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Appel à la manifestation le mardi 19 octobre contre la réforme des retraites. Vous trouverez les points d'insertion ici. Le gouvernement reste droit dans ses bottes et joue l'usure, aura-t-il gain de cause ? Ou cet élan populaire se radicalisera-t-il et se transformera-t-il en sarkogate ? En tout cas le gouvernement serait bien inspiré de regarder ce qu'il alloue au Medef plutôt que de taper encore et toujours sur les Français.

PARIS (Reuters) - Le mouvement contre la réforme des retraites a été entaché lundi de scènes de violence tandis que le gouvernement affirmait son intention de lutter avec fermeté contre le risque de paralysie du pays.

Des véhicules ont été incendiés et des abribus détruits en marge de manifestations lycéennes à Nanterre, près de Paris, et à Lyon, à la veille d'une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations contre le projet de loi qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite.

La menace d'une pénurie de carburant, parallèlement, se précise. Toutes les raffineries du pays ont reconduit la grève et 11 sur 12 étaient à l'arrêt.

Les routiers ont rejoint le mouvement avec des barrages filtrants, des blocages de sites et des opérations "escargot" signalés dans plusieurs régions. Quatre syndicats appellent désormais à "amplifier le mouvement".

A partir de mardi, les convoyeurs de fonds devraient également rejoindre le mouvement à l'appel de quatre syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FO). Les syndicats mettent en avant la menace que fait peser la réforme des retraites sur un dispositif propre au secteur.

Des affrontements entre policiers et "casseurs" à Nanterre, en marge d'une tentative de blocage d'un lycée, ont rappelé que la contestation, relativement pacifique jusqu'à présent, pouvait donner lieu à des débordements.

Des scènes similaires à Lyon, ou un millier de jeunes ont renversé des voitures, jeté des cocktails molotov et mis le feu à des poubelles, ont également suggéré que le conflit pourrait dégénérer.

Syndicats et opposition entretiennent toujours l'espoir d'obliger le gouvernement à modifier en profondeur le projet de loi qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite et aucune issue ne se dessine.

Le président Nicolas Sarkozy a réuni lundi matin à l'Elysée le Premier ministre, François Fillon, et plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, pour faire le point sur la crise.

"PAS DE BLOCAGE"

Le gouvernement, qui a déjà fait intervenir la police ces derniers jours pour débloquer des dépôts de carburant, prend le pari de la fermeté.

"Le gouvernement est responsable, il n'y aura aucun blocage", a dit le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, sur RTL, répétant l'avertissement aux protestataires lancé la veille par François Fillon.

Tandis que le trafic reste perturbé à la SNCF, un nouveau front pourrait s'ouvrir dans les aéroports où le syndicat CGT d'Air France appelle à des actions pour mercredi sans exclure des blocages.

A Mulhouse, une cinquantaine de syndicalistes ont bloqué pendant trois heures l'entrée de l'usine PSA Peugeot-Citroën. Les gendarmes sont intervenus en début d'après-midi pour faire lever le barrage.

Le gros point noir, cependant, reste le pétrole, avec la grève qui continue dans les terminaux pétroliers de Fos-Lavera, près de Marseille, et dans les raffineries.

"Tant que le gouvernement ne bougera pas, on ne bougera pas", a déclaré un responsable CGT du secteur des raffineries.

Les automobilistes continuent à se ruer sur les pompes et ont de plus en plus de difficultés à faire le plein.

Entre 500 et 1.000 stations de la grande distribution, qui représente 60% du marché, connaissaient lundi une rupture totale ou des difficultés sur au moins un produit, a annoncé l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP).

STOCKS INDUSTRIELS

La France a commencé à puiser dans ses stocks industriels pour pallier les problèmes d'approvisionnement, a déclaré un responsable de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Les stocks industriels couvrent 30 jours de consommation et s'ajoutent aux stocks stratégiques, qui représentent plus de 90 jours de besoins.

Les routiers pourraient renforcer ce risque de pénurie. La CFDT Transports a en effet annoncé lundi des actions sur une demi-douzaine de dépôts et sites pétroliers.

Les jeunes promettent quant à eux de renforcer leur présence dans le mouvement, à l'image de Jean-Baptiste Prévost, président du premier syndicat étudiant, l'Unef.

"Nous n'avons pas d'autre choix que d'appeler les jeunes à continuer, à poursuivre leur mobilisation et à l'amplifier", a-t-il dit sur RTL.

Le ministère de l'Education nationale a annoncé que 261 lycées étaient perturbés lundi. L'UNL, premier syndicat de lycéens, a annoncé de son côté 850 lycées mobilisés.

Face aux dérapages lycéens, la justice a répondu par la fermeté. Ainsi, deux jeunes ont été condamnés à deux mois de prison ferme par le tribunal de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

A Toulouse, un manifestant de 16 ans a été mis en examen et écroué et, à Lyon, un étudiant de 22 ans a été placé en détention préventive tandis que deux autres jeunes de 18 ans, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.

Le Sénat devait en principe voter mercredi la réforme à l'origine de la contestation mais ce vote pourrait n'intervenir que jeudi ou vendredi en raison de l'enlisement des débats.

"Le texte sera adopté dans la semaine", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, sur Canal+.

Service France


Source :
Reuters

20Minutes.fr : Retraites: Suivez en direct la journée de mobilisation de mardi
Ouest-France.fr : Manifestation aujourd'hui mais pas de blocus
France-Info (Audio) : Près de 300 interpellations en marge des manifestations lycéennes

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