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Préfet de police dans la capitale, c'est l'un des postes les plus sensibles et les plus symboliques de la République. Certains parleront de "chasse aux sorcières", mais le départ de Michel Gaudin, actuel tenant du poste, est parfaitement 'normal'.

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La sphère policière bruissait du départ annoncé de deux des hommes qui ont marqué l'ère Sarkozy, Frédéric Pechenard, directeur général de la police nationale, et Bernard Squarcini, patron de la direction du renseignement intérieur. Le troisième homme, Michel Gaudin, puissant préfet de police de Paris, tiendrait le poste jusqu'à son départ à la retraite, dans moins d'un an, disait-on. Tout faux.  

Le "roi de la PP"  sait depuis hier qu'il devra céder sa place à Bernard Boucault, un préfet malmené par la droite depuis son passage par le cabinet du ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin, Daniel Vaillant. Boucault dont le nom avait circulé à l'heure de choisir un secrétaire général de l'Elysée. Un coup de tonnerre que personne n'attendait, tant Manuel Valls semblait vouloir prendre son temps, mais qui ne surprendra guère ceux qui suivent de près les alternances politiques. 

Le changement, c'est donc maintenant et le nouveau ministre de l'Intérieur aura voulu le signifier avant son voyage officiel en Espagne, où il aura le loisir, cadeau involontaire de la PJ, d'annoncer l'arrestation à la volée d'un chef militaire de l'ETA. Une manière de prendre pleinement possession d 'une Place Beauvau taillée sur mesure pour Nicolas Sarkozy.

Directeur de l'ENA, né à Blois en 1948, Bernard Boucault connaît par cœur la pépinière préfectorale. Successivement préfet de la Haute-Corse, de la Seine Saint-Denis et de la Haute Garonne, il a aussi servi le cabinet de Pierre Joxe Place Beauvau. En 2002, il s'est retrouvé à Nantes, où il a noué un lien étroit avec Jean-Marc Ayrault, devenu Premier ministre. Michel Gaudin ne devrait quant à lui pas être abandonné, puisque l'on annonce la nomination de ce "serviteur de l'Etat" au conseil d'Etat, sort que connut avant lui le chiraquien Philippe Massoni, lui aussi ancien préfet de police de Paris. 

L'autre confirmation, c'est celle du départ de Frédéric Péchenard. Celui qui a le plus de chances de le remplacer s'appelle Christian Decharrière. Un préfet, donc, pour mettre fin à l'intermède qui a vu un flic diriger la police. Un souhait partagé par de nombreux policiers, comme l'explique l'un d'eux : "Un préfet, c'est quelqu'un de neutre, indépendant des coteries policières, qui ne fera pas la courte échelle à ses copains commissaires." 

Actuel préfet de la région Franche-Comté, Christian Decharrière a été directeur de cabinet d'Eric Besson au secrétariat d'Etat à l'immigration ; il a surtout été directeur central de la sécurité publique entre 2000 et 2002, où il a laissé le souvenir d'une grande neutralité.    

Dernière nomination, celle de Jean-Marc Falcone à Matignon comme conseiller pour les affaires intérieures. Ancien commissaire de police, préfet du Tarn jusqu'à ces derniers jours, c'est un spécialiste reconnu de l'intelligence économique, un domaine qui pourrait revenir dans le débat à l'heure de sauver les parts de marché de l'industrie hexagonale. 

Autre nom dans la balance, celui de Christian Lambert. L'œil de Sarkozy en Seine-Saint-Denis, probablement le policier le plus proche du "château" ces dernières années, pourrait lui aussi être rapidement remplacé. À titre exceptionnel, cet ancien de l'antigang avait été prolongé au delà de l'âge de la retraite. 

Source : Secret Police sur Marianne2.fr

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