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Toulouse 28 09 2019
Les fioles contenaient du radium 226, une substance utilisée dans certaines peintures pour peindre les cadrans des
avions.

Dans son rapport annuel présenté mercredi 25 septembre, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a révélé la présence de quatre fioles radioactives sur un des sites toulousains d'Airbus, à Colomiers. Une découverte permise grâce à une lettre anonyme. En plus de ce constat, l'organisme note une "détérioration de la qualité des opérations d'exploitation", au sein de la centrale nucléaire de Golfech.

C'est un dramatique accident qui a pu être évité. En février 2018, Airbus s'apprêtait à détruire un bâtiment sur le site Clément Ader d'Airbus Operations à Colomiers, lorsque l'avionneur reçoit une lettre anonyme, d'après les éléments fournis par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cet écrit lui indique la présence de fioles contenant des produits radioactifs cachées dans un pilier en béton du site. Airbus prend l'avertissement au sérieux et décide d'arrêter les travaux. Les ouvriers présents sur le chantier risquent alors une contamination. Le constructeur aéronautique prévient l'ASN qui se rend sur le site le 20 mars 2018.

Les indications données dans le courrier anonyme ont permis de trouver un fût en acier pris dans un pilier en béton. Quatre fioles étaient sciemment dissimulées dans un coffrage en plomb rempli de billes de plomb. Elles contenaient du radium 226, une substance "fortement radioactive" selon l'ASN.

"Le radium 226 était utilisé dans certaines peintures qui servaient pour peindre les cadrans des avions. C'est une substance interdite depuis les années 50", explique Hermine Durand, cheffe de la division de Bordeaux de l'ASN.

Pas de signalement à la justice

Les fioles ont été évacuées par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs en janvier 2019. Elles n'ont pas été dégradées, selon l'ASN. Si elles l'avaient été, de graves conséquences auraient eu lieu.

"Si les fioles avaient été cassées, contaminant ainsi le site, on aurait sans doute dû faire face à une situation d'urgence radiologique", a expliqué Hermine Durand.

L'ASN précise que "l'événement n'a pas eu de conséquence sur le personnel, le public ou l'environnement". Pour autant, l'incident a été classé au niveau 1 de l'échelle Ines qui en compte 8 (de 0 à 7). L'ASN a rédigé un avis d'incident mais n'a pas fait de signalement à la justice. "C'est à Airbus de le faire", a précisé Hermine Durand.

Un défaut "de surveillance en salle de commande" des réacteurs

Le dernier rapport de l'ASN révèle aussi une "détérioration de la qualité des opérations d'exploitation" de la centrale nucléaire de Golfech, située dans le Tarn-et-Garonne. L'organisme constate une augmentation du nombre d'incidents, depuis 2017. Ainsi, un défaut "de surveillance en salle de commande" des réacteurs qui a conduit à "de nombreux incidents" a été relevé. En 2018, l'ASN a noté quatre "événements significatifs pour la sûreté", classés au niveau un de l'échelle internationale de gravité des désastres atomiques, (Ines), dont un a d'ailleurs nécessité l'intervention de l'organisme. Sur l'année 2019, l'ASN a relevé un incident de niveau un sur l'échelle Ines.

Par ailleurs, l'ASN note "des défauts dans la préparation et la réalisation des activités à fort enjeu de radioprotection".

"Il y a eu des défauts de radioprotection, certains salariés ne portaient pas leurs dosimètres, ils ne pouvaient donc pas contrôler leur exposition au rayonnement ionisant", a révélé Hermine Durand.

L'organisme a notamment constaté un renouvellement important des effectifs au sein de la centrale. "La moitié des effectifs a été changée en cinq ans", précise-t-elle. La centrale de Golfech compte 739 salariés EDF et 200 prestataires. De plus, la centrale doit continuer à "améliorer sa capacité à détecter, analyser et traiter les écarts affectant ses installations". C'est-à-dire sur la capacité à détecter les anomalies et à les traiter. Une inspection renforcée, dite "de revue", sera effectuée sur le site du 14 au 18 octobre. Elle mobilisera une vingtaine d'inspecteurs de l'ASN.

 

Source : La Tribune

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