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J’avais vu cette info dans la presse cette semaine, mais là au moins l'article est plus complet...

Enfin, en ce qui concerne notre ex président, je crois que la polémique ne risque pas de retomber.

Mais que ce soit droite comme gauche ce sont les vassaux d'un système qui a vécu, et après 40 ans de fausse alternance, il est grand temps de tourner la page...

Amicalement,

F.

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Nicolas Sarkozy (source : Lepoint.fr)

Disparus, envolés, évanouis dans la nature. Les sondages payés par l'Elysée lors de la dernière année du quinquennat Sarkozy sont... introuvables ! Raymond Avrillier, militant écologiste grenoblois, a pourtant essayé de mettre la main dessus. Requérant méticuleux, citoyen acharné, l'homme avait réussi jusque-là un joli coup : il était parvenu, au prix d'un long bras de fer avec l'administration, à se faire communiquer par les services de la présidence de la République les enquêtes d'opinion commandées au début du quinquennat auprès, notamment, du cabinet Publifact de Patrick Buisson, le Docteur Folamour ès sondages de Nicolas Sarkozy. Il avait reçu par cartons entiers les documents de la première affaire de cet épique quinquennat : l'affaire dite « des sondages de l'Elysée ».

Au Palais, on ne trouve plus trace des sondages commandés par l'ex-président entre 2011 et 2012. Serait-ce parce que, payés par le contribuable, ils venaient informer... le candidat ? Enquête.

Affaire des sondages de l'Elysée et 2009 / 2010 dans Dossiers spéciaux / (marianne2fr)

Voilà que les dernières études, elles, sont portées disparues. A commencer par celles, hautement sensibles, réalisées lors de l'année précédant la présidentielle de 2012. « Les études n'ont pas été transmises au service financier et ne sont pas en sa possession », lui écrit Bernard Trichet, directeur du service financier et du personnel de l'Elysée, en juillet 2012, après avoir promis à Raymond Avrillier, le 4 mai 2012, de les lui envoyer. En janvier 2013, c'est au tour de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, de reconnaître son incapacité à transmettre les « études manquantes » : « Après consultation du service des archives et des anciens secrétariats des membres du cabinet chargés de ces questions sous le précédent mandat, il apparaît que lesdits documents n'ont pas été conservés à la présidence de la République. » La Cour des comptes elle-même, dans son rapport public de décembre 2012 sur la gestion de l'Elysée à la fin de l'ère Sarkozy, explique qu'ils « ne [lui] ont pas été transmis, pas plus qu'au service financier ou au service des archives de la présidence ». Et de préciser : « Cette situation n'a pas permis à la cour de s'assurer du rattachement de ces dépenses à l'activité présidentielle. » Car c'est bien là le problème.

 
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Et les comptes de campagne ?

Sans pouvoir consulter le contenu des sondages datés de 2011 et 2012, comment savoir si ces enquêtes payées par le contribuable venaient éclairer le président de tous les Français ou le candidat de la seule UMP ? Cette question est légitime à plus d'un titre. En octobre dernier, Marianne révélait ainsi une incongruité dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy parue au Journal officiel et pourtant ignorée de tous. En 2012, le candidat de la droite aurait dépensé 548.000 € de moins en matière de sondages et de communication qu'en 2007. Un demi-million d'euros disparus comme par enchantement ! On veut bien croire à une restriction budgétaire, mais il y a des limites : ainsi, pour la présidentielle de 2012, Sarkozy était-il le seul « gros » candidat à ne déclarer, comme les « petits », Cheminade, Poutou ou Arthaud, aucuns frais à la rubrique « conseil en communication »...

Des études et des conseils en com à l'attention du candidat auraient-ils été payés par le Château ? C'est la question à un demi-million d'euros ! On sait, par exemple, factures à l'appui, que, début 2011, un sondage Ifop portait sur « les sympathisants socialistes et la question de l'islam ». Que, au mois de juillet suivant, une « étude qualitative » du même institut s'intéressait à « l'électorat écologiste » et que, en septembre, enfin, c'est l'impact d'un passage à la télévision de Marine Le Pen qui était sondé ! OpinionWay, en février 2011, passait aussi au crible l'interview de Dominique Strauss-Kahn dans le 20 heures de France 2. Des centres d'intérêt très... électoraux !

Pas d'archivage

Si l'on en connaît certains thèmes, les études, elles, se seraient donc volatilisées. Ont-elles seulement été réalisées ? Si ce n'est pas le cas, il s'agirait alors de prestations fictives facturées plusieurs centaines de milliers d'euros à la présidence. Auraient-elles été égarées ? Difficile à croire : la boulimie sondagière de Sarkozy en début de mandat se comptait déjà en volumineux cartons. Peut-être alors ces enquêtes d'opinion ont-elles été exfiltrées ou passées à la broyeuse à l'heure du grand déménagement de l'Elysée ? Cette étrange disparition de documents qui doivent pourtant être conservés et archivés a été révélée mi-mars par Raymond Avrillier au procureur de Paris. Ce militant qui, par le passé, contribua à la chute du maire UMP de Grenoble Alain Carignon estime aujourd'hui que ce « détournement de fonds publics » («fonds», au sens d'«archives») relèverait du pénal. Me Jérôme Karsenti, avocat de l'association anticorruption Anticor, a d'ailleurs informé de cette « disparition » le juge Serge Tournaire, chargé du dossier des sondages élyséens portant déjà sur des faits de favoritisme, de recel de favoritisme et de détournement de fonds publics. Voilà qui devrait apporter de l'eau au moulin du juge Tournaire. Selon une source proche de l'enquête, celui-ci progresserait en effet « à grands pas » dans ses investigations.

Ces sondages mystérieusement disparus devraient toutefois intéresser une autre vénérable institution : le Conseil constitutionnel. Fin décembre 2012, les comptes du candidat Sarkozy avaient été rejetés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Pour quelles raisons ? Nicolas Sarkozy ayant déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel, les conclusions de la CNCCFP n'ont pas été rendues publiques. Selon plusieurs médias, certains déplacements datant d'avant son entrée en campagne officielle, le 15 février 2012, auraient été réintégrés, conduisant ainsi au dépassement du plafond de dépenses autorisées. Selon des informations transmises à Marianne par un haut dirigeant de l'UMP chargé des comptes de campagne, la CNCCFP aurait également réclamé que les contrats de travail de certains membres de l'équipe de campagne soient corrigés. Motif : ils débutaient « trop tard ». Est-ce parce que ces contrats prenaient effet, par exemple, une semaine avant la fin de la campagne ? Ou est-ce parce que la CNCCFP a jugé que la campagne du candidat président avait en réalité commencé bien avant la date « officielle » du 15 février 2012 ? Rien ne permet de répondre.

Cependant, dans la seconde hypothèse — campagne ouverte avant la date « officielle » —, la commission pourrait également demander que soient ajoutés aux dépenses de Nicolas Sarkozy les quelque 500.000 € portés disparus et révélés par Marianne. Avrillier, lui, considère qu'il faudrait « affecter aux comptes de campagne du candidat Nicolas Sarkozy » toutes les dépenses de l'Elysée en matière de « conseils en communication » et d'« études et sondages » à partir d'avril 2011. Soit, selon les estimations du militant isérois, plus de 1,3 million d'euros. Il l'a d'ailleurs suggéré par courrier à la CNCCFP. Mais comment savoir quelles sont les enquêtes qui étaient destinées au candidat puisque l'on sait désormais qu'elles ont disparu ?

Difficile d'en savoir plus pour l'instant. Le dossier est « en cours d'instruction », explique-t-on au Conseil constitutionnel. Les sages devraient rendre leur décision « avant la fin de l'année », peut-être « d'ici à l'été ». En tout cas, Nicolas Sarkozy, membre de droit dudit conseil, « ne siégera pas », assure-t-on. Il n'aurait d'ailleurs pas mis les pieds Rue de Montpensier depuis fin 2012.

Si jamais le Conseil constitutionnel suit l'avis de la CNCCFP, l'UMP perdrait automatiquement plus de 10 millions d'euros de remboursement de frais de campagne versés par l'Etat. Le non-remboursement ? Décidément, voilà un puissant outil de pression, y compris pour Jean-François Copé. Par le passé, le patron de l'UMP a fait savoir autour de lui, un brin bravache, que, « si Nicolas Sarkozy [l']emmerde, l'UMP ne remboursera pas sa campagne »...
 
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Article paru dans le n° 832 de  Marianne,   daté du 30 mars 2013, toujours en vente en kiosques et disponible au format numérique sur les sites Relay.com  et Lekiosque.fr.    
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Source : Marianne.net
 

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