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Aujourd’hui c’est dimanche. Comme nous le rappellent nos prêtres, il faut savoir pardonner pour être pardonné, c’est la clef du salut… Mais, a contrario, il faut aussi savoir dire à son frère quand il se trompe dans ses agissements et le prévenir de sa faute avant qu’il ne s’enfonce dans l’irréparable…

À l’heure où se ternissent les pages blanches des journalistes sur les révélations de Pierre Péan (ne manquez pas Marianne du samedi 10.09.2011), c’est sur la piste de Chalouette que je vous livre le premier article de la  thématique en 3 parties abordée par le Nouvel Observateur (que vous pouvez découvrir intégralement dans l'édition du 8 septembre 2011 de ce dernier).

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Nicolas Sarkozy avec des policiers (AFP)

Dans Le Nouvel Observateur du 8 septembre, un grand dossier sur le président et ses flingueurs. Comment Nicolas Sarkozy élimine un à un ceux qui osent lui résister. Acte 1, par Stéphane Arteta et Olivier Toscer.

(Lire l'intégralité du dossier "Sarkozy, le président flingueur" dans Le Nouvel Observateur du 8 septembre 2011).

Acte 1 : les policiers et les juges

> La valse des képis

Saint-Lô, dans la Manche, janvier 2009. Le président se fait copieusement huer par 3 000 manifestants. Une bronca, certes. Mais pas de violences. Qu'importe. Pour Nicolas Sarkozy, la police aurait dû maintenir les mécontents à plus grande distance de sa personne. Le préfet de la Manche et le directeur départemental de la sécurité publique, chef local de la police en tenue, sont débarqués sans ménagement.

A deux ans de la retraite, le commissaire Philippe Bourgade est muté à l'Ecole nationale de la Police de Vannes (Morbihan). Mis sur la touche pour "erreur de conception du dispositif de sécurité" ... Le commissaire Bourgade avait fait le choix d'éviter tout affrontement avec les manifestants et estime "ne pas avoir à rougir de ce qui s'est passé".

Un peu comme Dominique Rossi : pour avoir préféré laisser des militants nationalistes s'inviter pacifiquement chez l'acteur Christian Clavier, un ami du président, le coordinateur des forces de sécurité en Corse a été évincé du jour au lendemain.

Exécution publique

Ancien premier flic de France, Nicolas Sarkozy ne supporte pas qu'un policier lui manque. Il a pris ce pli radical dès février 2003. Ministre de l'Intérieur, Sarkozy initie alors sa politique du chiffre. Or à l'époque, à Toulouse, la courbe de la délinquance est orientée à la hausse.

Le ministre organise l'exécution publique du "responsable", Jean-Pierre Havrin, policier réputé de gauche, chef de la police locale et adepte de la police de proximité. Lors d'une visite dans la Ville rose, doigt accusateur pointé sur le flic ébahi, Nicolas Sarkozy l'invective devant les caméras : "Organiser des matchs de rugby pour les jeunes du quartier c'est bien, mais ce n'est pas la mission première de la police !" Muté au poste humiliant de responsable du sport dans la police, Havrin quittera rapidement le service d'active. Il est aujourd'hui adjoint au maire PS de Toulouse, chargé de la sécurité.

Gilles Leclair, éphémère préfet de police de Marseille, a été débarqué, lui, le mois dernier après que le président a visionné un reportage télé sur les petits trafics du parking de la porte d'Aix. Il n'a pas encore retrouvé de poste.

Pas plus que le commandant Philippe Pichon, coupable d'avoir dévoilé la fiche de police de Johnny Hallyday pour dénoncer les aberrations du système informatique du ministère de l'Intérieur. Suspendu, cet officier atypique a été réintégré à la sécurité publique de Meaux sur décision de justice. Mais il est loin d'en avoir fini avec la vindicte de la sarkozie : "Le directeur général, Frédéric Péchenard, l'ami d'enfance du président, a délivré contre moi une interdiction de paraître, explique le policier. Je n'ai donc plus le droit de mettre les pieds au commissariat et mon traitement est amputé de 33 % !" Il vient de porter plainte pour discrimination et harcèlement moral.

Olivier Toscer – Le Nouvel Observateur

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Nicolas Sarkozy et les magistrats (AFP)

> Le procès des magistrats

"Sarkozy me déteste. Je ne sais pas pourquoi, mais il me hait." Notre interlocuteur n'est pas un magistrat syndiqué, l'un de ces "rouges" qui agacent tant le chef de l'Etat, mais un député... UMP, membre de la commission des Lois à l'Assemblée. Un élu coupable aux yeux de l'Elysée d'avoir eu des paroles trop bienveillantes pour les magistrats.

Débarqués, "placardisés" ou juste sermonnés, les victimes de la foudre présidentielle sont légion : Marc Robert, procureur général de Riom, muté pour avoir vanté la défense d'un parquet indépendant, ou Bernard Blais, procureur général près la cour d'Agen, transféré lui aussi contre son gré, et contre l'avis du CSM, après un bras de force éprouvant.

Sans oublier Philippe Nativel, vice-procureur de Nancy, convoqué à la demande de Rachida Dati devant la direction des services judiciaires pour avoir refusé de requérir une peine plancher, ou les JAP (Juges de l'Application des Peines) de Nantes, stigmatisés après le drame de Pornic où une jeune femme avait été assassinée par un suspect remis en liberté.

Exilé à Cayenne

David Sénat, le conseiller technique de MAM, a été exilé à Cayenne parce qu'il était soupçonné d'avoir fait fuiter dans la presse des procès-verbaux d'auditions dans l'affaire Bettencourt. Le juge antiterroriste Gilbert Thiel a été placardisé un temps pour avoir ironisé sur l'affaire Christian Clavier, qui avait entraîné le limogeage du responsable de la sécurité en Corse Dominique Rossi.

Enfin, Claude d'Harcourt, l'ex-directeur de l'Administration pénitentiaire, a été démis de ses fonctions après la fronde des surveillants. "Désormais, Sarkozy, qui a longtemps prôné la méthode dure, veut pacifier le climat, assure un député de la majorité. Mais son intransigeance a marqué. Alors parce qu'ils croient lui plaire, de hauts magistrats font de l'excès de zèle." Ou quand l'esprit de cour vient attiser les dégâts commis par les humeurs présidentielles...

Stéphane Arteta – Le Nouvel Observateur

 

> A lire vendredi. Comment il les a tués. Acte 2 : les journalistes et les patrons, par Véronique Groussard et Caroline Michel.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/le-dossier-de-l-obs/20110909.OBS0084/comment-le-president-les-a-tues-acte-2-les-journalistes-et-les-patrons.html

> A lire samedi. Comment il les a tués. Acte 3 : le grand cimetière de la droite, par Carole Barjon.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/le-dossier-de-l-obs/20110909.OBS0087/comment-le-president-les-a-tues-acte-3-le-grand-cimetiere-de-la-droite.html

(Retrouvez l'intégralité du dossier "Sarkozy, le président flingueur" dans Le Nouvel Observateur du 8 septembre 2011).

Source : Le Nouvel Observateur

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