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Une précarité accrue par le coronavirus : au Blanc-Mesnil, nous avons recueilli les paroles de clients déjà affectés par les difficultés économiques liées à la crise du Covid-19 ou qui redoutent de rejoindre les rangs des chômeurs.

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Aldi 25 05 2020
Beaucoup des personnes croisées devant ce magasin Aldi du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) sont sans emploi ou au
chômage partiel, ou craignent d’être licenciées.  LP/Philippe Lavieille

A l'entrée d'Aldi, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), près de la gare RER, une affiche promet « la meilleure qualité au meilleur prix », tandis que, de l'autre côté de la rue, un panneau pour Maison Dépôt annonce une « liquidation avant fermeture définitive ». Un retraité sort du magasin avec des rouleaux d'essuie-tout, un autre le panier rempli de nourriture pour chien. Une jeune mère repart, bredouille : les trottinettes mises en vente en ce jour de semaine sont « parties comme des petits pains ».

Entre chômage, chômage partiel ou peur d'un licenciement, beaucoup de clients croisés témoignent de difficultés financières ou d'une précarité accrue par les conséquences économiques de la crise du coronavirus.

«On ne paie plus le loyer, c'est trop difficile.»

Client Bis
Lydie une habitante de Drancy qui travaille dans la restauration, est sans emploi depuis deux mois./LP/P. Lavieille 

Devant ce supermarché hard-discount, une habitante de Drancy, Lydie, montre son chariot d'un air désolé. « A peine quelques gâteaux pour le goûter, de l'huile, du sirop, des chips, même pas de poisson ou de viande, et on en a quand même pour 50 euros », critique cette intérimaire dans la restauration, sans emploi depuis deux mois.

« Partout, les prix ont augmenté », juge cette mère de trois enfants, qui ne compte plus depuis mars que sur l'allocation adulte handicapé de son mari pour nourrir la famille. « On ne paie plus le loyer, c'est trop difficile », lâche-t-elle.

Raouia, elle, a vu son CDD de chef d'équipe à l'aéroport de Roissy stoppé net avant son terme, et devrait normalement percevoir le chômage à partir de ce mois-ci. « Seuls les CDI ont eu droit au chômage partiel, croit-elle savoir, nous rien, les patrons ne voient pas les conséquences de leurs décisions. »

«On laisse tomber le superficiel»

Venue avec son mari, Marina, pour sa part, en est sûre : bientôt, elle aussi sera touchée par la crise car la grosse foncière pour laquelle elle travaille, et qui emploie 1200 salariés, « va licencier ». Alors dans le doute, le couple épargne et concentre ses achats « sur les besoins de la maison et du jardin, on laisse tomber le superficiel. »

Gestionnaire en assurance actuellement en congé parental, Aziza, 35 ans, a vu bondir sa facture alimentaire depuis le confinement. « Avec trois enfants à la maison, on est passés de 450 euros avant à 800 euros aujourd'hui », s'alarme celle qui a récemment abandonné l'enseigne « Carrefour pour Leclerc, et maintenant à Aldi, en général, pour un petit plein de dépannage avec des surgelés, des yaourts, etc., j'en ai pour 40 euros, contre 55 euros chez Leclerc. »

Alexandra, une Portugaise installée en France depuis 2015, vient elle aussi régulièrement se ravitailler ici. Depuis que le restaurant qui l'emploie a fermé, cette cuisinière est au chômage partiel et ses revenus ont chuté au total de 450 euros par mois. Dans un sourire à la fois tendre et gêné, cette mère de deux enfants le reconnaît : « Heureusement, ma famille m'aide depuis le Portugal. »

 

Source : Le Parisien.fr

 

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Confinement : pourquoi votre budget courses alimentaires explose (Le Parisien)

 

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