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Morin Borloo

Fini de rigoler, le gouvernement  Fillon III commence à montrer son vrai visage, et fait quelques malheureux qui viennent de se prendre la réalité en pleine tête… Virage à droite toute pour 2012, avec la nomination de Xavier Bertrand au ministère de l’Emploi du Travail et de la Santé cela augure du meilleur pour notre « sécurité sociale », ce qui est en pleine phase avec les plans de notre cher président européen Hermann Van Rompuy pour les états-nations, bravo pour la synchronisation… Et ça n’étonne personne  chez les ‘journalistes’?

PARIS (Reuters) - Jean-Louis Borloo, Hervé Morin et d'autres personnalités centristes ont marqué dimanche avec fracas leur désaccord avec le nouveau gouvernement de François Fillon avant même qu'il soit officiellement nommé.

Le ministre sortant de l'Ecologie a renoncé à rester au gouvernement après d'ultimes tractations avec le président Nicolas Sarkozy et repris une liberté de parole dont il a aussitôt fait usage contre le Premier ministre.

L'ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, président du Nouveau centre, a pour sa part dénoncé la constitution d'une "équipe de campagne électorale proche du RPR", ancêtre gaulliste de l'UMP, parti du chef de l'Etat.

Avec Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy se trouve privé d'un de ses ministres les plus populaires et d'un pôle de fixation de l'électorat centriste, à 17 mois de l'élection présidentielle.

Jean-Louis Borloo a fait un temps figure de favori pour remplacer François Fillon et donner une coloration plus sociale au gouvernement, après l'épisode de la réforme des retraites qui a mobilisé contre elle des millions de manifestants.

Nicolas Sarkozy a finalement décidé de reconduire François Fillon mais souhaitait garder au gouvernement le président du Parti radical, formation politique associée à l'UMP.

Peine perdue. Jean-Louis Borloo a publié un communiqué en forme de rupture enrobée dans les amabilités d'usage : "Je préfère (...) retrouver ma liberté de proposition et de parole au service de mes valeurs, qui ne sont pas de circonstances, au premier rang desquelles je place la cohésion sociale."

Il affirme ainsi à demi-mot ne pas pouvoir travailler avec un Premier ministre qui disait dimanche se fixer pour objectifs la croissance, l'emploi et la solidarité, mais dont il paraît mettre en doute la sincérité et la sensibilité sociale.

BORLOO VEUT RÉUNIR LES CENTRISTES

Le ministre sortant de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, s'est déclaré "solidaire" de Jean-Louis Borloo, de même que la secrétaire d'Etat aux Technologies vertes, Valérie Létard, elle aussi absente de la nouvelle équipe gouvernementale.

Jean-Louis Borloo avait fait à Nicolas Sarkozy "une offre globale" concernant la ligne politique et les priorités du gouvernement, la place des centristes et sa propre contribution mais n'a pas jugé satisfaisante la réponse du chef de l'Etat, a précisé Marc-Philippe Daubresse.

Selon des sources gouvernementales, Nicolas Sarkozy aurait proposé à Jean-Louis Borloo les Affaires étrangères, un grand ministère de l'Economie, un grand pôle social ou la justice.

Mais des responsables et des élus de l'UMP et d'autres sources proches du gouvernement jugeaient inéluctable le départ de l'ex-ministre de l'Ecologie, compte tenu de la dégradation de ses relations avec François Fillon.

"L'ambiance entre Jean-Louis Borloo et François Fillon et entre leurs entourages était devenue si délétère qu'il était difficile pour Jean-Louis Borloo de rester au gouvernement", a ainsi dit à Reuters un député UMP sous couvert de l'anonymat.

Selon Marc-Philippe Daubresse, Jean-Louis Borloo réunira lundi soir des dirigeants et élus de tous les courants du centre-droit, du Parti radical à l'Alliance centriste en passant par le Nouveau centre, pour examiner la nouvelle situation.

APPEL DE MORIN AUX CENTRISTES

"Son souhait, c'est de pouvoir construire un pôle d'équilibre qui sera nécessaire à la majorité présidentielle", a expliqué sur RTL Valérie Létard. "Sans ce pôle d'équilibre, il nous semble que l'horizon 2012 ne peut pas s'organiser dans les meilleures conditions possibles."

Hervé Morin, qui paye sa volonté de se présenter à l'élection présidentielle de 2012, a pour sa part lancé un appel aux centristes pour qu'ils rejoignent son Nouveau centre.

"J'attendais une représentation plus équilibrée des sensibilités de la majorité (...) J'attendais de la composition du gouvernement un geste de rassemblement", a-t-il expliqué à des journalistes dans son bureau ministériel.

"J'ai vu apparaître une équipe de campagne électorale UMP et je pourrais même dire (...) proche du RPR", a-t-il ajouté.

Le président UMP de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie, a quant à lui déclaré que la composition du nouveau gouvernement était "une grande déception pour la famille centriste et libérale".

La rébellion de Jean-Louis Borloo est une aubaine pour les radicaux de gauche, qui ont proposé une réunification de la famille radicale.

"En reprenant sa liberté, Jean-Louis Borloo offre l'opportunité aux radicaux et au radicalisme de retrouver toute leur place sur l'équipier politique", déclare dans un communiqué Eddie Ait, secrétaire national du Parti radical de gauche.

Avec Laure Bretton, édité par Yves Clarisse

par Emmanuel Jarry


Source :
Reuters

Informations complémentaires :

Le Post : Remaniement ministériel : ce qu'il faut retenir, en un clin d'oeil
France3.fr : Fillon III - Nadine Morano devient ministre
Le point.Fr : GOUVERNEMENT - L'opposition dénonce un remaniement sans surprise

 

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