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Alors que François Hollande plaide pour un nouveau « contrat social », il devrait fortement se poser des questions sur ces 60.000 licenciements annoncés, qui doivent être en grande partie des licenciements boursiers. Si des gens comme PSA se sentent libres de virer 10.000 Français, pourquoi leur laisser le droit de vendre des véhicules sur notre territoire ? Qu’ils les vendent donc au Maroc ! J’exagère à peine, mais c’est néanmoins le fond de ma pensée. Ou alors, il faut les taxer fortement afin de subvenir aux besoins de ces gens qui seront à la charge de l’État. Je n’ai pas de mots assez forts pour ces patrons voyous,  jetant d’un coup de pied une masse salariale qui s’est souvent dévouée, corps et âme, à une entreprise, et ceci pendant des années. De facto, ces salariés ont fait de ces dernières ce qu'elles sont aujourd'hui…

PSA Aulnay
PSA prévoit selon les syndicats entre 8000 à 10.000 suppressions d'emplois. | REUTERS/BENOIT TESSIER

Remis à l'après-présidentielle, les "plans d'allégement de masse salariale", selon la pudique acception des départements de ressources humaines, viennent peser sur le dialogue social en ce début d'été. Selon nos calculs, 84 entreprises sont concernées et près de 60.000 emplois menacés à travers toute la France (tableau consultable sur le site du Monde.fr), plans sociaux, plans de départ volontaires et départs en retraite anticipée confondus.

Pour plus de clarté, nous n'avons pas comptabilisé le non-renouvellement de contrats de sous-traitance ou les ruptures conventionnelles, auxquels les entreprises ont de plus en plus recours.

Nous n'avons pas compté non plus les entreprises où les départs sont inférieurs à 20, et nous avons donné les estimations des syndicats quand des chiffres publics n'étaient pas disponibles. Enfin, nous avons exclu les entreprises dont les dirigeants niaient officiellement l'existence d'un plan social (Areva, TF1...).

UN BILAN LOURD POUR LES SALARIÉS

Mais, au-delà de tout calcul d'apothicaire, le bilan sera lourd pour les salariés. Le secteur qui paie le plus lourd tribu est l'automobile, avec plus de 13.000 emplois menacés, en particulier chez les équipementiers, comme chez Honeywell à Condé-sur-Noireau - déjà tristement célèbre pour avoir abrité une usine Valéo, devenue symbole de la contamination à l'amiante. Mais le record revient au constructeur PSA, dont un délégué syndical Force ouvrière a évoqué la possibilité d'un plan comptant 8 à 10.000 suppressions de postes.

Dans le textile, autre secteur touché, les chiffres posent également la même question lancinante : peut-on encore produire français ? Après Lejaby, c'est Dim, Playtex et Wonderbra qui sont visés, le fonds d'investissement américain propriétaire de DBApparel ayant décidé de céder le groupe. En balance, plus de 900 personnes à Autun, en Saône-et-Loire, où les employés ont déjà essuyé un plan social.

Autre dossier chaud, les transports (8600 départs craints par les syndicats) sont entraînés par le poids lourd Air France, qui a présenté son projet "Transform 2015" pour les personnels au sol, prévoyant 5122 suppressions de postes sans départs contraints.

Enfin, le commerce et la distribution s'illustrent dans ce sombre palmarès avec plus de 8500 emplois en danger.

Tous ne sont pas logés à la même enseigne : les banques et les assurances devraient subir presque moitié moins de coupes que l'agroalimentaire (environ 4600 emplois). Et, là où 800 départs volontaires sont proposés chez Société générale, les 3400 employés de Doux, sans compter les 700 éleveurs qui dépendent de l'avenir de l'entreprise, attendent de savoir s'ils seront repris ou envoyés vers Pôle emploi.

ALSACE ET PACA EN LIGNE DE MIRE

Ville emblématique de ces tensions sur le travail, Reichstett, bourg alsacien de 4000 habitants, voit deux entreprises majeures disparaître : Coop Alsace, qui emploie plus de 300 personnes sur sa plateforme logistique, et Petroplus, qui emploie encore 70 personnes, et dont l'avenir semble bouclé sur ce site, contrairement à celui de Petit-Couronne, qui a repris de l'activité depuis mi-juin pour honorer un contrat avec Shell.

En Alsace, la CGT estime que plus de 6000 emplois sont menacés dans l'industrie, pointant des entreprises comme Lohr (740 emplois), General Motors (1000) ou encore Caddie (124). Autre région particulièrement affectée, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec près de 1800 emplois visés, dont 800 à la SNCM (Marseille).

Certaines de ces menaces semblent planer de façon inéluctable sur des entreprises où la question n'est plus que celle de l'échéance. C'est le cas de la métallurgie, qui pâtit du retrait des grands groupes mondiaux, comme Rio Tinto, qui ne possède plus que deux usines en France, Dunkerque et Saint-Jean-de-Maurienne (le géant minier cherche un repreneur pour cette dernière). Le groupe a en outre vendu trois usines, en mars dernier, à un fonds d'investissement ; les sites de Gardanne, Beyrède et La Bâthie emploient quelque 700 personnes.

Arcelor Mittal aussi limite ses activités, à l'image des hauts fourneaux de Florange, en Moselle. Ces derniers restent suspendus aux actions médiatiques des métallos lorrains. Le sidérurgiste, qui a déjà annoncé la fermeture définitive de hauts fourneaux à Liège, en Belgique, et à Madrid, assure cependant qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire, liée à une baisse de la demande.

Mais, parfois, l'espoir reste de mise : ainsi, chez Fralib, les employés préparent un projet de reprise depuis que la multinationale Unilever a accepté de se rasseoir à la table des négociations. D'autres projets pour l'usine de fabrication de tisanes et ses employés sont encore évoqués.

LES LICENCIEMENTS ABUSIFS EN QUESTION

La conférence pour l'emploi sera-t-elle l'occasion d'évoquer l'idée chère à Michel Sapin : l'interdiction des licenciements abusifs et par extension, peut-être, la mise en place d'une autorisation judiciaire des licenciements ?

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a pour sa part indiqué que le sujet d'un meilleur encadrement des plans sociaux, en cas de fermeture d'un site rentable, serait discuté avant qu'un texte ne soit proposé.

Ce principe n'est pas acquis : la Cour de cassation a invalidé mardi dernier la décision de la cour d'appel de Reims de mars 2011 et estimé que la liquidation judiciaire de Sodimédical, fabricant de matériel médical de Plancy-l'Abbaye (dans l'Aube) et filiale du groupe austro-allemand Lauhman et Raucher, était possible indépendamment de la bonne santé financière du groupe.

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