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Ça en devient même grotesque, c'est sûr qu'en ayant fait autant d'études, il est facile de balader pendant 8 h de pauvres policiers partagés entre leur devoir de mission et leur hiérarchie... Mais ils représentent le peuple, ils ne devraient pas l'oublier. En attendant, comme vous pouvez le noter, toujours pas de juge dans l'affaire Bettencourt...

par Thierry Lévêque et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le ministre du Travail Eric Woerth a nié toute infraction devant la brigade financière qui l'a entendu comme témoin une partie de la journée de jeudi dans l'enquête sur la fortune de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Entamé avant 9h00, l'interrogatoire organisé au ministère du Travail s'est achevé vers 16h00, avec une pause-déjeuner, a dit son avocat Jean-Yves Leborgne. Il n'y a eu ni perquisition ni confrontation.

Le député Vert Noël Mamère et Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS à la justice, ont vu dans cette audition au ministère, et non dans les locaux de la police, une "mise en scène".

"On assiste à une vaste opération de mise en scène pour ce qui concerne M. Woerth et surtout, avec M. Courroye (ndr: procureur de Nanterre), à une opération qui consiste à gagner du temps pour que la vérité ne soit pas faite", a estimé Noël Mamère sur LCI.

"On est dans un spectacle inimaginable et exceptionnel", a renchéri sur la même chaîne Marie-Pierre de la Gontrie.

Les deux élus ont souhaité à nouveau la nomination d'un juge d'instruction indépendant du parquet.

Ex-ministre du Budget, Eric Woerth a nié être intervenu pour favoriser l'embauche en novembre 2007 de son épouse Florence chez le gestionnaire de la fortune Bettencourt, a rapporté aux journalistes Me Leborgne, qui ne pouvait procéduralement assister à l'audition.

Le ministre a aussi nié devant les enquêteurs toute opération de financement illégal de l'UMP, dont il était le trésorier, ou de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a précisé l'avocat.

"Je compte sur vous pour que ces illusions, ces allégations, ces mensonges qui ont nourri une chronique pendant trop longtemps aient un terme", a-t-il dit aux journalistes.

"Je pense que la justice (...) dira que les explications d'Eric Woerth le mettent complètement en dehors de la polémique", a conclu l'avocat.

Aucune poursuite ne peut être décidée dans l'immédiat dans le cadre actuel d'une enquête préliminaire sous contrôle du parquet, sauf désignation d'un juge d'instruction, option écartée pour l'instant par le procureur Philippe Courroye.

Michèle Alliot-Marie, dans une tribune au Monde, rejette les critiques contre le procureur mais le principal syndicat de magistrats a de nouveau demandé la désignation d'un juge indépendant.

UNE RENCONTRE EN 2007 AVEC DE MAISTRE

Le président Nicolas Sarkozy soutient Eric Woerth pour qu'il mène à son terme la réforme des retraites jusqu'à l'échéance prévue d'octobre, mais le sort qui lui sera réservé lors du remaniement gouvernemental consécutif est incertain.

Le parquet pourrait statuer d'ici là sur le sort de quatre enquêtes préliminaires portant sur les enregistrements clandestins de Liliane Bettencourt, 17e fortune mondiale, qui ont fait apparaître de nombreux soupçons.

La police a entendu la semaine dernière Florence Woerth, embauchée en novembre 2007 pour 200.000 euros par an par Clymène, société dirigée par Patrice de Maistre. Eric Woerth avait été nommé ministre du Budget six mois auparavant.

Patrice de Maistre, qui explique sur les enregistrements clandestins avoir embauché Florence Woerth à la demande de son mari, a déclaré devant la police que le ministre lui avait demandé de voir sa femme pour "la conseiller sur sa carrière".

Eric Woerth reconnaît l'existence d'un conversation mais la décrit différemment, précise Me Leborgne. "Dans une conversation banale, il avait pu évoquer la profession de son épouse avec M. de Maistre compte tenu de la formation à peu près semblable de l'un et de l'autre", a dit l'avocat.

Patrice de Maistre a reçu des mains d'Eric Woerth la Légion d'honneur en janvier 2008. Le gestionnaire de fortune remettait au moins depuis 2006 à Eric Woerth, trésorier de l'UMP, des chèques de Liliane Bettencourt au titre du financement légal du parti majoritaire.

La fortune Bettencourt ne semble avoir fait l'objet d'aucune vérification fiscale depuis de longues années.

Le ministre a contesté par ailleurs devant les policiers le récit de l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt Claire Thibout. Selon elle, Patrice de Maistre avait dit début 2007 avoir remis 150.000 euros en espèces à Eric Woerth pour la campagne de Nicolas Sarkozy.

Les agendas saisis montrent l'existence d'une rencontre entre Patrice de Maistre et Eric Woerth le 19 janvier 2007.

La rencontre a existé mais elle n'a pas porté sur le versement d'espèces, a dit le ministre à la police.

"C'était dans le cadre d'une rencontre banale dont il ne faut tirer aucun conséquence. On était dans les débuts de la campagne présidentielle. M. de Maistre souhaitait y participer, Eric Woerth était de ceux qui animaient cette campagne. Il était dans son rôle de recevoir et d'échanger avec ceux qui voulaient l'aider dans son action politique", a expliqué l'avocat.

Edité par Sophie Louet

Source : Reuters

Informations complémentaires :

Le Progres.fr : Affaire Bettencourt : Eric Woerth se lave de tout soupçon
Le Télégramme.com :
Woerth récuse tous les soupçons
Le Echos.fr :
Affaire Bettencourt : auditionné hier, Eric Woerth a nié en bloc

 

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