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Les repreneurs d’une usine vieille de près de 200 ans en Seine-et-Marne seraient parvenus à vider les caisses en quelques mois avant de la fermer, malgré des millions d’aides versées par l’État. Plus de 200 salariés sont au chômage.

Arjowings 11 02 2020

Les repreneurs d’une usine vieille de près de 200 ans en Seine-et-Marne seraient parvenus à vider les caisses en quelques mois avant de la fermer, malgré des millions d’aides versées par l’État. Plus de 200 salariés sont au chômage.

« De toute ma vie, je n'ai jamais vu de cas où le pillage d'une société était aussi caricatural. » Celui qui parle n'est pas syndicaliste mais avocat. M e Michel Henry défend aux prud'hommes de Meaux (Seine-et-Marne) 104 des 220 salariés qui se sont retrouvés du jour au lendemain au chômage. Des salariés qui attaquent leur ancien patron pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse ».

Ils travaillaient tous à la papeterie ArjoWiggins Security de Jouy-sur-Morin, en Seine-et-Marne. Le lieu est joli. L'usine, qui a été construite en 1828, se trouve au bord d'une sautillante rivière, le Morin, qui donne à cette vallée de faux airs de montagne.

Les procédures ont été ouvertes il y a un an. Les salariés demandent en moyenne une indemnité de deux ans de salaire. « Je vais encore plaider cette semaine (ce mercredi 12 février) pour un salarié. Mais dans la plupart des dossiers, les conseillers prud'homaux n'arrivent pas à se mettre d'accord. Ils vont devoir être réexaminés par un magistrat professionnel. » En attendant, depuis la liquidation judiciaire de l'entreprise en janvier 2019, les salariés ne touchent que le chômage. Pas de plan social qui donne droit à des indemnités, pas de propositions de reconversion, rien.

Récit d'un naufrage

ArjoWiggins Security, c'est l'histoire d'un naufrage en vitesse accélérée. La société fabriquait du papier sécurisé pour les billets de la banque de France, les cartes grises et permis de conduire. Elle avait pour clients l'Etat français et pléthore de banques centrales étrangères.

Mais le secteur du papier s'effondre. « Depuis 2012, on observe un effet ciseaux. Le prix des matières premières augmente alors que la demande est structurellement en repli », observe-t-on à la Banque publique d'investissement (BPI). L'établissement public, détenu à parts égales par l'Etat et la Caisse des dépôts, connaît bien cette papeterie pour être entré dans le capital de Sequana, la maison mère d'ArjoWiggins, en 2012 à hauteur de 15 %. Elle a fait mieux que ça, en lui prêtant une grosse somme d'argent.

 

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Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Un repreneur scandinave pour Arjowiggins contre... 32 millions d'€uros de financements publics...

 

 

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