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EPR 26 09 2019

Englué dans ses chantiers de Flamanville et en Grande-Bretagne, le groupe vient de publier un appel d’offres pour la construction de deux réacteurs en France, à Penly. Le gouvernement ne prendra pourtant pas de décision politique avant 2023…

La concomitance est déroutante. EDF vient de lancer un projet de construction de deux réacteurs nucléaires en France. Une première depuis celui de l’EPR de Flamanville, il y a quinze ans. Vendredi dernier, le groupe a publié au Journal Officiel de la commission européenne un appel d’offres pour « la réalisation du génie civil principal d'une paire d'unités de production d'électricité de type EPR 2 en France » comme le mentionne le document déniché par BFM Business. Il s’agit concrètement de la construction de tous les bâtiments d’une centrale avant qu’elle ne soit équipée du réacteur nucléaire en soi (cuve, générateur de vapeur…).

Un « top départ » qui intervient alors qu’EDF a annoncé hier un surcoût compris entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros pour ses EPR britanniques d’Hinkley Point. Et il y a deux mois, c’est un retard de trois ans - dix ans au total - qu’a accusé son EPR de Flamanville. Malgré la « bérézina » de ses deux chantiers, le groupe tente de lancer deux nouveaux réacteurs nucléaires, qui plus est en France.

EDF précise dans son appel d’offres que « la paire d'unités de production d'électricité de type EPR2 sera localisée sur un des sites nucléaires en exploitation en France ». Sans pour autant préciser quelle centrale actuelle serait susceptible d’accueillir deux nouveaux réacteurs. Mais selon plusieurs sources, le site qui est visé est celui de Penly, en Normandie. Entre trois et quatre candidats sont attendus sur ce projet. A priori les habituels spécialistes français des travaux publics, Vinci, Eiffage et Bouygues. Ce dernier étant sur les trois chantiers de Flamanville, Hinkley Point et le finlandais Olkiluoto.

EDF essaie de promouvoir son nouveau modèle « EPR 2 », dont le coût a été revu à la baisse. Grâce à ses optimisations à au retour d’expérience des chantiers de Flamanville et chinois de Taishan, le groupe vise un prix de production de l’électricité d’environ 70 euros par megawattheure pour une facture totale du chantier de l’ordre de 5 milliards d’euros. Des objectifs qui paraissent utopiques au regard des chantiers actuels. Le prix des deux EPR d’Hinkley atteignent déjà 13 milliards d’euros chacun quand celui de Flamanville est à 11 milliards d’euros…
Casse-tête pour le gouvernement.

Pour justifier son projet, EDF s’appuie sur la politique énergétique que le gouvernement a fixé en début d’année. La « PPE » ou programmation pluri-annuelle de l’énergie prévoit le démarrage de nouveaux réacteurs à partir de 2030 pour compenser la fermeture des centrales actuelles afin d’atteindre l’objectif de 50% de nucléaire dans la production électrique en 2035. « Si on veut être prêt pour cette date, il faut lancer le projet maintenant » justifie l’entreprise publique qui vise de commencer la construction en 2023.

Sauf que les calendriers d’EDF et de l’Etat s’entrechoquent. En février dernier, Emmanuel Macron avait annoncé que la décision de construire de nouveaux EPR serait prise « autour de 2022 ». Le ministre de l’Economie avait ajouté qu’il fallait attendre le démarrage de celui de Flamanville pour se décider. Et c’est là que tout dérape. L’EPR normand ne démarrera pas avant fin 2022, ce qui repousse de facto la décision politique à 2023, au plus tôt. EDF veut anticiper quitte à mettre l’Etat devant le fait accompli. De son côté, si Emmanuel Macron refuse ce projet, c’est l’articulation de sa politique énergétique qui s’effondre.

 

Source : BFMTV

 

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