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C’est l’effort qui a été demandé à la femme d’un ami, qui est sage-femme, ici en Essonne. L’hôpital lui a demandé de venir. Le souci, c’est que son mari a une santé précaire à cause de l’amiante. Bref, beaucoup de Français n’ont pas le choix, aussi il faut respecter cela en restant chez nous confiné, afin que leurs efforts portent leurs fruits.

COVID IDF 26 03 2020
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 25 mars, dans le service de réanimation de la clinique Ambroise Paré, qui accueille
des patients atteints du Covid-19. LP/Philippe de Poulpiquet

L'image est glaçante. « J'ai vu ce mercredi un camion frigorifique se garer devant l'hôpital. Il est là pour pouvoir stocker les cadavres, au cas où la morgue de l'établissement n'aurait plus la place suffisante pour les accueillir. Espérons que cela ne sera pas nécessaire », lâche, sous couvert de l'anonymat, un praticien hospitalier travaillant en Ile-de-France. « Lorsqu'une personne meurt, la famille n'a que quelques minutes pour voir le corps. On lui demande juste quel costume doit porter le défunt, et on leur dit de partir. C'est très dur », ajoute-t-il, désemparé.

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Ce terrible récit rappelle ceux des pompes funèbres débordées lors de la canicule de 2003, et résume à lui seul la situation à laquelle l'Ile-de-France, après la région Grand-Est, doit désormais faire face en pleine épidémie de Covid-19. La « vague » arrive. Personne ne peut en prévoir la hauteur, mais elle pourrait être terrible. « La situation est déjà critique, a prévenu mercredi 25 mars au matin sur France Info Martin Hirsch, le patron de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), immense navire de 39 établissements en Ile-de-France. Il a fait état de l'effort « surhumain » des personnels.

« Courage, tenez bon »

Le ton grave, Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, a parlé dans la soirée d'une « aggravation rapide » au niveau national. « Les prochains jours vont être particulièrement difficiles », a-t-il prévenu. « Il y aura des drames ». Il évoque « 2827 cas graves, en réanimation, ce qui est exceptionnel. Un tiers d'entre eux ont moins de 60 ans ». Et la région parisienne, qui compte à elle seule un millier de personnes hospitalisées en réanimation, est maintenant la plus exposée en nombre de cas. « Je n'arrive pas à trouver de place en réa pour un patient d'une cinquantaine d'années seulement. Tout le sud francilien est saturé », assure, d'une voix inquiète, un autre praticien.

Les médecins franciliens ont toutefois pu bénéficier des précieux témoignages de leurs collègues du Grand Est, débordés par la vague épidémique avant eux. « La région parisienne a pu apprendre grâce à nous, et c'est tant mieux. Il y a eu beaucoup de contacts entre les équipes médicales, beaucoup de dialogue », souligne Jean Rottner, président (LR) de la région Grand-Est, qui est aussi médecin urgentiste à Mulhouse (Haut-Rhin). Avant de lancer à ses collègues : « Courage, tenez bon ! Ça ne va pas être simple… »

Pas question, jurent les soignants, de s'avouer battus. « Même si elle compte 11 millions d'habitants, la région parisienne dispose d'une offre de soins très importante, en termes de CHU et de CH. Il nous reste de la marge pour répondre aux besoins de la population », nous explique le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la société française de médecine d'urgence. « Et si nécessaire, l'entraide interrégionale s'organise. Nous avons envoyé déjà des premiers malades franciliens sur le CHU de Rouen. D'autres pourraient suivre », ajoute-t-elle.

« Et on n'est pas encore au pic »

Rémi Salomon, haut responsable de l'AP-HP, dont il préside la commission médicale d'établissement, est catégorique : « Le nombre de patients ne cesse d'augmenter et nous ne sommes pas au pic de l'épidémie », souffle ce médecin. « Je vais être clair et direct : il nous reste encore de la place dans nos hôpitaux, mais avec une visibilité à très court terme. Nous devons ouvrir plus de lits mais, pour cela, nous avons besoin de personnels soignants. »

Le professeur Salomon en appelle aux étudiants en école de médecine ou d'infirmier, aux retraités, mais aussi aux médecins de l'industrie pharmaceutique avec laquelle il a eu un contact ce mercredi matin. Son objectif : éviter ainsi que la situation en Ile-de-France ne passe de « compliquée à critique », comme en Italie du Nord, où tous les patients ne peuvent plus être pris en charge.

 

Source : Le Parisien.fr

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