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Très bon article de Cécile Cornudet des Échos ce matin pour commencer. Je trouve l'analyse assez fine. Effectivement, on remarquera que notre Président s'est séparé de son ami « de trente-cinq ans », peut-être trop 'connoté' pour sa nouvelle politique sur l'Islam, au profit de Claude Guéant (vous avez déjà vu stars wars ?). Pour vous éclairez, j'espère que vous n'avez pas manqué le point de vue de Thierry Meyssan... ; ) je vous laisse apprécier la suite ci-dessous... et les traditionnelles informations complémentaires, use the force Martine ! si, si... concentrez-vous  ; )

Inquiet de l'éventualité de « flux migratoires incontrôlables », le chef de l'Etat a changé hier soir les titulaires des ministères régaliens. Alain Juppé arrive à la tête du Quai d'Orsay ; Claude Guéant devient ministre de l'Intérieur.

Nicolas Sarkozy a toujours détesté agir sous la contrainte : hier soir encore, il a cherché à surprendre. Dans la forme tout d'abord, en annonçant lui-même, dans une allocution télévisée, un remaniement gouvernemental. Au terme de six semaines de polémiques sur le voyage en Tunisie de Michèle Alliot-Marie, le chef de l'Etat a remplacé sa ministre des Affaires étrangères par Alain Juppé, qui devient le nouvel homme fort du gouvernement. Mais il a aussi congédié Brice Hortefeux, son « ami de trente-cinq ans », qui prend le titre de « conseiller spécial » à l'Elysée. Le ministère de l'Intérieur revient à Claude Guéant, lui-même remplacée par Xavier Musca au poste de secrétaire général de l'Elysée pour une période d'intérim. A la Défense, c'est le libéral Gérard Longuet qui succède à Alain Juppé.

Au terme d'un week-end bruissant de rumeurs, le chef de l'Etat a choisi le scénario le plus ambitieux pour tenter de tourner la page de ce début d'année catastrophique. Il a voulu sauver sa stature internationale, qui menaçait de s'abîmer, au moment où Dominique Strauss-Kahn, le seul leader socialiste susceptible de le concurrencer sur ce point, semble désormais prêt à se lancer dans la course présidentielle.

« Protéger les Français »

Depuis le début des révolutions au Maghreb, la diplomatie française paraissait dépassée ; avec l'affaire MAM, elle était devenue paralysée. Et ce, en pleine présidence française du G20. Hier soir, Nicolas Sarkozy a tenté d'inverser la tendance. En nommant au Quai d'Orsay Alain Juppé, un homme qui en est issu, même si leur relation, faite d'admiration et d'agacements réciproques, est loin d'être sereine. En démontrant, quinze jours après le discours remarqué de Barack Obama, que la France a elle aussi un message à porter sur le Maghreb.

Tous les pays occidentaux ont eu dans le passé des relations avec les anciennes dictatures tunisienne et égyptienne, a-t-il expliqué pour mieux exonérer la France de ses silences. Mais, désormais, il faut tout faire pour « aider, accompagner les jeunes démocraties ». « Si toutes les bonnes volontés ne s'unissent pas, ces démocraties peuvent sombrer, avec des conséquences sur les flux migratoires (...) incontrôlables et le terrorisme », a-t-il expliqué, en souhaitant relancer l'Union pour la Méditerranée.

Mais, à quatorze mois de la présidentielle, l'objectif de Nicolas Sarkozy est plus large : il entend « protéger les Français » et enfin mettre sur les rails ce gouvernement de « combat » qu'il appelait de ses voeux lors du remaniement de novembre. « C'est le véritable acte II du quinquennat », se réjouissait hier soir un responsable de l'UMP.

« Sauve-qui-peut »

Trois mois après le précédent exercice, celui d'hier apparaît comme un aveu d'échec, mais peu importe : les sondages sont au plus bas et le chef de l'Etat est décidé à tenter un nouveau rebond. En novembre, il avait hésité à se séparer de Brice Hortefeux, très attaché au ministère de l'Intérieur. Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy est passé outre la réticence de son ami. Il n'a pas voulu courir le risque d'avoir encore à remanier le gouvernement si Brice Hortefeux devait perdre, dans quelques semaines, son procès en appel pour injure raciale. Il a sans doute voulu ménager Michèle Alliot-Marie en lui évitant l'humiliation de porter seule les erreurs de ces dernières semaines. Il a enfin voulu reprendre la main sur les questions de sécurité et d'immigration, qui figureront en tête de son projet pour 2012. Malgré son activisme, Brice Hortefeux n'a pas su calmer le malaise au sein de la police, ni afficher des résultats suffisants. Claude Guéant, qui a fait l'essentiel de sa carrière à l'Intérieur, est invité à redresser la barre. « Il connaît tous les rouages du ministère, y a occupé toutes les responsabilités », a insisté Nicolas Sarkozy. Un peu plus d'un an avant le scrutin, le jeu reste très ouvert. Mais, en attendant, le Parti socialiste a trouvé un nouvel angle d'attaque contre le président, celui de la peur. « Ce remaniement a des allures de sauve-qui-peut », a affirmé hier Jean-Marc Ayrault.

CÉCILE CORNUDET, Les Echos

Source : Les Echos

Le Post : Ça remanie sec : MAM sacrifiée, Juppé diplomate, Guéant 1er flic et Hortefeux dans l'ombre pour 2012
Les Echos : Hortefeux sacrifié, Guéant à l'Intérieur
Le Point.fr : Brice Hortefeux quitte le ministère de l'Intérieur

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