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Dupont Aignan

Il fait son tour de France. Sans se préoccuper des modes. En conservant son franc-parler. Celui du candidat de cette droite républicaine qui n’a pas peur des mots ni des idées.

Il serait proche de la droite populaire si celle-ci n’était pas au sein de l’UMP. Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, se veut l’héritier du courant souverainiste social incarné un temps par Philippe Seguin. Il a l’expérience des élections présidentielles ratées pour cause de manque de parrainages. Alors pour cette édition 2012, il a voulu mettre toutes ses chances de son côté…

LPN : Où en êtes-vous de vos parrainages ? Est-ce autant difficile que certains le prétendent ?

Nicolas Dupont-Aignan : Avec mon expérience, j’ai eu la prudence de commencer tôt avec mes 300 bénévoles pour avoir les fameux 500 parrainages. C’est un vrai parcours du combattant ! Les maires ont reçu ce matin (NDLR : samedi 25 février) les formulaires pour les parrainages. Chaque signature compte, l’anonymat devrait être la règle mais je savais que le Conseil constitutionnel n’allait pas changer les règles à quelques semaines du scrutin présidentiel. Les maires sont soumis à l’octroi de subventions de la part des conseils généraux ou des intercommunalité, voire du « qu’en dira-t-on » mais aussi des journaux locaux. Ce sont les parlementaires qui doivent changer la loi car aujourd’hui, de moins en moins de maires accordent leurs parrainages…

LPN : C’est votre 2e passage dans les Alpes-Maritimes, avez-vous reçu beaucoup de parrainages ici ? À Tourrettes-sur-Loup ?

N. D.-A. : Nous n’avons pas eu beaucoup de parrainages dans les Alpes-Maritimes, on en a plus dans le Nord où les communes sont plus petites et plus nombreuses. Je ne suis pas venu à la Fête de la Violette à Tourrettes-sur-Loup en raison d’un parrainage mais pour faire une sortie ludique à l’occasion de mon passage à « La Voix est libre » de France 3 Méditerranée. Je voudrais insister sur un point : les parrainages ne sont pas un acte de soutien des maires mais simplement une signature pour garantir la pluralité de choix au premier tour. Aujourd’hui, les médias font comme si il n’y avait que deux candidats en lice. D’après un récent sondage, 60 % des Français estiment qu’on parle trop de François Hollande et Nicolas Sarkozy. On est en train de nous voler le premier tour !

LPN : La campagne ne fait que commencer… Le clivage gauche/droite vous semble-t-il renforcé ?

N. D.-A. : Pas du tout. Les deux candidats favoris des médias sont d’accord sur tout : l’Europe, le rôle des marchés financiers, les importations sans aucun contrôle douanier… Ils ne veulent pas de voix discordante. Pour influer sur le 2e tour, encore faut-il avoir droit de s’exprimer. Moi, je suis un candidat de terrain, je suis maire d’une commune de la banlieue parisienne depuis plus de 17 ans, je connais les soucis des gens.

LPN : Quel est le thème principal de votre campagne ?

N. D.-A. : Le protectionnisme intelligent. Quand on est face à une concurrence déloyale, il faut se protéger. Certains pays comme la Chine et d’autres pratiquent l’esclavage humain. Il faut défendre nos entreprises qui produisent en France sinon on sera un peuple de clochards ! On peut relocaliser plus d’un million d’emplois en France dès maintenant. Le produire en France peut devenir avantageux si on érige des barrières douanières.

LPN : La Chine se veut le sauveur de la crise financière que vivent les pays européens. Une telle mesure est-elle compatible avec cette proposition ?

N. D.-A. : C’est un marché de dupes ! La Chine apporte son aide à l’Europe en contrepartie d’absence de toute taxe sur ses exportations alors que ce pays triche avec toutes les règles du commerce équitable : bas salaires, monnaie sous évaluée, dumping social… Le protectionnisme ne signifie pas repli sur soi. L’exemple de secteur le plus protectionniste de France, c’est le cinéma. Il est ouvert, divers, s’exporte même. Les valeurs sociales doivent être prises en compte.

LPN : Quelle serait la première mesure que vous prendriez sur le plan européen ?

N. D.-A. : Je proposerai une renégociation de tous les traités européens pour imposer une Europe sociale. Il faut arrêter avec le toujours plus de dérégulation. La France a le droit d’avoir des services publics. L’Europe de l’uniformisation ne fonctionne pas. Elle doit être porteuse de projets et les sujets ne manquent pas comme les voitures propres, les panneaux solaires de demain, les nanotechnologies, le génome humain, l’exploitation des océans… Que l’Europe arrête de s’occuper de la vie des gens ! L’Europe des projets que j’appelle de mes vœux doit être à la carte, on ne peut pas tout faire à 28…

LPN : Et la Grèce ? Que doit-on faire ?

N. D.-A. : Il faut que la Grèce sorte de la zone Euro au plus vite. On déverse des milliards d’euros pour rien. On n’aide pas les Grecs mais les banques. Cela a déjà coûté 50 milliards à la France soit autant que le budget de l’Education nationale, trois fois le budget de l’Intérieur, ou encore 25 000 constructions de crèches soit 500 000 places…

LPN : Vous parlez des banques… Que pensez-vous de l’augmentation de 34 % des patrons français ?

N. D.-A. : Scandaleux ! Les salaires des grands patrons devraient être encadrés par une loi organique. C’est un comportement irresponsable. L’ancien PDG de Dexia a coûté plus de 11 milliards d’euros aux Français et il touche encore une retraite chapeau de 650 000 €/an. Je suis candidat pour dire aux Français que nous ne sommes pas condamnés à vivre comme ça, on a tous les atouts pour s’en sortir de cette débâcle économique, sociale, et morale.

LPN : Les sondages ne vous sont pas favorables… Pour qui appellerez-vous à voter au second tour ?

N. D.-A. : Les Français ne m’ont pas encore entendu. Ils sont 33 % à le confirmer. Ma notoriété n’est pas encore faite. Debout la République compte 11 000 adhérents (NDLR : dont 200 dans le 06). On a beaucoup de jeunes… Aux législatives, Debout la République présentera des candidats partout…

LPN : Sur le plan intérieur, quelle seraient vos premières mesures ?

N. D.-A. : J’en prévois deux prioritairement. Multiplier par 2 le nombre d’heures d’apprentissage du français à l’école primaire soit 15 h/semaine (contre 9 actuellement). La seconde, le respect des applications des peines de prison pour revenir sur la loi Dati qui stipule qu’en deçà de 2 ans, le condamné n’effectue pas sa peine… La République, c’est l’ordre, le mérite à l’école, la transmission des savoirs, l’apprentissage, une autre économie, des services publics, un hôpital qui fonctionne… Le moteur économique est cassé, il faut le changer en relocalisant les emplois. C’est notre devoir.

Propos recueillis par Pascal Gaymard

 

Source : lepetitnicois

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