5 1 1 1 1 1 Rating 5.00 (3 Votes)

Et voilà comment « hypothéquer » sur l’avenir des petit(e)s Français(es) 2 milliards d’€uros. Je n’aurai jamais cru dire ça un jour, mais le redoublement est un droit. J’ai dû moi-même insister pour que l’un de mes fils en bénéficie, alors qu’ils voulaient le faire « passer » avec ses lacunes. C’est là que j’ai compris leur « logique » de gestion des coûts antagoniste à l'intérêt des élèves et de la nation…

Eleves Redoublant 18 03 2013

La loi de refondation de l’école que Vincent Peillon défend actuellement à l’Assemblée prévoit la fin des redoublements. Dans les faits, cela ne changera pas grand-chose : depuis plusieurs années, les consignes sont de faire passer systématiquement les élèves dans la classe supérieure, quel que soit leur niveau. Les pontifiants du pédagogisme nous expliquent que le redoublement ne sert à rien, puisque les redoublants ont plus de difficultés que les non-redoublants. C’est qu’en général, ce ne sont pas les bons élèves qui redoublent… Les ronds-de-cuir du ministère, pour qui les élèves ne sont que des nombres dans des colonnes, disent que supprimer les redoublements « fluidifierait les parcours »… Les politiques, friands d’économie sur le dos du peuple, soulignent le coût de ces redoublements. Et tous de vanter les habituels pays nordiques, dans lesquels on ne redouble pas et qui ont de meilleurs résultats que nous dans les enquêtes internationales. Rétablissons quelques vérités sur cette question.

Il est vrai que le redoublement n’est pas le meilleur moyen de venir en aide aux élèves en difficulté. Mais c’est un des moins coûteux, en dehors de ne rien faire, ce que propose le gouvernement (et le précédent également, il est vrai). La politique de passage automatique ne fait que repousser les difficultés à un niveau supérieur, en les aggravant. Aujourd’hui, des élèves en terminale générale ne savent pas écrire un français correct. Cela ne les empêchera pas d’avoir le baccalauréat. Mais cela leur interdira de réussir dans le supérieur, qui aura à gérer le problème. La frustration engendrée sera alors bien plus grande et l’échec plus grave qu’un redoublement. Que faire pour venir en aide à ces élèves ?

Tout d’abord, rétablir des horaires décents en primaire et au collège pour les matières fondamentales (essentiellement le français et les mathématiques). Nous avons signalé, ici même, la perte considérable que le français a subie en 50 ans. Comment s’étonner des difficultés de ceux dont le milieu culturel ne permet pas de compenser cette perte ?

Ensuite, ne pas faire croire que la réussite passe par le moule unique du baccalauréat. Vouloir que tout le monde l’ait est aussi stupide que de vouloir que tous courent le 100 mètres en moins de 10 secondes. Il faudrait alors revaloriser le travail manuel et l’apprentissage.

Enfin, comme le font les pays dans lesquels on ne redouble pas, mettre en place des soutiens individualisés pour les élèves en difficulté. Permettre à ces élèves de suivre un enseignement en groupe de dix pendant quelques mois, avec un encadrement renforcé, est une méthode efficace. Elle n’est, cependant, pas moins coûteuse que le redoublement.

Il y a peu de chance que ces mesures soient mises en place, tant il est vrai que droite comme gauche s’ingénient, depuis des années, à traiter l’éducation comme une dépense à réduire à tout prix quand elle est un investissement qu’il faut optimiser.

 

Source : Bvoltaire.fr

Informations complémentaires :

 

Vous êtes ici : Accueil Arrow Actualités françaises Arrow Redoublement : les mensonges des ronds-de-cuir du ministère