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Accoyer

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les affaires reprennent ;) Bernard Accoyer qui s’était déjà illustré dans la rémunération des membres de l’assemblée et du gouvernement monte à l’assaut et défend les intérêts politiques de ce dernier, en mettant une chape de plomb sur le dossier de Karachi. Quand c’est trop, c’est Tropico...

PARIS (Reuters) - Des familles de victimes de l'attentat de Karachi vont porter plainte contre le président de l'Assemblée nationale, qui refuse de remettre des auditions parlementaires à la justice, a dit mercredi leur avocat.

Le juge d'instruction Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur cet attentat du 8 mai 2002 contre des salariés de la Direction des constructions navales (DCN), soutenu par le Parti socialiste, a demandé la transmission des témoignages de protagonistes entendus par une mission parlementaire.

"Pour des raisons de principe constitutionnelles (...), votre demande d'accès aux documents internes de la mission d'information ne saurait recevoir une suite favorable", écrit Bernard Accoyer dans sa lettre au juge d'instruction Marc Trévidic dont Reuters s'est procuré une copie.

Pour Olivier Morice, avocat de familles de victimes, le président UMP de l'Assemblée cherche à empêcher l'enquête d'avancer car elle pourrait impliquer des hommes politiques.

"On considère que la motivation du refus de transmission des auditions est totalement non fondée et, qu'en réalité, c'est une décision politique pour éviter de transmettre à la justice des infos compromettantes sur un certain nombre d'hommes politiques français", a-t-il dit à Reuters.

La plainte pour "délit d'entrave à la justice" vise également le député UMP Guy Teissier, président de la commission de la Défense, qui a le premier refusé de remettre au juge les procès-verbaux d'auditions.

Le mobile de l'attentat du 8 mai 2002, qui a fait 15 morts dont 11 Français, pourrait être une vengeance après l'arrêt de paiement de commissions à des officiels pakistanais en marge de ce marché d'armement signé en 1994.

Une partie de l'argent de ces commissions pourrait être revenue en France, selon les enquêteurs, pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont le porte-parole était Nicolas Sarkozy.

C'est ce qui aurait amené Jacques Chirac, une fois élu président, à cesser les paiements au Pakistan.

"Le rôle du contrôle du Parlement au travers notamment de missions parlementaires doit être complémentaire mais distinct de celui de l'autorité judiciaire", a dit Bernard Accoyer, mis au courant de cette plainte, aux agences de presse.

Cette justification "est un leurre", a répondu Olivier Morice, visant à "masquer une décision qui est politique et n'a aucun fondement juridique sérieux".

Dans l'enquête sur l'attentat ayant déclenché le génocide rwandais, en 1994, le juge Jean-Louis Bruguière avait d'ailleurs obtenu la transmission d'informations de même nature, avance l'avocat.

Emile Picy et Clément Guillou, édité par Yves Clarisse


Source : Reuters

Informations complémentaires :

Le Post : Karachi : déjà un portable dérobé
Europe 1 : Karachi : "Nous voulons la vérité"
Le Monde : Karachi : les parties civiles portent plainte contre Bernard Accoyer

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