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Sacrifice 11 05 2019

Quatre otages, dont deux Français enlevés la semaine dernière au Bénin, ont été libérés par une opération des Forces Spéciales dans la nuit du 9 à ce vendredi 10 mai. Les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, du commando Hubert, ont été tués lors de l'assaut. Dans cette région, le soutien aux groupes djihadistes monte en puissance.

Deux commandos marine français ont perdu la vie lors d’un assaut lancé dans la nuit du jeudi 9 à ce vendredi 10 mai, destiné à libérer deux otages enlevés la semaine dernière dans le parc national de la Pendjari, au nord du Bénin, non loin des frontières avec le Burkina Fasso et le Niger. Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello étaient tous deux membres du commando Hubert, basé à Saint-Mandrier. Cette unité de nageurs de combat constitue l’élite des commandos marine, un des fers de lance du Commandement des Opérations Spéciales (COS). Depuis cinq ans, les Forces Spéciales françaises de l’opération « Sabre » basées à Ouagadougou, au Burkina Faso, chassent les djihadistes sans relâche. Dans le cadre de l’opération « Barkhane », c'est à ces hommes que revient la traque quotidienne des GAT (Groupes Armés Terroristes).

Le 1er mai dernier, deux enseignants en vacances avaient disparu alors qu’ils effectuaient un safari dans cette immense région de forêts et de savanes, au relief très accidenté, difficilement contrôlable par les forces de sécurité. Une zone où existent des groupes criminels motivés par une rançon, mais où les réseaux de soutien aux groupes djihadistes se sont fortement développés depuis des mois, avec une multiplication des attaques au sud du Burkina Faso et à l’est du Niger. Le 2 mars 2018, une attaque de ces groupes en plein centre de Ouagadougou, où vingt-huit personnes avaient été tuées, était apparue comme une forme de défi à la France.

Très rapidement après la disparition des touristes, la mobilisation des agents du parc et de la police locale avait permis de découvrir un corps criblé de balles, identifié comme celui du guide, sur les berges de la rivière Pendjari. Le véhicule qui les transportait avait ensuite été découvert dans la commune de Partiaga, au Burkina Faso, à une soixantaine de kilomètres de la frontière. La décision d’intervenir rapidement pour libérer les otages peut être due à des renseignements sur leur possible acheminement par leurs ravisseurs vers le Mali. Dans un tel cas de figure, il est nécessaire d’éviter que les otages ne soient exfiltrés vers les sables du désert, malien, ou libyen, où la récupération aurait été beaucoup plus difficile. Il s’agit aussi de ne pas se laisser faire dans une zone où la présence française est forte. Le raid a visé un campement à proximité de Gorom-Gorom, dans l’angle nord-est entre le Mali, le Niger et le Burkina.

Cette opération de vive force s’est faite avec le concours des forces armées burkinabè, des moyens de Barkhane et du renseignement américain, notamment de leur drone « Reaper ». Depuis l’engagement en Afghanistan, les militaires du COS ont développé un très grand savoir-faire dans leur collaboration avec les FS américaines, notamment leurs homologues des SEAL.

La ministre de la Défense, Florence Parly, a salué « la mémoire des deux militaires des Forces Spéciales de l’opération Barkhane morts pour la France lors de la libération d’otages au Burkina Faso ». Le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, a précisé dans un communiqué que « cette libération d’otages, au prix de la vie de deux commandos marine, démontre la maîtrise technique des Forces Spéciales françaises et leur courage héroïque. L’action précise et déterminée des militaires français a permis de neutraliser les ravisseurs en préservant la vie des otages, au prix de la vie de nos deux camarades. Cette opération audacieuse a permis de sauver les quatre personnes retenues prisonnières sur le campement : les deux otages français ainsi qu’une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne. »

« J’admire leur courage, je partage la peine de leur famille et de leurs proches », a pour sa part déclaré l’amiral Prazuck, chef d’Etat-Major de la Marine, qui fut lui-même le commandant de la Forfusco (Force maritime des fusiliers-marins et commandos).

Éléments de portrait de ces deux héros

Le ministère de la Défense a communiqué différents éléments sur les deux officiers-mariniers du commando Hubert :

Né en 1986, le maître Cédric de Pierrepont est originaire du Morbihan. Il entre dans la Marine nationale en 2004, au sein des équipages de la flotte. Il intègre en 2005 la spécialité de fusilier marin et se distingue en terminant premier sur quarante-sept de son cours de Brevet élémentaire.

Un an et demi plus tard, il réussit le stage commando. Il est ensuite affecté au commando de Penfentenyo où il est promu au grade de second-maître et obtient son brevet d’aptitude technique fusilier marin-commando. En août 2012, il réussit le cours de nageur de combat puis rallie le commando Hubert. Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018.

Le maître de Pierrepont était pacsé. Il cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.

Il était titulaire de quatre citations (à l’ordre du régiment, de la brigade et de la division) avec attribution de la Croix de la Valeur Militaire et d’une citation à l’ordre de la Brigade avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale. Il était en outre décoré entre autres de la Médaille d’or de la défense nationale « Nageur de combat – Missions d’opérations extérieures » et de la médaille d’Outre-mer avec agrafes Sahel et Liban.

Le maître Alain Bertoncello, né en 1991, est originaire de Savoie. Il entrée dans la Marine nationale en rejoignant l’école de maistrance le 14 février 2011. Il choisit le 1er mars 2012 la spécialité de fusilier marin et réussit le stage commando la même année. Après 5 ans au commando Jaubert, il obtient le brevet de nageur de combat et rejoint le commando Hubert basé à Saint-Mandrier dans le Var, où il était affecté depuis juillet 2017.

Après son entrée au sein des commandos marine, le maître Bertoncello a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel  ; théâtre sur lequel il était engagé depuis le 30 mars dernier. Le maître Bertoncello était pacsé. Il cumulait plus de 7 ans de service au sein de la Marine nationale. Il était titulaire d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale et était décoré de la Médaille d’Outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la Médaille d’argent de la Défense nationale.

Depuis 2004, le commandement des opérations spéciales (COS) a perdu 29 commandos dont 7 appartenaient à la FORFUSCO (force maritime des fusiliers marins et commandos) dont l’état-major est basé à Lorient.

 

Source : Marianne.net

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