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Mesures 22 05 2020
L'économie française est encore loin d'être tirée d'affaire après la fin du confinement.
Andreas Arnold / DPA / dpa Picture-Alliance

Les Français remettent le nez dehors, mais, déjà, la peur de la crise économique hante les esprits. Des mesures chocs mais réalistes s’imposent pour relancer la machine. A activer d’urgence.

Cet article est à retrouver dans le magazine n°1210 en kiosques cette semaine "La France est-elle foutue ?", disponible en ligne pour seulement 1,99 euros.

Inévitable, la crise économique ? Les deux mois de confinement ont mis l'économie française en hibernation : l'activité a chuté de 27% en avril, selon une estimation de la Banque de France. Le recours massif au chômage partiel (8,6 millions de salariés en avril) a permis d'éviter une vague de suppressions d'emplois, les entreprises ayant vu tout ou partie de leur masse salariale prise en charge par l'Etat. Mais cet équilibre précaire menace désormais de s'écrouler, alors qu'une deuxième vague de malades du Covid-19 menace et que de nombreux commerces restent fermés. Doper le pouvoir d'achat, flécher l'épargne... des mesures d'urgence s'imposent pour éviter l'effondrement.

Poursuivre le soutien des produits alimentaires français

Il aura fallu une crise sanitaire sans précédent pour que le gouvernement, par la voix de son ministre de l’Economie et des Finances, appelle la grande distribution à faire preuve de « patriotisme économique ». « J’appelle les grands distributeurs à un nouvel effort : approvisionnez-vous en produits français », a lancé Bruno Le Maire le 24 mars. Il s’agissait alors d’offrir des débouchés aux agriculteurs pénalisés par la fermeture des cantines, des restaurants et de certains marchés. Il faut reconnaître à la grande distribution le mérite de s’être pliée à l’exigence gouvernementale. Dans un bel élan, elle s’est engagée à donner la préférence à l’origine France des fruits, des légumes, des viandes, des fromages et des produits de la pêche vendus. « Les produits étrangers qui sont présents en rayon seront écoulés, mais après il n’y aura pas d’approvisionnement hors de France », a assuré la Fédération du commerce et de la distribution (FDC).

Seulement voilà, dès le début du mois de mai, on a vu réapparaître dans les rayons des fruits et légumes hors saison importés du bout du monde. Un paradoxe à l’heure où nos champs regorgent de primeurs. Et un double discours de la part des enseignes qui continuent de se donner des airs de commerçants solidaires. Raison de plus pour réaffirmer la nécessité de reprendre durablement le contrôle de notre alimentation. Et se donner les instruments d’une souveraineté alimentaire solide face aux crises qui pourraient surgir. Ou resurgir.

Distribuer des chèques « made in France »

Et si l’Etat mettait en place des chèques, ou pourquoi pas des cartes de paiement comme celles que propose l’entrepreneur Charles Huet, valables sur du made in France  ? Trop beau pour être vrai  ? « Y a pas d’argent magique », comme disait Emmanuel Macron à une soignante avant la crise sanitaire. Sans doute, mais il existe en revanche des idées merveilleuses. Comme celle qui a été popularisée en France par l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran et qu’on appelle « drone monétaire », ou « helicopter money » en anglais. Cette stratégie inédite consiste à faire distribuer par la banque centrale de la monnaie directement aux citoyens au lieu de passer par le canal des banques commerciales classiques – celles des guichets pour faire simple.

Au lieu de s’évaporer dans les hautes sphères financières et boursières, la liquidité ainsi créée tomberait directement dans la poche du citoyen et pourrait se répercuter en achat de manière à créer des emplois. Le bon cercle vertueux d’une économie « normale ». En pratique : l’économiste précitée pense à un chèque de 120 à 140€ par mois et par tête de pipe dans toute la zone euro. Pour éviter de voir le chèque s’assoupir sur un compte en banque, elle a imaginé deux mécanismes : l’un ferait fondre les euros comme neige au soleil histoire d’aller vite les dépenser ; l’autre obligerait à dépenser son argent dans un rayon de 100 km.

Aides d'Etat : soutenir le privé… sous condition

Cette fois-ci, l’Etat ne doit pas se faire avoir. En effet, en 2008, selon la bonne vieille formule, il « socialisa les pertes », sans pour autant que le secteur privé devienne plus vertueux ensuite. Optimisation fiscale, délocalisation, licenciement boursier et tout le toutim. D’où l’importance de conditionner les milliards d’euros d’aides publiques aux respects de critères fiscaux et environnementaux. D’abord par l’interdiction d’aides aux entreprises ayant des filiales dans les paradis fiscaux… et pas seulement les 13 pays exotiques officiels (Anguilla, Bahamas, Fidji…). Non, la liste devrait inclure les temples de l’optimisation fiscale bien connus de l’UE comme l’Irlande, les Pays-Bas, Malte, Chypre ou le Luxembourg. Sans oublier d’autres gros poissons, comme la Suisse et Singapour, qui échappent également aux mailles françaises.

Présent dans ces pays, Renault vient pourtant de bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 5 milliards d’euros… Preuve que le chemin est encore long. Enfin, pas question non plus de signer un chèque sans prendre en considération la dimension écologique. « Il faut instaurer une conditionnalité environnementale aux aides de l’Etat », demande la porte-parole d’EELV Eva Sas. Elle propose notamment de donner la possibilité aux entreprises « de rembourser les emprunts qu’elles ont contractés auprès de la puissance publique en tonnes équivalent carbone évitées ». Original.

Lancer un grand emprunt national

Pour financer son plan d’urgence, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, va se tourner vers les marchés financiers internationaux. Pour payer son plan hôpital, le ministre de la Santé, Olivier Véran, fera la même chose. Après tout, pourquoi s’en priver  ? La City, Wall Street et l’ensemble des principales Bourses mondiales prêtent les yeux fermés au Trésor français et sans la moindre gourmandise : 0,05% d’intérêt sur douze ans.

Un grand emprunt national à destination de tous les Français – par exemple à 2% d’intérêt – coûterait donc plus cher aux finances publiques mais présenterait deux intérêts majeurs. D’abord, les créanciers (épargnants) et le débiteur (Etat) vivraient sous le même toit, la France. La République devrait de l’argent… à ses citoyens. Et puis, surtout, les emprunts patriotiques fédèrent les bas de laine autour d’un projet porteur, utile au redressement du pays. En l’espèce, l’argent récolté pourrait aller aux hôpitaux ou à la rénovation thermique des bâtiments publics au nom de l’écologie. Adolphe Thiers, au lendemain de la défaite de Sedan, mais aussi René Pleven, à la Libération, ou encore Antoine Pinay, après la crise institutionnelle de 1958, exhortent leurs concitoyens à souscrire avec des trémolos dans la voix. Et l’argent afflue.

Flécher l’épargne vers les PME

Faute de pouvoir consommer comme ils le souhaitaient durant le confinement, les Français auraient accumulé environ 55 milliards d’euros d’épargne supplémentaire en deux mois, estime l’OFCE. Bercy pense même que cette somme sera portée à 100 milliards d’euros d’ici à septembre. Voilà qui viendrait renflouer l’épargne déjà conséquente des Français, avec notamment plus de 1700 milliards d’euros placés en assurance vie, et 600 milliards sur leurs comptes courants à la fin de 2019, selon la Banque de France. Une épargne dont il est communément admis qu’elle pourrait être mieux orientée vers le financement de l’économie réelle.

Or, en ces temps de crise profonde pour le tissu de PME français, mobiliser cette manne financière devient un enjeu crucial. Un écueil à éviter : ne pas faire peser de risque sur les épargnants, comme cela a été fait jadis avec les contrats d’assurance vie DSK ou NSK (Nicolas Sarkozy), qui n’ont jamais réussi à convaincre des épargnants frileux à l’idée de se jeter dans le grand bain des marchés. Autrement dit, ce serait aux banques, aux assureurs ou aux pouvoirs publics de prendre en charge tout ou partie des pertes potentielles des PME financées. Le président LR de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Woerth, a déjà proposé que le surcroît d’épargne vienne abonder un « livret C », sorte de livret A coronavirus, qui serait fléché vers un plan d’investissement pour accélérer la reprise. A creuser.

Augmenter les salaires des premiers de corvée

Les citoyens les ont loués, applaudis avec gratitude, lorsqu’ils ont eu conscience que, sans leurs soignants, leurs enseignants, leurs éboueurs, le pays aurait sombré dans le chaos du Covid-19. Cette leçon reçue, il faut plus qu’un « Ségur » qui, leur promet-on, bonifiera les traitements des personnels de santé. Le gouvernement comme les collectivités territoriales doivent revaloriser, à hauteur de leur utilité sociale, les carrières et les salaires de leurs fonctionnaires. Professeurs, agents de catégorie C des prisons, des services sociaux, des services d’entretien doivent être rémunérés pour rejoindre le haut du panier européen…

Le Smic aussi mérite un gros coup de pouce, surtout quand l’entreprise dégage de plantureux profits. « La balle est dans votre camp ! Ce n’est pas l’Etat qui va augmenter les salaires ! », a d’ailleurs répondu la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à cette ingénue question de Denis Machuel, directeur général de Sodexo : « Comment valoriser les métiers longtemps dévalorisés ? »

Privilégier le local dans les commandes publiques

Réserver les marchés publics aux entreprises du coin  ? Sur le papier  : impossible. Libre concurrence, notamment européenne, oblige. La logique du « toujours moins cher » doit se déployer sans entrave. A l’heure où l’Etat sort son portefeuille pour sauver l’économie, l’impératif de l’emploi local doit prendre le dessus. Les citoyens en mal de made in France le disent à longueur de sondages. Si la clause Molière, qui imposait la maîtrise du français sur les chantiers du BTP, a fait long feu, d’autres stratégies ont réussi. Ainsi de la loi Localim de 2016, qui permet aux cantines scolaires de se fournir localement… au prix de moult pirouettes juridiques. L’Etat pourrait imposer dans les appels d’offres publics des critères sur les émissions de carbone et les conditions sociales des travailleurs. Une manière habile de réduire le dumping écologique et salarial et d’assurer la compétitivité des entreprises locales.

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Source : Marianne.net
 
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