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Donc, ce n'est pas une « fake news », cette carte existe bien…

Carte Demandeur Asile 13 08 2019
Ce nouveau mode de versement, voulu par le ministère de l'Intérieur, a été expérimenté "avec succès" en Guyane,
souligne l'OFII DR

En septembre, la carte, sur laquelle est versée chaque mois l’allocation pour demandeurs d’asile (ADA), va passer d’un moyen de retrait d’argent liquide à une carte uniquement de paiement. Une modification qui ne plaît pas au milieu associatif.

L’Office français de l’immigration et de l’intégration a repoussé à l’automne l’entrée en vigueur d’une réforme de la carte bancaire des demandeurs d’asile, après une controverse suscitée par les acteurs sociaux qui y voient un moyen de "pourrir la vie" des nouveaux arrivants.

Annoncée au creux de l’été, le 23 juillet, par un courriel aux gestionnaires d’établissements d’accueil de migrants, la modification devait être une simple manipulation technique : la carte, sur laquelle est versée chaque mois l’allocation pour demandeurs d’asile (ADA), allait passer le 5 septembre d’un moyen de retrait d’argent liquide à une carte uniquement de paiement, sans que le montant de l’ADA ne change

Plus de 150.000 personnes concernées

Le milieu associatif et les établissements concernés, eux, y ont immédiatement perçu une manœuvre politique visant à décourager le recours à cette aide versée actuellement à 151.000 personnes, pour environ 42 millions d’euros mensuels, ainsi qu’une mesure qui va à l’encontre des besoins des demandeurs d’asile.

En premier lieu, ont dénoncé dès la fin juillet les associations qui regrettent l’absence de concertation, le nouveau fonctionnement avec 25 paiements mensuels autorisés (et 50 centimes par paiement facturés au-delà) risque de priver les utilisateurs de liquidités pour "les actes de la vie quotidienne", comme l’achat d’une baguette en boulangerie ou l’accès aux laveries. Depuis, la pression pour que l’OFII fasse machine arrière ne s’est pas relâchée.

L’organisme, sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, a annoncé lundi  avoir décalé au 5 novembre, soit de deux mois, la mise en place de la réforme, et donné "un délai supplémentaire aux opérateurs (…) pour qu’ils puissent équiper toutes les structures en terminal de paiement".

"L’ADA ne baisse pas, ça ne change rien sur le montant. Ça n’a aucun rapport avec des économies", a contesté Didier Leschi, directeur de l’OFII, qui explique plutôt la réforme par un constat pragmatique : "Les demandeurs d’asile sont en difficulté quand il leur reste moins de 10 euros sur la carte, car ils ne peuvent plus retirer. Or, pour certains, 9 euros ce n’est pas négligeable, ça peut faire 5% de l’allocation".

A combien se monte l’allocation ? 

Allouée uniquement pendant la procédure, l’ADA, seule aide perçue par les demandeurs d’asile, peut aller d’environ 7 euros par jour, soit quelque 200 euros par mois pour un célibataire, à plus de 400 euros pour un couple avec enfants. A cette difficulté, poursuit Didier Leschi, il faut ajouter le fait que la "manipulation d’argent liquide peut générer du racket".

Ce nouveau mode de versement, voulu par le ministère de l’Intérieur, a été expérimenté "avec succès" en Guyane, souligne l’OFII. Le report est toutefois insuffisant, balaye Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars), qui demande "la suspension nette" d’une "réforme dangereuse".

"C’est une réforme qui a pour objectif de pourrir la vie des gens", déplore encore le patron de la Fnars, un des organismes qui avait cosigné fin juillet un courrier à l’OFII dénonçant une "entrave à la libre disposition de l’allocation" qui "limite les possibilités d’accès à un mode de vie normal le temps de l’instruction" de la demande d’asile. Pour lui, c’est aussi un coup porté aux associations et structures gérant l’accueil, pour lesquelles ce changement va générer d’importants investissements et une réorganisation logistique.

Au moment où se profile un débat parlementaire potentiellement inflammable sur l’immigration à la rentrée et que l’on rencontre des problèmes de campements de rue, abonde Pierre Henry, directeur de l’association France terre d’asile, cela apparaît comme une "mesure technocratique à rebours des nécessités et de la réalité du terrain". La modification de cette carte n’est pas centrale, reconnaît-il, "mais elle incarne la loi de l’emmerdement maximum".

 

Source(s) : SudOuest.fr via Contributeur anonyme

 

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