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Police

Mais au fait pendant ce temps ? Ont-ils nommé un juge dans l'affaire Bettencourt ?... Je ne pense pas !

PARIS (Reuters) - L'opposition, mais aussi des voix à droite, accusent Nicolas Sarkozy de mettre en danger l'unité de la Nation avec ses propositions anti-délinquance, à des fins d'électoralisme et de diversion.

Depuis que le président de la République a menacé vendredi de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère portant atteinte à un membre des forces de l'ordre, les critiques n'ont pas de cesse contre ce que la gauche assimile à une dérive droitière.

Taxé de "dérive antirépublicaine" par la dirigeante socialiste Martine Aubry, l'exécutif, par la voix de Christian Estrosi, a accusé lundi le premier secrétaire du PS de "non-assistance à personnes en danger".

"Les socialistes veulent rester enfermés dans leur tranquille naïveté, comme au bon vieux temps de Jospin...", déclare le ministre de l'Industrie dans France Soir.

Le dirigeant centriste du MoDem, François Bayrou, a joint sa voix à ceux qui dénoncent un amalgame scandaleux entre immigration et délinquance en accusant Nicolas Sarkozy de manier des "sujets dangereux pour la France".

"Il s'agit de provoquer une polémique parce que la polémique est le meilleur moyen de faire de la communication, de ressouder ce qu'on croit être son camp autour de soi lorsque les sondages fléchissent", a-t-il estimé sur Europe 1.

"Autant il est juste et légitime et nécessaire d'avoir en matière de sécurité une démarche intransigeante, forte et juste, autant essayer de tracer un signe égal entre immigration et insécurité, entre immigration et délinquance, c'est rendre au pays un très mauvais service", a-t-il souligné.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, est allé dimanche plus loin que le chef de l'Etat en proposant d'étendre les possibilités de déchéance de nationalité à l'excision, la traite d'êtres humains et la "délinquance grave".

"ÉCRAN DE FUMÉE"

Dans un message posté lundi sur son blog, l'eurodéputé socialiste Harlem Désir regrette un discours qui "fait mal à la France" et cherche, selon lui, à reconquérir l'électorat du Front national en vue de l'élection présidentielle de 2012.

"La concurrence désormais ouverte avec le Front National conduit Nicolas Sarkozy à sombrer dans le pire des registres: le populisme le plus brutal et le plus nauséabond", écrit l'ancien président de SOS Racisme.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale chargée des questions de société au PS, Nicolas Sarkozy ressuscite un discours vichyste.

"En tendant la main toujours plus nettement à l'extrême droite, et en allant même beaucoup plus loin, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait: il ne compte pas seulement sur l'amnésie des Français, il l'exploite", dit dans un communiqué l'ancienne porte-parole de campagne de Ségolène Royal.

Christophe Borgel, porte-parole du PS, se défend toutefois de vouloir entretenir une nouvelle controverse.

"Cette volonté d'avoir une polémique au mois d'août vise aussi à masquer des affaires qui ont occupé le mois de juillet", a-t-il dit lors du point de presse hebdomadaire du parti, en référence à l'affaire Woerth-Bettencourt.

"Nous ne sommes pas dupes, il s'agit d'un écran de fumée, de la recherche d'un élément électoral vis-à-vis d'un électorat de droite et du Front national", a-t-il commenté.

Jugement alarmiste également de la part de l'ancien ministre socialiste de la Justice Robert Badinter, qui dresse un parallèle entre le pouvoir en place et "des régimes qui d'un seul coup se penchent vers l'origine des citoyens, des justiciables". "Ceux-là on les connaît dans l'Histoire", a-t-il dit sur France Inter.

"L'article premier de la Constitution dit que (...) la France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine", a-t-il rappelé.

Même à droite, l'inquiétude s'exprime.

L'ancienne ministre de François Fillon Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, a mis en garde contre "une véritable explosion entre deux France".

"Répondre par la stigmatisation et la peur n'est pas la solution, on aboutira à une véritable explosion entre deux France", a-t-elle déclaré sur i>Télé.

Hervé Novelli a affirmé, sur RTL, que Nicolas Sarkozy avait "eu parfaitement raison de faire (...) ces annonces de fermeté contre les auteurs de coups de feu" visant des policiers.

"Ce n'est pas un détournement d'attention par rapport à l'affaire Woerth, c'est un grave problème, il faut le régler".

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser


Source :
Reuters

Informations complémentaires :

France-Info (Audio) : Silence gêné à droite après les propositions de Nicolas Sarkozy
Le NouvelObs.com :
Sécurité: Robert Badinter dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy
Le Figaro.fr :
Retrait/nationalité: "inconstitionnel"
 

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