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Dans "Politique première" sur BFM TV, Anna Cabana, grand reporter au "Point", explique pourquoi de plus en plus de dirigeants sont hostiles à un nouveau vote.

Cope Fillion 18 02 2013
Jean-François Copé et François Fillon © Christophe Petit-Tesson / Maxppp

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BFM TV : Vous voulez nous parler de l'UMP. L'accord du 17 décembre entre Jean-François Copé et François Fillon prévoit la tenue d'un nouveau vote en septembre. Mais il y a tout lieu de penser, désormais, que ce vote n'aura pas lieu.

Anna Cabana : De plus en plus de dirigeants UMP sont partisans de renoncer au "revote" - c'est le mot inventé par l'UMP, souvenez-vous, "revote". Le seul à avoir vraiment intérêt à ce que ce "revote" ait lieu, c'est Jean-François Copé. Mais le sait-il seulement ? Voici l'état des forces en présence : François Fillon a "repris de l'altitude", comme disent ses proches, et cette stratégie lui réussit plutôt. Christian Estrosi, qui l'a soutenu, a déjà fait savoir que revoter en septembre était une "erreur". Xavier Bertrand, qui soutenait également Fillon, teste désormais l'idée du "revote" auprès des militants, lors de chacune de ses réunions publiques. Le Parisien/Aujourd'hui en France de dimanche raconte que lors d'un café politique à Toulouse, tout récemment, Bertrand a apostrophé la salle : "Qui a envie de revoter ?" a-t-il demandé. Sur plus de deux cents personnes présentes, seules six mains se sont levées ! Bertrand certifie que la tendance est la même dans toutes les fédérations.

Ça veut dire que les militants veulent le statu quo ?

C'est ce qu'assure Xavier Bertrand, qui fait campagne pour que les militants soient consultés par référendum sur l'opportunité de revoter en septembre. Aujourd'hui, cette décision appartient à Copé et Fillon puisque c'est la drôlement nommée CRS, vous savez, la commission de révision des statuts, dont Fillon et Copé sont les coprésidents, qui doit confirmer, ou non, le principe du revote. Alain Juppé, qui dit toujours tout haut ce que les autres pensent tout bas, a récemment assuré, sur Europe 1 : "Si aujourd'hui les deux parties en présence considèrent que ce n'est plus utile et qu'il ne faut pas le faire, alors, on peut en discuter." On ne saurait mieux préparer les esprits à l'annulation du vote de septembre...

Que va-t-il se passer, maintenant ?

Tout dépend de Copé. C'est lui qui a le plus intérêt à ce qu'un nouveau vote ait lieu. Faute de quoi, il sera toujours un président illégitime. Un copéiste s'inquiète de voir - je le cite - "Jean-François tomber dans le panneau et renoncer au vote. Ça voudrait dire que les fillonistes ont réussi leur manip", dit-il. En coulisse, en effet, les amis de Fillon font entendre une petite musique dissuasive. Sur l'air de Copé devrait s'épargner une nouvelle campagne éprouvante, son image est durablement abîmée, il n'aura pas le temps de se refaire une virginité électorale avant septembre. Bref, ce serait du suicide, et à tout le moins de la souffrance, alors qu'il est le président en place, et que nul, et surtout pas Fillon, ne lui conteste ce titre. Voilà la petite musique qu'on entend, ces temps-ci. Objectif : dissuader Copé.

Les fillonistes sont les seuls qui cherchent à dissuader Copé ?

Non. Certains de ceux qui songent à être candidat à la présidentielle, et pas seulement en se rasant, ne tiennent pas à ce que Copé soit re-légitimé par un nouveau vote. Bruno Le Maire milite pour une "dévitalisation" - c'est son mot - de l'élection de septembre : il vient de dire qu'il souhaitait que le patron du parti ne puisse pas être candidat à la primaire de 2016. Mais vous savez qui est le présidentiable qui plaide le mieux contre la tenue du vote de septembre ? Nicolas Sarkozy !

Chaque matin, à 6 h 50 et à 7 h 50, Anna Cabana, grand reporter au Point, décrypte sur BFM TV les coulisses de la politique.

 

 

Source : Lepoint.fr

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