pour la DGSE, les services de renseignement extérieur. Chaker aurait donc bien été espion, spécialiste notamment de la Chine où il a vécu. Sur son C.V., on lit un parcours à la Malotru, le personnage de la série Le Bureau des légendes. Passionné d’art martial chinois, il obtient un diplôme en chinois mandarin à l’Inalco, dit Langues O’. Brillant étudiant, il obtient aussi un master en affaires publiques à Sciences Po Paris. En 2007, il est embauché par le consulat général de France à Shangaï.« Un de ces postes qui servent parfois de couverture », observe dans le livre le journaliste Frank Renaud. Souvent, Chaker disparaît sans que personne ne sache où il s’en va. Ensuite, il fait un passage à la mairie de Joué-Les-Tours, comme directeur de cabinet où il fréquente les proto réseaux macroniens sans que personne ne sache trop de quoi est fait son quotidien. Il travaille toujours à l'Elysée à l'heure actuelle en tant que chargé de mission.

*Le grand manipulateur, les réseaux secrets de Macron, Stock 350 p., 20,50 euros

Source : Marianne.net

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