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Ce matin, pour cette page actualité française les affaires repartent ! De la bonne magouille Made In France ! J'ajoute de la musique avec les Surfs. En plus ça tombe bien, puisque l'on parlait justement de la justice et de ces effectifs..., qui en 2011 ne seront donc, comme nous l'avons appris grâce à rue 89, pas réduits certes, mais pas non plus augmenté en ce qui concerne les magistrats, oui c'est habile ; ). Mais ils semblent bien vaillants, et comme on l'avait noté bien déterminé. Ainsi c'est Patrick Ouart, ex- conseiller à la Justice de Nicolas Sarkozy. Et depuis 2009, conseiller de Bernard Arnault, PDG de LVMH et ami du chef de l’État, Qui est maintenant sous les feux des projecteurs, vous verrez que c'est un homme discret comme Claude Gueant, mais diablement utile... Marianne revient aussi sur le rôle du procureur Courroye que nous avons maintes fois interpelé concernant la nomination d'un juge pour ce dossier. Enfin nonobstant les obstacles que l'on dresse sur son chemin, tout comme dans l'affaire Karachi, la justice chemine, et nous pouvons être fiers d'une partie de ses représentants. Je vous laisse apprécier l'article de Marianne de ce matin (et une pensée pour Stéphane Guillon, la grande époque !, Infos complémentaires)

Le chef de l’Etat aime parler de responsabilité des magistrats. Il en oublie que les interventions du pouvoir politique dans l’affaire Bettencourt ont, elles aussi, décrédibilisé la justice.

Affaire Bettencourt, le retour. Selon Le Monde, le domicile d’Eric Woerth a été récemment perquisitionné par la Brigade financière sur demande des juges bordelais désormais en charge du dossier sous la houlette de Jean-Michel Gentil. Le fait est confirmé à Mediapart, par Me Jean-Yves Leborgne, avocat de l’intéressé.
Eric Woerth est impliqué dans trois informations judiciaires : l’une pour financement illégal de parti politique dans le cadre de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, l’autre pour trafic d’influence pour avoir remis la Légion d’honneur en janvier 2008 à Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt… et ex-patron de Mme Woerth. Et enfin une dernière pour blanchiment de fraude fiscale Eric Woerth n’est pour l’instant pas mis en examen. Son immunité parlementaire l’empêche pour l’instant d’être arrêté ou de subir toute mesure privative de liberté.

Mais le ministre n’est pas le seul en cause dans cette affaire. Un autre personnage largement impliqué dans le dossier a fait son apparition dans la procédure, c’est Patrick Ouart, ex- conseiller à la Justice de Nicolas Sarkozy. Il est depuis 2009, conseiller de Bernard Arnault, PDG de LVMH et ami du chef de l’Etat. Patrick Ouart est également membre du comité exécutif du groupe. Son bureau au siège du groupe de luxe ainsi que son domicile privé ont été perquisitionnés selon LePoint.fr. Il a également été entendu par la police. Ses actes judiciaires ont été confirmés à Marianne2 par le parquet de Bordeaux qui n’a toutefois pas souhaité communiquer sur les éléments trouvés.

Nettement moins sous les feux des projecteurs qu’Eric Woerth, Patrick Ouart est néanmoins un personnage central de l’affaire. Son nom a été cité à plusieurs reprises dans les enregistrements de conversations entre Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre révélés par Le Point et Médiapart. Patrick Ouart, véritable « ministre de la Justice bis », aurait ainsi donné des informations à Patrice de Maistre sur l’avancée de la plainte pour « abus de faiblesse » déposée par la fille Bettencourt contre François-Marie Banier. En juillet 2009, Patrice de Maistre tient ces propos à Lilliane Bettencourt parlant de Patrick Ouart, comme « le conseiller juridique, à l'Elysée, que je vois régulièrement pour vous ».

Ouart, l'homme de l'Elysée

« Il m'a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l'affaire. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà. Il vaut mieux que j'entende cela qu'autre chose. Donc je suis de bonne humeur », a-t-il annoncé à l’héritière de L’Oréal. Ouart et de Maistre étaient visiblement bien informés puisque Phillipe Courroye estimera bien cette plainte (en citation directe) irrecevable. En vain, puisque le tribunal de Nanterre l’examinera finalement, point de départ d’une épique bataille judiciaire (parallèle du volet politique de l'affaire) qui se terminera en décembre par un accord signé entre les Bettencourt mère et fille.

En avril 2010, Patrick Ouart est déjà chez LVMH mais il est toujours en contact avec de Maistre. Ce dernier rapport à Lilliane Bettencourt : « C'est que j'ai vu, euh, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires juridiques et judiciaires, Patrick Ouart, qui n'est plus à l'Elysée mais qui n'a pas été remplacé et qui travaille chez Bernard Arnault, et qui m'aime beaucoup. Et il a voulu me voir l'autre jour et il m'a dit, M. de Maistre, le président continue de suivre ça de très près... (...) Et en première instance, on ne peut rien faire de plus, mais on peut vous dire qu'en cour d'appel, si vous perdez, on connaît très, très bien le procureur (…) ».

Il s'agit de Philippe Ingall-Montagnier, le procureur général. Mais de Maistre citait aussi explicitement le procureur Courroye, un autre personnage clé de l’affaire. Nommé en mars 2007 à la tête du parquet de Nanterre contre l’avis du CSM, il a été accusé d’être lié au pouvoir politique dans la gestion de ce dossier. Ayant ouvert différentes enquêtes préliminaires sur ces affaires depuis juin 2010, il a longtemps fait obstacle à la désignation d’un juge indépendant. Avant de céder fin octobre de la même année à la demande de son supérieur le procureur général de Versailles. Sa relation tumultueuse avec la juge Isabelle Prévost-Desprez qui souhaitait enquêter sur les fameux enregistrements conduiront la Cour de Cassation à dépayser les affaires de Nanterre à Bordeaux en novembre dernier.

Courroye dort tranquille

L’attitude de Philippe Courroye a fait notamment polémique à deux reprises. En juin dernier, Marianne avait révélé qu’il « avait entre ses mains, dès mars 2008, tous les éléments nécessaires pour alerter l’administration fiscale et déclencher une enquête » sur une possible fraude fiscale de Mme Bettencourt au sujet de la propriété de l’Île d’Arros mais n’en a rien fait. Le parquet avait répondu qu’il avait signalé l'anomalie au fisc… en janvier 2009. Soit presque un an après avoir été alerté. En juillet 2010, il ouvrira finalement une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale. Un retard à l’allumage qui pose des questions sur les réelles intentions du procureur.

L’affaire Bettencourt ne montre donc pas que les liens entre politique et grandes fortunes mais les liens entre pouvoir politique et justice. Car Nicolas Sarkozy a ses bonnes têtes dans l’appareil judiciaire. S’il s’est empressé de demander des « sanctions » contre les magistrats et personnels de la justice fautifs dans l'affaire de Pornic, Philippe Courroye, lui, peut dormir sur ses deux oreilles.

Source : Marianne2.fr

Informations complémentaires :

AFP : Woerth perquisitionné, Ouart interrogé, le dossier Bettencourt repart
Le Post : Affaire Bettencourt : le domicile d'Eric Woerth perquisitionné
Agoravox : Deux pas dans l’affaire Bettencourt

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