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Et ils ont aussi des délires pré-crimes... Bref, on est dedans... on vous a prévenu en novembre 2012 que ces technologies arrivaient... Est ce que cela a simplement intéréssé quelqu'un ? et maintenant ces technologies arrivent dans nos vies, pour le reste ils parlent plus précisément du Big-data, regardez les informations complémentaires en bas de page si c'est un terme qui vous est étranger.

REPORTAGE - À l’heure des réseaux sociaux et de la vidéosurveillance à grande échelle, savoir exploiter le flux numérique pour en tirer des informations est devenu un enjeu clé pour les services.

Webdrone. C’est le nom d’une petite société, située à deux pas de la Madeleine, à Paris. Elle emploie une poignée d’experts et d’ex-cybergendarmes qui passent le plus clair de leur temps à enquêter pour le compte de riches clients, victimes notamment de contrefaçon ou de campagnes de dénigrement sur internet. Ces privés travaillent à l’aide d’un e-drone ou drone virtuel, c’est-à-dire un algorithme sophistiqué qui permet de matérialiser des réseaux organisés sur la base des informations qu’il puise sur internet. Le programme cherche dans les pages, indexées ou non indexées, mais aussi dans le darknet, accessible essentiellement aux initiés qui en connaissent les chemins d’accès.

«On entre quelques éléments d’investigation, comme des pseudos ou des avatars et le système identifie toutes les traces numériques dans les trois couches du web et sur les réseaux sociaux», explique Hervé, l’un des piliers de l’équipe. On pourrait imaginer que seuls les acteurs du luxe ou de l’industrie pharmaceutique ont recours à ce type de services. Mais rien n’empêche des magistrats d’y recourir par le biais de l’expertise judiciaire. Le pli est déjà pris. En tout état de cause, l’investigation numérique se privatise en raison de la croissance exponentielle de la cybercriminalité. Les services de l’État s’intéressent de près à des outils automatisés comme ceux de Webdrone pour les aider à lutter contre ce fléau. Les activités de captation et d’analyse des flux numériques ont manifestement de beaux jours devant elles.

Débusquer des profils inquiétants

D’autres technologies se développent, même si elles alimentent bien des fantasmes. La police et la gendarmerie recourent ainsi à la reconnaissance faciale, pratique parfaitement légale dans les enquêtes pénales ou lorsque la sécurité nationale est en jeu. Les forces de l’ordre travaillent à partir du Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), qui contient les fiches de près de 19 millions de personnes mises en cause au fil des enquêtes et des plaintes, avec déjà 8 millions de photos associées.

À terme, Beauvau espère pouvoir consulter le Fichier des personnes recherchées (FPR, qui contient aussi les fichés S) à partir d’une simple photo, même prise sur le vif à l’occasion d’un contrôle dans la rue ou à la frontière. La tablette Neo, distribuée dans toutes les unités, pourrait servir de vecteur pour effectuer et diffuser les prises de vues à confronter à la base.

Face à l’urgence antiterroriste, après les attentats de 2015, les services de renseignement ont pu se procurer, pour leur part, des outils jusqu’alors inaccessibles. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a acheté des licences de la société américaine Palantir, géant du big data. Ses logiciels-phares, Gotham et Foundry, ont rencontré un vif succès. La CIA a porté ces projets et en retire aujourd’hui pleinement le bénéfice.

Gotham cartographie les réseaux criminels et terroristes en extrayant toutes les données numériques possibles. Pour chaque suspect, il dresse une fiche qui recense tout de sa vie et de son environnement traçable. Ce super traitement aide à débusquer, en quelques secondes, des profils inquiétants qui auraient sans doute échappé à la sagacité des agents. Les dossiers de travail se partagent et sont corrigés par les enquêteurs, en fonction de leur droit d’accès. Un pas vers la police prédictive, celle qui permet, en principe, d’intervenir avant la commission de l’acte, par une mise en relation des signaux les plus faibles ?

Foundry est davantage utilisé par les grandes sociétés privées. Il mouline si vite tant d’informations dans toutes les langues qu’il permet, par exemple, en un temps record, de détecter des pièces d’avion ou d’automobile défaillantes ou susceptibles de poser problème. L’esprit humain aurait mis des mois pour résoudre ces équations.

En toile de fond, il y a la relative impuissance des politiques publiques à réduire ­l’insécurité

Jean-Luc Besson, criminologue à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)

L’intelligence artificielle (IA) exerce une indéniable fascination. Elle entretient l’espoir de meilleurs résultats au ministère de l’Intérieur comme à la Chancellerie, sur des questions de tous les jours. Où et quand positionner sa patrouille pour être plus efficace contre les cambriolages ? Faut-il refuser telle visite à tel détenu, à tel homme violent de s’approcher de son ex ? En quoi, au fond, la machine peut-elle aider le policier ou le magistrat à prendre ses décisions plus rapides et plus sûres ? Réduire les risques par des calculs de probabilité basés sur une immense quantité de données, sans cesse rafraîchies, a de quoi faire rêver. Cette méthode fonctionne déjà outre-Atlantique, comme une assistance à la décision pour lutter contre la récidive. Le juge est cependant censé conserver totalement son libre arbitre.

En France, le débat sur ces nouveaux outils s’ouvre à peine. «En toile de fond, il y a la relative impuissance des politiques publiques à réduire l’insécurité», concède, Jean-Luc Besson, criminologue à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). La violence vient encore d’augmenter de +8% en un an. Le taux de résolution des vols avec effraction dépasse à peine un fait sur dix. La délinquance de masse asphyxie les tribunaux. Au TGI de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le parquet assurait récemment que sa cinquantaine de magistrats avait en charge 170.000 affaires. Plus de 3000 dossiers par magistrat ! Dans le même temps, l’ONDRP affirme que seulement 41% des victimes de vols avec violence et 32% des victimes de vols simples se déplacent auprès des autorités pour signaler le délit, tandis qu’un quart des victimes de cambriolage renonce à porter plainte.

Comment améliorer le rendement et vaincre la défiance qui s’installe chez le justiciable ? En Europe, l’Estonie expérimente une sorte de «juge robot» pour les litiges au préjudice inférieur à 7000 euros. Ses décisions sont susceptibles d’appel devant une cour humaine. L’objectif est de résorber le contentieux des affaires de faible gravité.

Plus spectaculaire encore, à Dubaï, pour parfaire l’accueil dans les commissariats, la police teste une version modifiée du robot autonome humanoïde Reem, de Pal Robotics. Il comprend neuf langues, transmet les plaintes, peut effectuer une surveillance vidéo et utilise la reconnaissance faciale. Cet émirat espère voir les robots composer un quart de ses «effectifs» de police d’ici à 2030.

Robotisation des tâches

La France ne s’engagera évidemment pas dans cette voie. Les Robocops y sont mal vus. Quant à augmenter la productivité judiciaire par des machines, est-ce bien raisonnable au pays des droits de l’homme ? «Nous rendons des décisions à tour de bras, rappelle un haut magistrat. Le problème, c’est que beaucoup ne sont pas exécutées, ce qui rend déjà notre justice en partie virtuelle.»

Le mouvement de robotisation des tâches est cependant inéluctable. Les caméras, par exemple, ont envahi l’espace public. «L’augmentation des flux de personnes sur la voie publique réclame une augmentation des capacités de contrôle qui ne peut être assumée uniquement par les moyens humains», estime Jean-Luc Besson. L’œil ne peut détecter une situation atypique au-delà de huit flux vidéo simultanés. Qui peut assurer le tri des images, si ce n’est une intelligence nourrie aux algorithmes ?

En Chine, la police est en mesure de localiser, en 7 minutes, n’importe qui sur le territoire grâce à un maillage vidéo reposant sur 170 millions de caméras dites «intelligentes». La société chinoise LLVision a développé, de son côté, des lunettes à reconnaissance faciale qui permettent aux agents qui les portent de confondre des délinquants croisés en chemin. L’image est confrontée en 100 millisecondes à une base de données de 10.000 suspects. Un simple test effectué en gare de Zhengzhou (700 km au sud de Pékin) a permis, en un rien de temps, d’arrêter vingt-six usurpateurs d’identité et de retrouver sept personnes recherchées.

Une révolution numérique en marche pour la sécurité

Jusqu’où ira l’apport de l’IA à la sécurité du quotidien ? Aux USA, pour tenter de prédire l’activité criminelle dans une rue, des expériences ont été menées à San Francisco à partir du flux d’informations de Twitter. La machine analyse ainsi la sémantique de tweets géolocalisés en temps réel. Société de vigilance ou de surveillance ?

«Un ordinateur, un œil électronique, des lignes de programme, ne remplaceront jamais le bon vieux flair du policier ni l’expérience du terrain», met en garde un commissaire chevronné de PJ. Lui, dit redouter «une forme de déresponsabilisation des enquêteurs, trop dépendants des machines». Il n’empêche que la révolution numérique est en marche. Elle a bouleversé les modes de communication et d’action du public. Elle impose aux forces de sécurité de suivre le mouvement.

 

Source(s) : Le Figaro.fr via Contributeur anonyme

 

Informations complémentaires :

Videosurveillance 07 02 2020
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